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Le poisson-grenouille: chapitre 7

Posted by on 25 octobre 2012

Je n’ai pas grand chose à dire à propos de ce chapitre, l’histoire continue tranquillement son petit bonhomme de chemin. J’ajoute encore un personnage (tout de même présent anonymement dans le précédent chapitre) et pour une fois, hé bien on le connait bien! 😉

À bientôt pour la suite!

CHAPITRE 7: RETOUR À LA SURFACE

Dans le zodiac en route vers le Drakkar, Joséphine pensait à la dernière conversation qu’elle avait eu avec Smith.

-Je ne peux plus venir vous voir, Smith, avait-elle annoncé gravement.

-Pourquoi donc? Je croyais que nous nous entendions bien.

-Oui, c’est vrai et j’aime beaucoup quant vous me parlez de vos recherches. Les volcans sous-marins, c’est quelque chose de fascinant! Mais je me sens coupable… Je n’ai dit à personne que j’avais pris des ampoules de vaccin.

-Vous avez fait ça? Mais ce n’est pas si grave. Si ça se trouve, ils ne s’en sont même pas aperçus.

-Peut-être.

-Vous n’avez pas à vous sentir coupable Joséphine.

-Je ne sais pas… Mais il y a une autre raison. Je… C’est justement parce que nous nous entendons bien. J’ai peur que vous m’éloignez trop de mes recherches. Je serai honnête, vous m’avez charmée dès le début.

-Ce n’était pas intentionnel.

-Alors que vous ne vous intéressez sans doute pas du tout à moi.

-Vous vous trompez peut-être, vous savez!

Il s’était approché d’elle et lui avait pris les mains. Mais elle le repoussa rapidement.

-Non…je ne peux pas… ce n’est pas bon pour moi… ni pour mes recherches.

-Je comprends que vos recherches soient très importantes, je suis moi-même scientifique. Mais Joséphine, ça me désole de penser que je ne vous verrai plus.

-Moi aussi. J’espère avoir pu vous aider malgré tout.

-Oui, bien sûr… vous m’avez beaucoup aidé. Même si j’aurais bien aimé en savoir un plus sur ces poissons que vous recherchez…

Joséphine s’était alors forcée à sourire.

-Je vous ai dit tout ce que je savais. Je vous souhaite le meilleur dans vos recherches. Vous rencontrer a été un grand bonheur pour moi. J’espère que vous aurez la chance de croiser mon oncle au cours de voter séjour. Adieu.

Elle avait quitté la cabane sans attendre une parole ou une étreinte de Smith. Elle savait qu’elle avait pris la bonne décision. Malgré tout, les larmes brouillaient maintenant sa vision et elle avait du mal à s’imaginer comment expliquer cela aux autres membres de l’équipe. Elle était complètement perdue dans ses pensées lorsqu’elle remonta sur le pont et elle ne vit pas tout de suite Spirou, Fantasio et le comte la regarder sévèrement.

-Euh… bonjour, fit-elle timidement lorsqu’elle remarqua leur présence.

-Joséphine, on le sait, dit Champignac avec une certaine tendresse.

-Je suis désolée…

-Ma chère nièce, mais pourquoi? Pourquoi nous avoir caché cela? Qui sont ceux à qui tu as donné du vaccin?

-Je ne connais que l’un d’entre eux. Mais j’allais vous en parler, je vous le jure! Il est venu me voir sur le navire hier alors que presque tout le monde était parti. Lui et son équipe font des recherches sur les activités volcaniques sous-marines. Je ne sais pas comment il a fait pour embarquer ici par lui-même sans que personne ne s’en aperçoive, mais il l’a fait.

-Comment s’appelle-t-il? demanda Spirou.

-Il dit s’appeler Smith et il vous connait mon oncle.

-Je ne me souviens d’aucun scientifique de ce nom, pourtant.

Joséphine considéra soudainement Fantasio et le dévisagea longuement.

-Euh… vous me gênez, là, fit Fantasio en baissant la tête.

-Je ne m’en étais pas aperçue avant, mais il vous ressemble un peu Fantasio. Pas énormément, mais un peu.

-Hum! Peu importe, ce que vous avez fait est incompréhensible, statua le blond.

-Je m’en veux énormément. Me pardonnerez-vous?

-Je me porte garant de tes gestes, Joséphine. Tu es de ma famille et je ne peux m’imaginer que tu puisse faire consciemment quelque chose de répréhensible.

-Merci mon oncle. De toute façon, je ne le referai plus puisque je ne reverrai plus ce Smith. N’en parlez à personne s’il vous plait. Vivianna serait capable de m’en vouloir à mort, vous la connaissez. Même pour trois petite ampoules de vaccin…

-Pffff! On ne s’en sortira jamais des cachotteries, soupira Spirou.

-Nous verrons, dis le comte. Pour l’instant, nous n’allons rien dire.

-Une dernière chose, comment avez-vous fait pour savoir? demanda-t-elle.

Fantasio sorti de sa poche le bout de papier qu’il avait trouvé quelques minutes plus tôt.

-J’ai découvert ceci par hasard avec vos vêtements à la buanderie: un petit plan indiquant l’île exacte sur laquelle se trouve la cabane. J’ai donc fait automatiquement le lien comme le moment des « vols » correspondait avec celui de vos départs précipités. D’ailleurs, vous allez nous expliquer ce qui se fait à cet endroit.

Avant qu’elle ne réponde, le comte expliqua rapidement leurs propres découvertes, mais Joséphine hocha la tête négativement.

-Je ne sais rien de plus que vous, à part qu’il y a un laboratoire au sous-sol, mais jamais je n’ai pu le voir.

-Un laboratoire sous-terrain pour étudier les volcans? s’étonna le comte. Pour quel usage?

-J’avoue que je ne m’étais pas posé la question… J’ai été faible, c’est un homme tellement charmant… Je ne peux pas croire qu’il se passe quelque chose de grave là-bas; vous devez vous tromper.

-Joséphine Raymonde Artémise de Champignac, soupira le comte avec un léger ton réprobateur.

-Nom d’un éperlan… J’ai tellement honte…!

Elle ne dit pas un mot de plus et s’en alla s’accouder à la poupe pour tenter de remettre de l’ordre dans ses idées. Spirou secoua la tête.

-Tout ceci ne me rassure pas. Je n’ai pas confiance en ce Smith. Pourquoi voulait-il donc que Joséphine vole du vaccin pour lui? C’est louche. Mais avant d’agir, il faudrait un plan.

-Nous pourrions aller le confronter là-bas directement! Après tout, il dit vous connaître, M. le comte, alors vous pourriez prétexter une visite.

-J’aime bien votre idée, Fantasio. C’est à réfléchir.

-Il faudra être prudents; Après tout, on a aucune idée à qui on a affaire vértablement.

Leurs réflexions furent interrompues par une sirène puissante qui fit précipiter tout le monde sur le pont.

-Un homme à la mer! s’écria Ike de la passerelle. En un coup de vent, Kurt enfila son scaphandre avant de plonger à l’eau.

-C’est le capitaine qui l’a vu de la passerelle expliqua Gil. Il flottait inanimé à un mille d’ici. Il était en scaphandre de plongée alors on pense qu’il a eu un accident.

-Enfin, on va voir qui est notre fameux plongeur! dit Vivianna. Ce ne peut être que lui.

-Kurt va lui faire passer les palliers de décompression pour ne pas prendre de chance avant de l’emmener à bord, expliqua Cormoran.

-Espérons qu’il soit encore en vie, dit Gil, les mains jointes.

Joséphine qui était revenue rejoindre les autres, restait silencieuse. Elle était visiblement inquiète à la possibilité que se soit le corps de Smith qui flotte.
Prête à tout, Lotus avait quant à elle apporté sur le pont toute sa trousse et une civière pliable. Finalement, après de longues minutes d’angoisse, Kurt remonta le corps inanimé sur le pont. Lotus se précipita sur lui, repoussant tout le monde.

-Bougez-vous, il doit avoir de l’air!

Elle retira le masque de plongée et pris ses signes vitaux.

-Il est vivant, mais il n’est pas dans un état normal… Je devrai l’emmener à l’infirmerie. Aidez-moi à le mettre sur la civière.

Le médecin s’écarta pour lui prendre les jambes dévoilant son visage aux autres. Spirou, Fantasio et le comte ne purent se retenir de s’écrier en chœur:

-Héléna!

-Qui?

-John Héléna! répéta Fantasio. Mais que fait-il ici? Je croyais qu’il était devenu guide en Antarctique!

-Il t’a dit la vérité: je le connais bel et bien, murmura le comte à sa nièce.

-Cet homme n’est pas Smith, lui murmura Joséphine à son tour.

-Je ne sais pas de quoi vous parlez, mais on discutera plus tard, lança sèchement Lotus. Maintenant, il faut tout de suite l’emmener à l’intérieur!

Difficilement, ils purent descendre la civière à l’infirmerie et installèrent John Héléna sur la couchette le plus confortablement possible.

-Tu pourras le sauver, docteur? demanda Cormoran.

-Je ne suis pas magicienne, seulement médecin. Je n’ai aucune idée de ce qui lui est arrivé et je ne suis peut-être pas équipée pour les soins nécessaires. Je ferai mon possible. Pour être honnête, il semble avoir été drogué. Maintenant, j’ai besoin d’être tranquille, sortez.

Ils quittèrent l’infirmerie et Spirou expliqua le mieux possible les interrogations des autres en expliquant qu’ils connaissaient Héléna, qu’il avait déjà été leur ennemi, mais qu’il était repenti et qu’il n’avait aucune idée de la raison de sa présence dans la région. Ce n’est que très peu rassurés que les membres de l’équipe se dispersèrent. Après quelques instants, le comte entraîna Fantasio, Spirou, Spip et sa nièce dans sa cabine.

-Ici, notre conversation ne pourra pas être entendue; inutile d’angoisser encore plus ces braves gens. Mes amis, nous avons un problème.

-Ce n’est pas Smith et il ne m’a même jamais parlé de cet homme, affirma catégoriquement Joséphine.

-C’est pourtant certain qu’ils viennent du même endroit puisqu’il n’y a pas d’autre signe de vie humaine à des kilomètres, observa Spirou.

-Que peut bien faire Héléna ici? se demanda Champignac. C’est la question qu’on doit se poser. C’est qu’il est capable du pire.

-C’est un plongeur hors-pair, il nous l’a prouvé plus d’une fois. Sans compte qu’il est habitué au climat arctique. Peut-être qu’il est tout simplement venu aider votre ami.

-Ce n’est pas mon ami, Fantasio! murmura Joséphine entre ses dents.

-Et on le retrouve drogué, flottant au milieu de nulle part, récapitula Spirou, songeur. Votre avis M. le comte?

-Nous sommes maintenant officiellement en danger, mes amis. S’il est arrivé quelque chose à ce pauvre homme, nous ne sommes nous-même plus à l’abri. Nous ignorons qui se trouve là-bas, mais nous devons redoubler de prudence.

-Sans compté que Kovalov a été aperçu près de la cabane, dit finalement Spirou après un court silence.

-Qu’est-ce que vous me chantez là?! explosa Joséphine.

-En tout cas, c’était le même type que Cormoran a vu au Labrador alors je me fie sur son impression.

-On n’a pas voulu vous le dire tout de suite, mais c’est bien pourquoi on a été un peu dérangés par votre visite là-bas.

-Non! Ça doit être une erreur! Cormoran s’est sûrement trompé! Nom d’une moule zébrée, je ne peux pas le croire! Alors Smith est peut-être associé avec…?! Mon Dieu, qu’ai-je fait…!

-Calmez vous, Joséphine, la rassura Spirou. C’est inutile de s’énerver pour l’instant, puisqu’on est sûrs de rien.

-Ça, c’est sûrement la chose la plus sensée qui s’est dite ici depuis longtemps, souffla Fantasio un peu malgré lui s’attirant les regard interrogatifs de ses compagnons.

-M’ouais, bon, continua Spirou. La première chose à faire, c’est retourner à la cabane, ouvrir cette fameuse trappe, et en avoir le cœur net. Kovalov est trafiquant et Héléna a déjà été pilleur d’épaves. Le lien est trop évident; il faut aller le vérifier.

-Donc, allons-y!

-Moi je reste ici… j’ai déjà perdu assez de temps avec tout ça… Et je ne voudrais pas être confrontée à Smith là-bas, je ne le supporterais pas.

-Je resterai avec toi, ma nièce. Je vous fais confiance pour trouver le moyen de vous infiltrer sans problème.

-Comptez sur nous!

-Spip tu vas rester ici, dit Spirou en se baissant au niveau de l’animal. Je compte sur toi pour empêcher tout intrus d’embarquer une fois de plus.

Vous pouvez compte sur moi, nom d’une noisette. Du moment que vous ne me demandez pas de remettre les pattes dans ce laboratoire.

Pour plus de précautions, Spirou et Fantasio se donnèrent une dose de vaccin, puis grimpèrent sur le zodiac. Mais ils n’avaient pas fait un kilomètre que la chose la plus improbable se produisit. De la glace. La glace qui apparu tout autour d’eux, comme par magie. L’océan qui prend des semaines à geler l’a fait en quelques secondes. Le canot pneumatique glissa sur un morceau de glace un peu plus solide que les autres qui s’inclina sous le poid de l’embarcation. Projetée vers le haut, cette dernière fit un court vol plané avant de retomber violemment et de s’immobiliser enfin.

-Tout va bien Fantasio? demanda Spirou en coupant le moteur du canot.

-Oui, oui, Spirou, ça va. Mais je me serais bien passé de ce tour de manège. Comment…? Qu’est-ce qui s’Est passé au juste?

-En attendant de trouver la réponse, nous sommes dans de beaux draps: la glace est trop mince pour que nous marchions dessus, mais trop épaisse pour nous permettre d’avancer.

-Bref. On est pris.

***

Lotus veillait toujours sur ses patients comme s’ils étaient la prunelle de ses yeux. L’ancienne humanitaire, malgré sa froideur habituelle, savait faire preuve d’une compassion exemplaire devant les plus démunis. Et elle ne fit pas d’exception pour son nouveau patient.

-On peut dire que tu en as de la chance, toi! Tu as été drogué, mais ceux qui t’ont fait ça ont été radins! Ça ne paraîtra plus bientôt. Si on ne t’avait pas trouvé, tu aurais épuisé tout ton oxygène et serais mort, comme ça. Sans que personne ne s’en aperçoive… Quelle tristesse. Mais qui t’en voulait comme ça? L’être humain peut être une espèce si cruelle parfois, tu ne crois pas?

Toujours inconscient, Héléna avait maintenant une respiration régulière et paisible. Lotus l’avait branché sur un soluté de fortune, ce qu’elle a pu faire avec le matériel disponible. Elle vaquait à d’autres occupations dans l’infirmerie tout en vérifiant les signes vitaux de son malade plus souvent qu’au besoin. Elle était justement en train de vérifier son taux d’oxygène lorsque Vivianna entra en coup de vent.

-Comment va-t-il?

-J’avais demandé que personne ne vienne. Je vous avertirai lorsqu’il sera réveillé.

-Te fâche pas, je voulais seulement le voir. Tu ne trouves pas ça étrange que les deux journalistes le connaissent?

-Pourquoi cette question?

-Et si c’était eux qui avaient volé le vaccin?

-C’est tout à fait ridicule et illogique, Vivianna. Ce sont les premiers à avoir ouvert une enquête.

-Est-ce que c’est toi?

-Non! Tu deviens vexante et agaçante.

-J’essaie seulement d’y voir plus clair, c’est tout. Après tout ça serait possible. C’est facile de passer des doses de vaccins à un plongeur.

-Alors tout le monde aurait pu le faire, toi y compris. D’ailleurs, je te trouve assez rapide à soupçonner tout le monde, pour être honnête.

Vivianna repoussa avec agacement une mèche de ses cheveux de jais qui tombait devant ses yeux.

-Je ne soupçonne pas tout le monde! Je me méfie tout d’abord des deux journalistes.

-J’ai fait des recherches sur eux. Ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont beaucoup d’ennemis peu fréquentables, mais eux, ils sont tout à fait sans taches. Tes soupçons manquent de discernement.

-Évidemment, il faut toujours que tu en fasses un peu plus que les autres, murmura la biologiste pour elle-même.

-Pardon?

-Rien, rien du tout.

-Arrête de jouer à Miss Marple, Vivianna. Lorsque M. Héléna sera revenu à lui, il pourra nous éclairer. Maintenant laisse-moi. S’il te plait.

-À vos ordres, docteur… fit Vivianna avec plus de moquerie que de méchanceté dans la voix.

-Et toi, cher John, vas-tu nous aider à découvrir ce qui se passe? Il serait temps que tu te réveilles; l’air devient de plus en plus empoisonné ici.

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