browser icon
You are using an insecure version of your web browser. Please update your browser!
Using an outdated browser makes your computer unsafe. For a safer, faster, more enjoyable user experience, please update your browser today or try a newer browser.

Le poisson-grenouille: chapitre 6

Posted by on 10 octobre 2012

Je dis tout de suite que je suis désolée de ne pas donner plus d’importance au personnage du comte. La raison est simple: c’est un personnage que j’adore, mais, je ne sais pas pourquoi, j’ai du mal à l’animer. Peut-être est-ce parce que je veux être certaine de respecter sa personalité, sa manière de parler et que je suis un peu insécure par rapport à ça… je l’ignore. Bref, je projette de lui donner une scène à lui prochainement, alors vous pourrez me dire si j’ai bien cerné le personnage. Mais mon objectif n’a jamais été de lui donner un rôle de figurant, pas du tout. Pour l’instant on continue l’histoire!

La suite la semaine prochaine ou dans deux semaines, selon si mon horaire de travail me laisse du temps! 😉

CHAPITRE 6: UNE CABANE AU FOND DES GLACES

Sur le Zodiac, les quatre hommes (et l’écureuil) regardaient de tous les côtés, attentifs à tout signe suspect. Ils approchèrent d’un groupe d’îles rapprochées qui ont attiré leur attention.

-Nous sommes environ à mi-chemin entre le lieu de notre première plongée et où nous sommes présentement, observa Cormoran. Je me souviens d’avoir aperçu ce groupe d’îles lors du trajet. Vous voulez qu’on y aille?

-Si vous pouvez passer entre elles sans problèmes, dit Fantasio. Elles semblent assez rapprochées.

-Il n’y a pas que ce bon vieux Ike qui sait piloter un canot ici! Accrochez-vous: on y va!

Cormoran ralenti l’embarcation et se faufila habilement entre les bouts de terre gelée en prenant garde aux hauts-fonds. Fantasio profita de ce moment plus silencieux pour exposer à voix haute ses questionnements.

-Qu’allons-nous découvrir d’après vous?

-Qui sait! soupira Spirou.

-Et moi, j’espère m’être trompé sur l’identité de ce type… souffla Cormoran entre ses dents.

-Si vous nous exposiez avec plus de détails qu’a fait cet homme pour que vous le craignez tant? demanda le comte.

-Oui, le docteur m’en a parlé, mais elle ne m’a presque rien dit.

-Je vous dois bien ça… En fait, Kovalov n’est sûrement pas son vrai nom; il change d’identité sans cesse. Il ne travaille jamais seul, et il est du genre à laisser le sale boulot à ceux qui l’accompagnent. Il s’intéresse au trafic d’antiquités. C’est lors d’une mission au large de Sumatra il y a deux ans qu’on a croisé son chemin. On était sans le savoir dans ses jambes alors qu’il pillait des temples indonésiens. Il a tué l’un des membres de notre équipage, c’est pour ça qu’on est assez émotifs quand on en parle. Mais ironiquement, c’est grâce à ce crime qu’il a pu être arrêté.

-Quelle tragique histoire…!

-C’est vrai, c’est affreux… Mais rien ne prouve qu’il ne soit sur vos pas.

-Vous avez raison. En plus, Ike nous l’a déjà dit, vous vous souvenez: il n’y a rien d’intéressant ici pour quelqu’un comme lui. Pas de trésors archéologiques encore moins de vestiges de civilisation. Mais c’est plus fort que moi, je suis certain de l’avoir reconnu. Et s’il apprend qu’on est là, je donne pas cher de notre peau.

-Ne dites pas pareille chose, mon cher Cormoran! Nous ne vous laisserons pas seuls dans cette situation, le rassura Champignac.

Soudain, Spip qui ne suivait pas la discussion, poussa un cri en sautillant sur place.

-Hé regardez ça! dit Spirou en pointant l’horizon.

Une petite cabane de bois brun trônait sur les pierres nues d’une minuscule île. Excepté trois pingouins qui s’enfuirent maldroitement à l’approche du canot gonflable, il ne semblait y avoir aucune âme qui vive. Ils accostèrent silencieusement, amarrèrent solidement leur embarcation et s’approchèrent de la petite maison.

-Ceci est fascinant… murmura Champignac. Comment une habitation pareille a pu être construite dans un milieu si hostile? Ce n’est pourtant pas un édifice gouvernemental ou militaire: il n’y a aucun drapeau.

-Et il n’y a aucun bateau autour, vous ne trouvez pas ça bizarre?

-Si ça se trouve, elle est abandonnée…

-Ne prenons pas de chances, nous ne sommes pas armés… Spip! Tu vas aller à la fenêtre voir s’il y a quelqu’un à l’intérieur, d’accord?

L’écureuil acquiesça et sautilla jusqu’à la cabane pour monter sur le rebord de la fenêtre. Il observa longuement l’intérieur et leva son petit pouce avec un air satisfait signifiant que c’était sécuritaire. Les quatre hommes s’avancèrent et Spirou n’eut aucun mal à ouvrir la porte qui n’était pas verrouillée.

-Bon sang… c’est vraiment désert! s’exclama le rouquin devant le maigre mobilier de l’endroit.

Il n’y avait qu’une table avec deux chaises au centre et un coffre de bois dans un des coins. Un petit poêle à bois trônait dans le coin opposé, mais semblait complètement hors-service, le tuyau traînant sur le sol, démonté. Étrangement, un petit tapis beige décoloré était sur le sol près de la table. Ce genre de coquetterie ne correspondait pas du tout à l’endroit.

-Vous ne trouvez pas qu’il fait chaud? dit Fantasio en dénouant son écharpe.

-C’est vrai, approuva le comte. Aucun d’entre nous n’avons pris de vaccin avant de partir pourtant, non?

-Non, aucun, répondit Spirou. On dirait que la chaleur vient du sol.

-Une source thermale? Dans cette région, ce serait étonnant… observa Champignac.

-En tout cas, il faudrait regarder cela de plus près. Fouillons un peu…

Soudain un bruit mécanique, comme une machinerie en mouvement se fit entendre.

-On dirait qu’on devra remettre ça un autre jour! Souffla Cormoran.

-Oui, levons les voiles! dit Fantasio en courant à l’extérieur.

S’assurant qu’il n’y avait rien d’autre d’intéressant à voir sur l’île, ils remontèrent sur le canot.

-Rien pour l’instant pour expliquer quoi que ce soit…

-Ne parlez pas trop vite, mon ami… dit le comte en fronçant les sourcils. Cette variation de température que nous avons subit à l’intérieur de la cabane est peut-être liée à l’apparition des glaces.

-Mais le détroit bouché miraculeusement dégagé est bien loin d’ici…

-Vous avez raison, Cormoran. Mais je crois que ce qui est intéressant, ce n’est pas la cabane elle-même, mais ce qu’il y a dessous. Vous avez comme moi senti le sol vibrer.

-Impossible! On ne peut pas creuser ici: la terre est complètement gelée!

-Il ne faut jamais dire impossible, mon cher…

-En tout cas, il faudra revenir! Avec le sous-marin, ce sera plus discret.

Revenus sur le Drakkar, ils furent tous les quatre étonnés de voir Joséphine se jeter devant eux, les joues rouges et sans son sarreau.

-Vous voilà revenus! J’ai absolument besoin du zodiac.

-Mais oui Jo, le voici. Pourquoi? Je croyais que vous alliez plonger?

-Je… je dois aller observer quelque chose. Je reviens tout de suite. Ah Cormoran, ne va pas trop loin, Kurt était fatigué de rester à bord, alors il est allé faire un tour de sous-marin. Lotus et Ike l’ont aidé à se préparer, mais il aura besoin de toi pour remonter.

-Décidément, voter engin est très populaire ici, M. le Comte!

-Hé! Hé! fit simplement le comte en lissant sa moustache de ses doigts.

-Comment va Vivianna? se risqua de demander Fatasio.

-Elle s’est calmé, Dieu merci! Elle continue les analyses au labo. Je vous conseille tout de même de ne pas la déranger. À tout à l’heure!

Elle parti sans demander son reste devant le regard interrogatif de tout le monde.

-Ah bien tiens, quand on parle de la louve! lança le mécanicien en voyant Vivianna apparaître sur le pont.

-Cormoran… je suis désolée d’avoir réagit si violemment tout à l’heure… Mes paroles ont dépassé ma pensée, je t’assure.

-Je ne t’en veux pas, Vivi. Tu avais raison. Et ce n’est pas comme si on n’étais pas habitués à ton caractère!

-Ça ce n’est pas gentil! Mais c’est de bonne guerre. Ah les journalistes! On aura des résultats pas avant demain. D’ici là, on va aller plonger. Avez-vous vu la patronne?

-Joséphine? Mais elle vient de partir en canot!

-Quoi? C’est étrange, elle ne m’a rien dit!

Au même moment le sous-marin apparu à la surface de l’eau et Cormoran s’occupa de le remonter à bord.

-C’est magnifique là-dessous! s’écria Kurt à moitié pour lui-même lorsqu’il mit les pieds sur le pont. Je devrais plonger un peu plus souvent!

Malgré son enthousiasme, un éclair dubitatif traversa son regard lorsqu’il aperçu les quatre hommes sur le pont.

-Vous avez vos manteaux… vous n’avez pas pris de vaccin?

-Non pourquoi?

-C’est étrange. Quand je suis allé prendre ma dose pour plonger, il y avait deux ampoules de moins. Alors je pensais que c’était vous qui les avaient prises, comme vous étiez sortis.

-Non ce n’est pas nous. Peut-être on n’a seulement oublier de les comptabiliser, proposa Spirou.

-C’est possible.

-Ce serait un bien drôle d’erreur de notre part, mais je vais m’empresser d’aller la corriger, dit Champignac.

***

Tôt le lendemain matin, après une nuit que le soleil avait une fois de plus obstinément éclairée, Joséphine et Vivianna plongèrent comme prévu. Elles remontèrent fièrement avec un spécimen bravement capturé mais gardé vivant et placé dans un aquarium à bord. Mais Joséphine gardait secrètement la raison de son départ précipité la veille. Comme tout le monde avait l’esprit bien ailleurs, cet incident fut rapidement oublié.

De son côté, à la première occasion, Spirou repris le sous-marin en direction de la cabane. En arrivant sur les lieux, il failli se faire surprendre par un homme qui s’apprêtait à plonger. Quand il fut parti, le rouquin amarra le sous-marin à un rocher et entra prudemment dans la cabane qui était déserte une fois de plus. Il ouvrit la caisse pour n’y trouver que des bouteilles d’alcool, des boîtes de conserve et quelques outils. Le poêle à bois était vide et sans intérêt, mais c’est le tapis qui l’intriguait plus que tout. À sa grande surprise, il était cloué au sol. Il alla chercher un marteau dans la caisse et entrepris de retirer les gros clous rouillés qui le tenait au sol pour dévoiler une trappe. « Bon sang! Qu’est-ce que ça veut dire? Mais je comprends… le tapis est cloué à la trappe pour le couvrir en tout temps même quand on l’ouvre. Le comte avait raison: c’est sous la cabane qu’il faut chercher…! »

Tout à coup, il senti le sol vibrer et entendit le même bruit mécanique que la dernière fois. Il recloua le tapis en vitesse, rangea le marteau et sorti se cacher derrière un rocher pour observer discrètement. Puis, un homme sorti de la cabane pendant quelques secondes pour observer l’horizon. Spirou ne le vit que de dos, mais soudainement, il était certain qu’il avait déjà vu cette silhouette quelque part, mais il était incapable de se souvenir où. Il entra de nouveau dans la cabane et une nouvelle vibration du sol dit à Spirou que l’inconnu était retourné sous terre. Il retourna donc au sous-marin pour chercher quelqu’un chose d’intéressant autour de l’île, un passage, une grotte avec une entrée sous-marin, peu importe, mais rentra bredouille. Quand il remis les pieds sur le Drakkar, l’équipe discutait vivement.

-Bon qu’est-ce qui se passe encore? demanda-t-il énervé.

-Des ampoules de vaccin ont disparu.

-Encore?

-C’est mystérieux et personne ne semble savoir ce qui se passe. Joséphine est de plus en plus énervée. On sent qu’elle n’aime pas du tout ça. Il faudra redoubler de vigilance. Mais moi, je ne me mêle plus de leurs histoires… Et toi, qu’est-ce que tu as trouvé?

Spirou raconta tout à son ami.

-Une trappe? Bon sang… On va de surprise en surprise… Alors, le compte avait raison: c’est sous la cabane que ça se passe.

-J’ai de plus en plus l’impression que tout est lié… J’ai vu quelqu’un et je me demande si… Cormoran!

-Oui?

-Est-ce que le Kovalov que tu as vu au Labrador avait un manteau noir et vert.

-Oui.

-Avec une chapska et des gants rouges? Et est-ce qu’il est plutôt petit et mince.

-Oui! Et il boite un peu aussi.

-Alors c’est bien lui. Je l’ai vu. En tout cas, je crois que c’était bien lui… Sur l’île à la cabane que nous avons vue hier.

-Quoi?

-Si tu as raison sur son identité, vous vous retrouvez maintenant face à un ancien ennemi. Et nous aussi.

-On le connait? demanda Fantasio en écarquillant les yeux.

-Je ne peux rien confirmer, mais je suis certain de l’avoir vu quelque part. Pourtant, je ne me souviens pas de connaître quelqu’un qui boite, mais c’est une impression qui ne me quitte pas.

-Tiens! Voici la patronne qui va de nouveau faire un tour.

-Joséphine?

-Ah Spirou! On vous a dit pour le vaccin? Ça m’énerve beaucoup, je vais faire un tour pour me calmer. J’ai beaucoup de travail, alors je dois rester concentrée. Cormoran, viens m’aider avec le canot s’il-te-plait.

-D’accord, Jo.

Spirou les regarda en fronçant les sourcils.

-Fantasio, tu ne trouves pas cela étrange qu’elle parte de nouveau comme ça?

-Mon vieux, tout ce que je trouve étrange depuis le début de ce voyage pourrait remplir une piscine olympique. Je vais voir le frigo où se trouve les ampoules, peut-être qu’il y a un indice. Et ne cherche pas Spip, il est encore dans sa pantoufle. Que le soleil se couche ou pas, ça ne dérange pas son cycle de sommeil! Et je l’envie!

Fantasio descendit donc à la pièce qui sert à la fois de buanderie et d’infirmerie. Lotus était en train de préparer des médicaments.

-Vivianna a des migraines depuis deux jours, dit-elle avant même que Fantasio n’ouvre la bouche. Pas étonnant: elle s’énerve tellement. Le stress, ce n’est pas bon pour la santé, pas besoin d’être médecin pour le savoir. Je vais aller lui porter cela, ça va lui faire du bien.

-Lotus, vous êtes observatrice et les ampoules se trouvent dans l’infirmerie. Est-ce que vous avez remarqué quelque chose d’étrange?

-Non. J’espère que vous ne me soupçonnez pas, Fantasio!

-Non, non, jamais de la vie. J’essaie seulement de comprendre.

-En tout cas, j’ai bien l’intention de quitter le moins souvent possible l’infirmerie, bien que ça ne me plaise pas. Je suis docteur, pas gardienne de sécurité! Mais je n’ai pas le choix. La première disparition a eu lieu alors que j’ai dû aller aider Ike lorsque Kurt à pris le sous-marin et la deuxième alors que je soignais à la cuisine Gil qui s’était blessé en coupant des oignons.

-Mais vous aller quitter une fois de plus maintenant pour voir Vivi, non?

-Vous resterez ici pour surveiller.

-Mais…

Fantasio n’a pas eu le temps de dire un mot que Lotus avait déjà quitté la pièce.

« Drôle de fille… », pensa-t-il.

N’ayant trouvé aucun indice autour du petit réfrigérateur, il attendit le médecin en fouinant un peu partout aux alentours. Il s’accouda sur la machine à laver et fit tomber une blouse blanche appartenant à Joséphine.

-Ouf, je ne sais pas ce qu’il y a là-dessus, mais je préfère ne pas trop y toucher… dit-il en la prenant du bout des doigts. En la remettant sur la machine à laver, un papier tomba d’une des poches de la blouse. Il le ramassa et après avoir vérifié qu’il n’y avait personne aux alentours, il le déplia pour ne voir qu’une série de petits cercles maladroitement dessinés et un X sur l’un d’eux.

-Ça veut rien dire ce truc… murmura-t-il en le retournant dans tous les sens. Oh non! Ce n’est pas… mais oui!

Il entendit un bruit indiquant que Lotus était de retour. Il plia le papier et le mit rapidement dans sa poche.

-Alors, rien à déclarer? demanda le médecin en entrant.

-Non, rien du tout. Je n’ai rien trouvé et personne n’est venu faire un tour. Maintenant, si vous permettez, je dois aller faire des choses. À plus tard, docteur!

Fantasio grimpa en vitesse les escalier, rejoint Spirou sur le pont et le pris par la manche.

-Viens! Je dois vérifier quelque chose!

-Mais..!

Il entraîna son ami sur la passerelle à la grande surprise de Castillo.

-Mais que faites-vous ici?

-Désolé capitaine, mais je dois vérifier quelque chose!

Fantasio pris une paire de jumelles et les pointa vers l’horizon.

-Fantasio, si tu me disais ce qui se passe, ça irait bien mieux.

-Regarde! Lui dit-il en lui donnant les jumelles.

-Oui, on peut apercevoir le groupe d’îles où il y a la cabane et puis? On ne peut pas la voir d’ici, il y a une espèce de colline devant.

-Attend un instant, elle devrait bientôt revenir.

-Je ne vois rien, de quoi parles-tu? Oh…! le canot! Mais c’est…

-Oui, c’est!

-Que se passe-t-il? J’ordonne que vous me le disiez!

-C’est long à expliquer,capitaine. Disons seulement que nous avons quelques questions à poser à mademoiselle de Champignac; il y a des chose qu’elle ne nous dit pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *