browser icon
You are using an insecure version of your web browser. Please update your browser!
Using an outdated browser makes your computer unsafe. For a safer, faster, more enjoyable user experience, please update your browser today or try a newer browser.

Le poisson-grenouille: chapitre 5

Posted by on 27 septembre 2012

Voici comme promis la suite du Poisson-grenouille. Le rythme a un peu accéléré: le chapitre est un peu plus long, mais il se passe beaucoup de choses. Et je ne pense pas dévoiler grand-chose en vous disant que vous connaissez les méchants. À vous de deviner de qui il s’agit. 😉
Rendez-vous dans deux semaines pour la suite!

CHAPITRE 5: FOULE SUR LA BANQUISE

Ike à la barre, le Drakkar allait bientôt repartir. Seulement quelques kilomètres étaient à parcourir pour trouver d’autres poissons. Celui que Spirou avait aperçu semblait être solitaire et il fallait se rapprocher du pôle encore un peu pour espérer rejoindre des populations plus nombreuses. Les voiles se déployèrent, le vent étant assez puissant pour pouvoir en profiter. Le voyage se fit sans incidents et en fin d’après-midi, il purent jeter l’ancre. L’ambiance ne s’était pas réchauffée, mais tout le monde semblait maintenant en avoir l’habitude. Une partie de l’équipe était sur la passerelle lorsque, sans prévenir, le navire se souleva de la mer et retomba tout aussi violemment. Par miracle, tout le monde réussit a rester debout. Tout le monde sauf Fantasio qui s’affala au sol.

-Que s’est-il passé? On a frappé un iceberg, c’est ça? demanda-t-il en essayant tant bien que mal de se relever.

-Une secousse, dit calmement Castillo. Nous savons maintenant que c’est bien vrai! Et ce n’était certainement pas naturel. Je crois que nous avons toutes les raisons de croire que c’était bel et bien un genre d’explosion.

-Peut-être faudrait-il avertir les autorité? se risqua de demander Spirou.

-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, dit gravement Cormoran. À moins que vous vouliez dire adieu à nos explorations. De toute façon, le temps qu’ils réagissent…

-Heureusement, il y plus de peur que de mal, conclu Joséphine. Rien ne semble avoir été endommagé. Et de toute façon, on a d’autres chats à fouetter.

Sur ces mots, Joséphine pris le sous-marin pour visiter les lieux et eut le plaisir d’apercevoir furtivement plusieurs spécimens de Lotamura ranistœsi. Ils avaient donc bien choisi l’endroit. La biologiste recueilli des échantillons de l’eau aux alentours pour en analyser la composition et ils remontèrent. Joséphine était radieuse.

-Je crois savoir où se trouve leur habitat! Nous replongerons demain matin sans le sous-marin pour essayer d’en capturer un. La journée est déjà bien avancée.

Spirou n’en revenait pas à quel point Joséphine semblait prendre à la légère tout ce qui se passait. Pourtant, l’ambiance commençit à devenir de plus en plus lourde et les événements étranges se multipliaient. Fantasio et lui étaient-ils les seuls à s’en soucier? Sûrement pas, car Cormoran avait l’air morose même s’il restait muet. Il demeura sur le pont pour ranger le matériel de plongée pendant que la jeune femme, accompagnée de son assistante et des deux journalistes, se dirigea vers son laboratoire pour aller porter les échantillons.

-Avec ceci, nous pourrons savoir s’il y a quelque chose de particulier dans cette eau qui pourrait expliquer le retour des poissons-grenouilles.

Spirou se résogna à se remettre à son travail et suivait partout Joséphine dans le laboratoire enregistreuse en main pendant qu’elle expliquait la procédure. Juché sur ses épaules et partiellement remis de son rhume, Spip regardait avec dégoût tous les instruments et les produits chimiques devant lui.

C’est quoi ces cochonneries… pour faire des poissons à trois têtes? Je préférais pas rester ici!

Il sauta par terre pour quitter l’endroit, mais Fantasio le rattrapa avant.

-Oh non, toi, tu reviens ici! Hors de question que tu sortes au grand froid comme ça!

L’écureuil protesta vivement, mais il était incapable de se libérer des bras de Fantasio. Alors il finit par céder allant s’installer sur le haut d’une armoire, loin du plan de travail des biologistes.
Fantasio, quant à lui, essayait en vain de convaincre Vivianna de se faire prendre en photo pendant le travail en lui répétant sans cesse que ça serait tellement génial pour illustré l’article. Puis, sans prévenir, Joséphine leva la main et exigea le silence.

-Nom d’une barbotte… murmura-t-elle.

-Qu’est-ce qu’il y a? demanda Spirou.

-J’entends un bruit que je n’aime pas dans le contexte actuel: de la glace qui craque, dit-t-elle sur le même ton.

-Et alors?

-Il n’y a pas de glace autour de nous, Fantasio.

-Dites plutôt qu’il n’y en AVAIT pas.

Ils se précipitèrent à l’extérieur et une vision d’horreur s’étala devant eux. Une plaque de glace disloquée voguait tout autour d’eux. Les commentaires de consternation fusaient de tous les côtés.

-Ce doit être l’explosion qui a disloqué une partie de la banquise…

-Plus question de plonger maintenant!

-Si on pouvait leur donner du vaccin anti-froid à cette glace, elle fonderait non? proposa Fantasio sur un ton sarcastique.

-On n’a qu’à attendre un peu; elle va peut-être se disperser.

-De la glace qui disparaît et d’autre qui apparaît! C’est un pays de fous ici! dit Spirou.

Intrigué, Spip qui avait suivi la petite troupe, regardait cette glace accroché au bastingage…

Il se passe des choses étranges ici… je savais que ces trucs chimiques nous feraient des problèmes!

Toute l’équipe sans exception était à l’extérieur, échangeant toute sortes de commentaires, tantôt inquiets, tantôt colériques. Puis, sans que pesonne ne le voie venir, une voix se détacha des autres.

-Je dois vous dire quelque chose!

Tous se tournèrent vers Cormoran qui de sa voix tonitruante venait de faire cette déclaration.

-J’ai vu moi aussi l’autre plongeur. Et j’ai vu aussi quelqu’un d’autre… Au Labrador, nous avons croisé quelqu’un qui ressemblait à Kovalov. Je n’étais pas certain, mais plus j’y pense, plus que je crois que c’était bien lui.

«Kovalov… voici donc le nom de ce fameux russe…», pensa Spirou.

Un silence de mort s’imposa lourdement tout autour d’eux. Le malaise était si pesant que Spirou s’apprêtait à partir pour les laisser discuter entre eux, mais Fantasio le retint par le bras.

-Regarde Vivi, comme elle est rouge… lui chuchota-t-il. J’ai l’impression qu’elle va exploser.

Comme Fantasio l’avait prévu, la jeune biologiste s’élança vers le mécanicien et, en faisant mine de le gifler, elle s’écria:

-Ça ne t’est jamais passé par la tête de nous le dire avant?!

-Au cas où tu l’aurais oublié, il est en prison, maintenant! J’avais de bonnes raisons d’en douter.

-Mais on s’en fiche! Ce type est dangereux, ce n’est pas le moment de s’abstenir dans le doute! Tu te foutais de nous mettre en danger, c’est ça?!

Elle ne laissa pas le temps à Cormoran de répondre et elle quitta le pont en claquant la lourde porte de métal derrière elle.

-Elle ne pensait pas réellement tout ce qu’elle a dit, soupira Joséphine en secouant la tête. Elle va se calmer, soyez sans crainte. Mais j’avoue être un peu d’accord avec elle: pourquoi ne rien nous avoir dit, Cormoran?

-Pendant un moment, je voyais ce salaud partout. Je croyais que je l’avais encore halluciné. Seulement Lotus était au courant. Mais me blâmer n’arrange rien. On n’a pas de preuves que ce soit lui.

-En fait, je doute que ce soit lui, étant donné qu’on ne l’a jamais vu plonger auparavant; ce n’est pas le genre à s’impliquer, mais plutôt à bien s’entourer. Et à changer sans cesse d’identité… sa présence ne sera pas facile à prouver.

-Pour l’instant, on est mieux de se tenir sur nos gardes, dit Castillo. Lors des prochaines plongées, redoublez de prudence. Je ne veux pas que mon navire soit le théâtre d’un autre acte illégal.

-Ça va de soi, capitaine. Je vais essayer d’aller calmer Vivi. Malgré tout, merci de nous avoir parler, Cormoran.

Le mécano paru soulagé. Il passa la main dans son abondante chevelure, puis retourna à son travail.

-Tu es courant pourquoi tout le monde s’énerve pour ce type?

Spirou lui expliqua rapidement ce que Lotus lui avait raconté plus tôt.

-Alors, qu’est-ce que tu en penses Fantasio?

-Je penses que c’est plus ou moins de nos oignons, mais cette dispute ferait un côté vécu incroyable pour les articles!

-Idiot… c’est au Paris-Match que tu devrais travailler!

-Ah, tu parlais plutôt de la glace qui va et vient et du mystérieux russe, n’est-ce pas? Rien ne nous empêche de voir par nous même.

-J’allais te le proposer. Il est temps d’arrêter de se tourner les pouces sur ce navire.

-Mes amis… Quelle situation tendue n’est-ce pas?

-M. le comte! Je suis désolé que ces événements viennent déranger le travail de votre nièce.

-Vous ne connaissez pas Joséphine. Elle ne se laissera pas démonter par ces sottises. Mais elle m’avait prévenu que la situation risquait de s’envenimer si les choses n’allaient pas comme prévu.

-C’est étrange, Gil m’a dit la même chose…

-La vie en groupe est un véritable défi! Voilà une des raison pourquoi je préfère faire mes recherches seul.

-Nous pensions aller faire un tour en zodiac quand la glace sera dispersée pour aller voir nous-même ce qui se trame ici.

-Bonne idée, approuva le comte. Je vous accompagne!

-Iiiiik! Moi aussi! Le plus loin possible de tous ce laboratoire infernal!

-Mais oui Spip, tu viens avec nous, dit Spirou en le prenant dans ses mains. J’espère seulement que nous n’aurons pas de mauvaises surprises.

***

Comme tout le monde l’espérait, la glace ne mit pas bien longtemps avant de se disperser avec le courant et tout le monde pu se remettre rapidement au travail avant la «nuit». Joséphine était seule dans son laboratoire alors que le navire était presque désert. Vivianna était partie essayer le sous-marin à son tour et se calmer les nerfs par la même occasion et apprenant le départ des journalistes et du comte, Cormoran insista pour les accompagner. Il ne restait à bord que Lotus, Gil, Kurt et Castillo, tous trois trop occupés pour se rendre compte qu’un homme grimpait discrètement sur le pont à l’arrière du navire. Tout en surveillant bien ses arrières, il avançait d’un pas assuré à l’intérieur du bateau pour arriver près du laboratoire. Il ouvrit la porte doucement et un sourire maléfique se dessina sur son visage lorsqu’il le vit complètement vide.

-Qui êtes-vous? s’écria Joséphine à la porte en laissant tomber le carnet qu’elle était allée chercher dans sa cabine.

-Doucement! Ne criez pas mademoiselle! Je suis désolé de vous avoir effrayé et je suis bien heureux de vous voir. Je commençais à croire que ce navire était vide. Je m’appelle Smith.

-Sans blague! Ce nom est si peu original que j’ai du mal à vous croire!

-Je vous en prie mademoiselle. Je suis venu vous visiter, car je vous ai aperçus lors d’une plongée. Je voulais venir avant, mais de la glace inattendue nous a empêché d’avancer.

-Alors c’est vous qu’on a vu… vous pouvez vous venter de nous avoir fait peur! Normalement, il ne devrait y avoir personne dans le secteur.

-Oui je sais… nous n’avions pas vraiment averti personne. Mais dites-moi, je me suis nommé, mais pas vous! J’aimerais savoir à qui j’ai l’honneur de m’adresser.

-Joséphine Raymonde Artémise de Champignac, répondit-elle en ramassant son carnet par terre. C’est moi le chef de mission ici.

-Champ… Champignac? Quelle coïncidence! J’ai connu un Champignac. Il y a longtemps…

-Coïncidence en effet. Que me voulez-vous au juste?

-Je voulais simplement vous saluer! J’ai été impressionné par le sous-marin que j’avais aperçu. Et je voulait vous féliciter.

-Je n’y suis pour rien, c’est mon oncle Pacôme qui l’a conçu.

L’étranger eut soudainement un regard étrange. Il tenta de cacher son malaise en fixant le sol, mais il n’était que peu subtil. Néanmoins, Joséphine, qui lui avait tourné le dos pour ranger une éprouvette renversée, ne remarqua rien.

-Vraiment? Vous avez un oncle ingénieux.

-Il a aussi créé le vaccin anti-froid qui nous aide beaucoup.

-Je vous demande pardon? Un vaccin anti-froid !?

-Je n’aurais pas dû vous en parler… murmura-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.

-D’accord je ferai comme si vous n’aviez rien dit… Parlez-moi plutôt de votre présence ici. Il doit bien y avoir une raison pourquoi une jolie jeune femme comme vous vient s’isoler dans ces eaux glaciales, non?

-Je ne sais pas ce que vous tentez, mais vous ne pouvez pas m’avoir si facilement.

Smith poussa un soupir gêné qui paru sincère à Joséphine.

-J’essayais tout simplement de savoir quelle était votre mission de manière peut-être un peu trop maladroite, désolé si je vous ai insultée.

-Non, non, ne vous excusez pas… Nous sommes tous un peu nerveux à bord ces temps-ci. Les choses ne se déroulent pas vraiment comme prévu. De toute façon, il n’y a rien de secret dans notre mission: nous sommes seulement venus observer un poisson.

-Un poisson? répéta Smith. Il semblait surpris et soulagé à la fois. Le vieux Champignac s’intéresse aux poissons maintenant?

Joséphine ouvra tout grand ses yeux bleu acier. L’inconnu maudit son imprudence. Il avait dit tout haut ces mots sans le vouloir.

-Vous connaissez donc mon oncle?

-Je ne voulais pas vous le dire… J’ai su que c’était lui que j’avais connu lorsque vous avez dit son prénom. Ne lui parlez surtout pas de moi, je voudrais lui faire une surprise. Je lui rendrai visite une autre fois. Vous garderez ma présence secrète, s’il-vous-plait?

-Promis. Si ça peut vous faire plaisir…

-En tout cas, vous avez beaucoup de chance d’avoir ce vaccin. Ça doit faciliter vos recherches.

-En effet…

-Parce que nous, nous devons malheureusement interrompre les nôtres à cause d’un défaut d’équipement. Avoir ceci règlerait tous nos problèmes.

-Je ne peux pas vous aider malheureusement. On en a juste assez pour nous. D’ailleurs, vous devrez partir, j’ai du travail.

-Bien sûr. Je vous laisse. Désolé de vous avoir dérangée.

-Peut-être qu’on pourrait se revoir? demanda Joséphine soudainement radoucie. Vous pourriez me parler de votre mission. Je suis très curieuse d’en savoir un peu plus.

-Je n’osais pas vous le demander. Ça me ferait un grand plaisir.

-Où… où êtes-vous situés?

***

Dans une cabane perdue sur une petite île déserte, un homme au crâne dégarni sirotait une bière à une table avec un air mélancolique quand la porte s’ouvrit violemment. Smith jeta sa chapska sur la table faisant sursauter l’autre homme.

-Tu avais raison, il est ici, dit Smith, glacial.

-Je savais que j’avais déjà vu ce sous-marin quelque part, fit l’autre en frappant la table de son poing. S’il est là, c’est possible que Spirou et Fantasio ne soient pas loin.

-J’avais bien besoin de ça! soupira Smith en se jetant sur une deuxième chaise. Ils vont regretter de se retrouver encore une fois sur mon chemin. Mais bon, je vais essayer de convaincre encore une fois la fille de nous donner du vaccin anti-froid. Ce n’est pas une idiote, mais elle ne se méfie pas du tout; c’était plus facile que je ne le croyais! D’ailleurs, si elle vient ici, je lui ai dit que je m’appelle Smith.

-C’est pas très original… dit son compère, un sourire en coin.

-Je n’ai pas besoin de tes commentaires, lourdeau!

-Je n’aime pas ça… Je ne veux pas être confrontés à eux et je ne veux pas retourner en prison. Je… je veux partir d’ici.

-Tu n’oseras pas faire cela… murmura « Smith» en le fusillant du regard. Moi et le patron, on ne sera pas contents. D’ailleurs, il ne va pas tarder à remonter alors tu te tiens tranquille! On est tout près du but, ce n’est pas le moment de lâcher. Tu ne voudrais pas que tout gâche à cause de toi, non?

La conversation fut interrompue par l’ouverture d’une trappe au plancher de la cabane. Un petit homme chauve au regard inquiétant en sorti. Il fusilla du regard les deux autres qui s’étaient levés de leurs chaises.

-Un prroblème? demanda-t-il avec un fort accent slave.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *