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Le poisson-grenouille: chapitre 2

Posted by on 19 septembre 2012

Voici la suite de la rediffusion de ma fic!
Je rappelle que le Drakkar a été inspiré par le Sedna IV, un navire d’exploration polaire canadien. Je le rappelle, car c’est grâce à ma visite sur le navire que je peux décrire le Drakkar avec le plus de précision possible et avec des détails et anecdotes auxquels je n’aurais jamais pensé autrement. Alors merci à l’équipe du Sedna IV pour cette initiative d’ouvrir les portes au public! 🙂

CHAPITRE 2: RENCONTRES

À bord du Drakkar, Spirou et Fantasio partageaient une petite cabine exigüe, néanmoins confortable. Elle était meublée avec deux lits superposés, une petite table de travail et une commode sur laquelle était placé un appareil radio et lecteur de disques compacts. À la hauteur du lit le plus haut, se trouvait un hublot par lequel on pouvait, pour l’instant, ne voir que le quai et les pieds de ceux qui y circulaient. Le comte occupait une cabine individuelle, de la même taille, placée par les soins de Joséphine tout près du laboratoire. Cette dernière vint leur rendre visite assez rapidement pour discuter de la couverture dont ils devaient s’occuper.

Elle expliqua qu’elle avait une entente avec une publication de vulgarisation scientifique. Elle était lue par un assez grand nombre de personnes à travers le monde, y compris des membres la communauté scientifique qui y trouvaient des entrevues intéressantes et un résumé efficace de ce qui se passait dans différents domaines en science. Elle leur présenta ensuite brièvement des modalités des reportages qu’ils allaient effectuer: combien d’articles ils devaient envoyer, quelle longueur, à quelle fréquence, etc.

Les points techniques mis au clair, elle s’en alla pour les laisser s’installer. Spirou défit ses bagages rapidement et il laissa Fantasio et Spip dans la cabine pour faire une petite reconnaissance du navire. Après tout, il n’était pas encore midi et ils ne lèveraient l’ancre que dans la soirée. Il devait donc trouver un moyen de passer le temps d’ici là. Il commença donc son exploration par les cabines environnantes, toutes à peu près identiques à celle qu’il partageait avec son ami, certaines doubles, d’autre individuelles. À l’étage inférieur, non loin de la salle des machines, se trouvait une cabine bien plus grande qui tenait lieu à la fois de buanderie et de clinique médicale. On pouvait voir vis-à-vis le lave-linge et la sécheuse un lit de camp, une table d’examen, ainsi qu’une grande armoire tenant lieu de pharmacie et une imposante boîte de premiers soins. Tout était très étroit et il y avait juste assez de place pour se déplacer entre les meubles.

Il décida ensuite d’aller visiter le laboratoire dans lequel Joséphine allait travailler. Un peu de matériel était déjà arrivé: une dizaine de boîtes de pétri était déposées soigneusement sur une table entre un microscope et des instruments qu’il était incapable de nommer. Les ampoules de vaccin anti-froid étaient déjà placées dans un petit réfrigérateur avec d’autre produits qui étaient aussi tout à fait non-identifiables pour un novice. Une caisse remplie de bouteilles, d’éprouvettes et de flacons placée sur le sol terminait le tableau. En sortant du laboratoire avec l’intention d’aller vers la passerelle, Spirou fut heurté violemment par quelqu’un venant dans le sens inverse. Il put s’accrocher au mur juste à temps pour ne pas tomber à la renverse. Il remarqua alors sur le sol celui, ou plutôt celle, qui l’avait télescopé. Inquiet, Spirou se précipita vers elle.

-Mon Dieu! Tout va bien, mademoiselle? demanda-t-il en l’aidant à se relever. Je suis vraiment désolé, je ne regardais pas où j’allais.

-Oh! je crois plutôt que c’est moi qui allait trop vite, fit-elle en s’ébouriffant les cheveux. Toutes mes excuses; il faut toujours que je cours au lieu de marcher! Hi! Hi!

Spirou observa rapidement la jeune femme. Elle était assez petite et avait l’air plutôt jeune. La mi-vingtaine, tout au plus. Ses cheveux de jais coupés aux épaules dont des mèches rebelles lui tombaient constamment devant les yeux, son teint ambré ainsi que ses yeux en amande laissait deviner qu’elle était d’origine asiatique. Elle avait, malgré l’incident qui semblait déjà être loin dans ses souvenirs, un magnifique grand sourire qui semblait être tout naturel pour elle.

-Je suis Spirou, commença-t-il. J’accompagne Joséphine de Champignac avec…

-Ah oui! le coupa-t-elle. Elle nous a parlé de vous! Vous êtes des amis de son oncle et vous venez couvrir l’expédition. C’est génial! Je suis sûre qu’on va bien s’entendre! Je me nomme Vivianna, vous pouvez m’appeler Vivi, c’est plus court. Hi! Hi! Je suis l’assistante de Joséphine et je m’occupe aussi de toute la gestion du voyage. D’ailleurs, j’allais dans le labo pour installer du matériel. Je dois y aller. À plus tard, Spirou!

Elle entra dans la pièce en deux enjambées. Spirou se dit alors qu’accompagner une telle fille en voyage ne devait pas être reposant. Il secoua la tête en souriant et continua son chemin. Il gravit les petits escaliers très étroits qui le menait sur le pont, puis le traversa pour monter à la passerelle. Arrivé à l’entrée, il vit Joséphine de dos, debout et appuyée sur la table à cartes discutant avec un homme dont il ne voyait que les mains, le reste de sa personne étant caché par la biologiste. Malgré cela, il devina qu’il devait s’agir du capitaine du bateau et il se dit qu’il ferait mieux de ne pas interrompre la conversation.

Il redescendit donc et s’accouda sur le bastingage pour prendre du temps à observer l’activité sur le quai. Une camionnette venait justement de s’immobiliser devant lui et on commençait tranquillement à la décharger. Spirou commençait alors à se rendre compte qu’une telle expédition demandait sûrement énormément d’organisation et de matériel. Avoir pu la préparer en si peu de temps devait relever d’un tour de force. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas la présence de Fantasio, son appareil photo au cou, qui s’était installé à ses côtés dans la même position que lui et qui s’amusait à voir son ami si concentré. C’est Spip qui le fit sursauter en sautant sur son épaule.

-Ha! Qu’est-ce que… Oh! Spip Je ne t’avais pas vu.

-N’est-ce pas?, parfois, j’ai vraiment l’impression qu’on m’oublie…!

-Tiens, Fantasio, tu es là toi aussi? dit-il en remarquant le blond.

-Seulement depuis quelques secondes. Mais sans Spip, je me demande combien de temps j’aurais pu rester là sans que tu me remarques. Hé! Hé!

-Ouais… bon je pensais à ce voyage. Regarde tout ce monde qui s’active. C’est incroyable de penser à quel point ça doit demander de temps et d’énergie pour organiser tout ça, et puis trouver tous ces gens.

-Oui, c’est vrai… À ce propos, tu as vu le comte?

-Non… Il doit encore être dans sa cabine. J’ai par contre rencontré l’assistante de Joséphine.

-Vivi? Toi aussi? Je n’ai pas pu placer un seul mot durant la demi-minute durant laquelle elle m’a parlé.

-Moi non plus! ajouta Spirou en riant. Je suis curieux de rencontrer les autres membres de l’équipe.

-Dites, vous deux, fit soudainement une voix autoritaire quoique teintée d’une certaine nonchalance. Ce n’est pas le moment de placoter. On a besoin d’aide, ici!

Les deux journalistes ainsi que Spip se retournèrent d’un coup vers leur interlocuteur. « Un viking » se dit intérieurement Fantasio. Si Spirou l’avait entendu, il l’aurait sans doute approuvé, car l’homme qui se tenait devant eux avait tout d’un redoutable scandinave. Ses cheveux châtains longs et en broussailles étaient attachés sur sa nuque et une barbe au contraire étonnamment bien taillée couvrait son visage carré. Il n’était pas particulièrement grand, ni large. Par contre, on voyait bien à travers sa chemise légère qu’il était assez musclé.

-Euh… oui, bien entendu, bredouilla le rouquin. Que peut-on faire pour être utiles?

-Vous êtes les deux journalistes, n’est-ce pas? On m’appelle Cormoran. Je suis le mécanicien-technicien ici. Vous savez plonger?

-Euh oui, répondit Fantasio perplexe. Pourquoi?

-Tant mieux! Tout le monde doit savoir faire de la pongée, ici. Même le cuisinier sait en faire. Tout le monde participe aux recherches.

-Cela… cela va de soi, bien entendu, dit Spirou.

-Bien. Vous allez m’aider à transporter l’équipement.

-A-t-on vraiment le choix? murmura le blond à l’intention de son ami.

-Fantasio! C’est la moindre des choses de nous rendre utiles, voyons.

-Et les photos? Ce sont les marsouins qui vont les prendre, peut-être? lança-t-il a son ami qui s’était déjà éloigné.

À contre cœur, le blond rangea son appareil dans son étui et suivi le « Viking ». Malgré son franc parlé et ses manières un peu rustres, Cormoran s’est rapidement avéré être quelqu’un d’agréable compagnie. Il accompagnait « Jo », comme il l’appelait lui-même, depuis qu’elle a commencé à faire des recherches, environ six ans auparavant. Il avait donc une foule d’anecdotes se déroulant aux quatre coins du monde à raconter, et il y prenait un certain plaisir. Tout en transportant des caisses, des bombonnes et autres équipements de plongée du quai au pont, ils entendirent, entre autres, l’histoire d’un sauvetage in extremis en Terre de feu, d’une exploration des fjords de Norvège, d’une tempête en pleine mer des Caraïbes… Même si les journalistes le soupçonnaient d’exagérer un peu la réalité, il était un fabuleux conteur et n’importe qui pouvait être suspendu à ses lèvres.

Plus tard, vers le début de l’après-midi, les deux journalistes aidaient toujours le mécanicien à installer du matériel lorsqu’une cloche sonna.

-C’est le signal d’un rassemblement au carré, annonça Cormoran.

Spirou eu du mal a reconnaître la pièce qu’ils avaient visité le matin même. Plusieurs personnes y avaient déjà pris place. Tout le monde était placé un peu pêle-mêle sur le fauteuil, debout ou bien à la table. Seule Vivianna était assise par terre, en tailleur, ce qui lui donnait un air de petite fille. Cet air la quittait par contre lorsqu’on entendait la conversation qu’elle avait avec Joséphine sur une dissection d’une pieuvre qu’elles avaient fait quelques mois plus tôt. La biologiste interrompit cette discussion lorsqu’elle vit les trois hommes entrer dans la pièce.

-Ah! Voici ceux que nous attendions! s’exclama-t-elle. Je vous laisse vous installer et nous allons pouvoir commencer les présentations.

Spirou et Fantasio se tirèrent chacun une chaise de la table et Cormoran alla s’asseoir un des accoudoirs du fauteuil. Joséphine se leva alors de sa chaise.

-Nous sommes maintenant au complet. Ce soir, nous partirons avec la marée pour une traversée de l’atlantique. Notre objectif: l’océan arctique où nous partirons à la recherche du Lotamura ranistœsi qui aura, nous l’espérons, beaucoup de secret à nous révéler. L’arctique n’est pas un milieu facile, nous devrons alors nous serrer les coudes pour que cette expédition soit un succès. Je précise que ami à nageoires à désormais un petit nom. Grâce à monsieur Fantasio ici présent, il s’appellera désormais le poisson-grenouille!

Sous les encouragements de la biologiste, tous les membres de l’équipe applaudirent le blond qui, amusé, se leva pour faire deux petites révérences. Le nom faisait sans aucun doute l’unanimité.

Joséphine présenta ensuite avec plus de détails Spirou, Fantasio et le compte de Champignac. Ce fut ensuite au tour de l’équipage d’être présenté.

Assis sur l’autre accoudoir du fauteuil se trouvait Kurt qui s’occupait des communications et de l’électronique. Kurt était un homme qui semblait venir tout droit de l’armée. Les cheveux coupés très courts et le visage rasé de près, il se tenait droit malgré sa position plus ou moins confortable, portait un t-shirt noir et il paraissait très grand. Par contre, il avait l’air affable et on voyait au premier coup d’œil qu’il aimait la compagnie des autres. La personne assise sur une chaise près de lui démontrait tout le contraire. Il s’agissait de Lotus, le médecin de bord et ancien membre de Médecin sans Frontières. Elle aussi était plutôt grande et sa peau très blanche ainsi que ses yeux vert pâle trahissait son origine nordique. Sa chevelure ondulée dont la couleur était un mélange de roux, de blond et d’auburn avait l’allure de flammes qui lui encerclaient le visage. Un visage sans âge à l’allure de marbre qui semblait ne jamais sourire, bien qu’il était magnifique. En la voyant, Spirou se dit qu’il était sans doute un peu impressionné par sa redoutable façade et qu’elle était sûrement bien plus douce qu’elle le montrait. Après tout, il s’agissait du médecin; elle devait sans doute avoir un minimum de compassion.

Placé debout derrière le fauteuil aux côtés de Gil se trouvait Ike. Petit, costaud et avec les cheveux noirs coupés en brosse et le teint foncé, il était pilote. Plus exactement pilote de glace. La présence d’un tel pilote à bord était essentielle car les glaces pouvaient être sans pitié, même en été. Ike avait beaucoup d’expérience, les voyages dans l’arctique n’ayant plus de secret pour lui et de plus, ses parents étaient d’origine inuite ce qui en faisait un expert du grand nord.

Spirou reconnu finalement les mains qu’il avait entrevues à la passerelle plus tôt dans la journée sur l’homme assis confortablement dans le fauteuil. Comme Spirou l’avait déduit, il s’agissait du capitaine du Drakkar, Castillo. Ami de longue date de Joséphine, il n’y avait pas un océan sur lequel il n’avait pas navigué. Étant le doyen de l’équipage, ses cheveux noirs grisonnaient aux tempes et de petites rides lui sillonnaient le visage.

Les présentations faites, ils profitèrent de ce moment de repos pour discuter et faire connaissance. Joséphine repris sa conversation de dissection avec son assistante et le comte discutait de champignons avec Castillo qui l’écoutait avec intérêt. Spirou s’entendait déjà à merveille avec Ike qui avait pris Spip en affection. Fantasio essaya tant bien que mal de converser avec Lotus dont la carapace semblait infranchissable. Il en appris par contre un peu sur les missions auxquelles elle avait participé alors qu’elle travaillait dans l’humanitaire.

***

Vers 14 heures, le sous-marin fit enfin son arrivée dans un petit camion blanc anonyme. Le comte alla l’accueillir accompagné de sa nièce, des deux reporters, du pilote et du mécanicien. Le mycologue s’assura d’abord qu’il n’avait pas souffert du voyage, puis il laissa les autres s’en approcher. Très impressionnée par l’invention de son oncle, Joséphine pris quelques minutes pour l’observer sous toutes ses coutures et elle écouta attentivement Spirou lui expliquer sommairement le fonctionnement. Puis, avec l’aide de Cormoran et d’Ike, lui et Fantasio l’installèrent dans la cale.

Plus l’après-midi avançait, plus le navire s’animait et plus de nouvelles personnes s’ajoutaient. Des techniciens, des livreurs ou seulement des connaissances de certains membres de l’équipe étaient venus aider aux préparatifs. Spirou finit par se dire qu’il était peut-être mieux de rester dans sa cabine en attendant le départ, car il trouvait qu’il était dans les jambes de tout le monde. En plus, il semblait bien qu’il ne pouvait plus aider personne. Pendant que Fantasio resta sur le pont pour prendre discrètement quelques photos, il pris la chemise de documentation dans la bibliothèque du carré et descendit à l’étage inférieur. À l’intérieur, c’était déjà un peu plus tranquille, mais dans les couloirs étroits, cela ne prenait pas beaucoup de personnes pour que les déplacements deviennent difficiles. En chemin, il failli entrer en collision avec Lotus qui transportait une boîte de médicaments. Elle l’ignora totalement et continua sa route sans le regarder. Spirou se demanda sérieusement comment une femme ayant travaillé dans l’humanitaire pouvait être aussi froide. Il haussa les épaules se disant que c’était en fait sans importance pour l’instant et il entra dans sa cabine.

-C’est moi Spip, dit-il en refermant la porte derrière lui. Toujours aussi occupé que tout à l’heure à ce que je vois!

Spip leva légèrement la tête pour la reposer aussitôt. Il avait installé sa pantoufle tout près d’une patte de la table de travail et il en testait le confort depuis quelques heures déjà. Spirou sorti son ordinateur portable de ses bagages et l’installa sur la table. Il ouvrit un document de traitement de texte vide et commença à réfléchir.

« Mmh.. comment pourrais-je commencer? » se demanda-t-il.

Il décida alors de débuter en parlant des buts du voyage, de ce qu’ils connaissaient déjà à propos du poisson-grenouille. Il éplucha la documentation mise à sa disposition afin de fournir le plus de renseignements scientifiques possibles. Il parla ensuite de la préparation du voyage à laquelle il avait assisté. Alors qu’il écrivait le second intertitre, Fantasio fit irruption dans la cabine, réveillant Spip du même coup. Le rongeur répondit en aplatissant son oreiller sur la tête en grommelant.

-Il y a un monde fou en haut, soupira-t-il On est bien mieux de rester ici en attendant de lever l’ancre. J’ai failli me faire estropier par un colosse qui transportait une espèce de tuyau, je ne sais pas trop ce que… ah! tu es en train d’écrire le premier article.

-Oui, je l’aurai terminé bientôt. Tu as pris des photos?

-Oui, je voulais en prendre quelques-unes au moment du départ et ensuite se sera tout pour aujourd’hui.

Soudain, Spirou senti le sol vibrer sous ses pieds et le son d’une sirène se fit entendre.

-Justement, on dirait que nous partons! s’exclama Spirou. Il est déjà si tard?

-Allons retrouver le comte!

Le navire semblait s’être littéralement vidé, seuls les membres permanents de l’équipe étaient restés. Les deux journalistes trouvèrent le comte à la proue, sa nièce à ses côtés. Elle avait boutonné son éternel sarrau afin de l’empêcher de voler au vent.

-Nous voici partis mes amis, dit le mycologue. Je vous avouerai avec toute honnêteté que je suis impatient d’y être déjà.

-Pôle nord, nous voilà! s’écria le blond tout en étant penché vers l’arrière, tentant de prendre une photo en contre-plongée des trois mâts.

-Si tout va bien, annonça Joséphine, nous arriverons à destination au solstice d’été.

Quelques minutes plus tard à peine, la terre n’était plus visible. Comme il s’agissait d’une époque de l’année où les journées étaient les plus longues, le soleil était, en ce début de soirée, encore haut dans le ciel. Et ce dernier, sans nuages, n’avait que de bonnes augures. Les quatre étaient maintenant accoudés au bastingage en silence. Profitant du grand vent, le capitaine avait vite fait éteindre le moteur pour n’utiliser que les voiles. Les seuls bruits audibles étaient celui de l’eau brisée par la coque du navire et celui du vent qui faisait claquer les voiles. Ce fut Joséphine qui rompit ce silence presque méditatif.

-Jamais je ne m’habitue à prendre la mer, dit-elle doucement. À chaque fois, je suis émerveillée comme une fillette! Mais assez de contemplation, nom d’un espadon! Nous avons du travail à faire.

-Parfaitement sabre de bois! Nous devrons être prêts lorsque notre ami le poisson-grenouille viendra nous rendre visite.

Ils partirent en laissant les deux journalistes seuls. Soudain, Spirou frissonna et ce n’était pas à cause du vent du large. Un mauvais pressentiment l’avait tout d’un coup pris d’assaut. Comme si quelqu’un les attendait là-bas. Se disant que cette idée était ridicule, il reporta son regard vers l’horizon. Mais ce pressentiment ne le quittait pas.

-On devrait peut-être rentrer nous aussi, dit Fantasio après un moment; il commence à faire rudement froid! Tu fais un drôle d’air, dis donc. Qu’est-ce qui se passe?

-Tout va bien… je me demandais seulement comment je pourrais finir l’article, menti Spirou. Rentrons.

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