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MessagePosté: mar 10 avr 2007 11:10 

Ororéa fan #1 :P
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Spirouphage
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Et voilà qu'enfin, aprés tout un mois de vous faire patienter, le chapiutre 5 est prêt pour son lecture! J'éspére que vou le trouvez de vôtre gôut ;)

Citation:
CHAPITRE 5


Un cri étonnamment joyeux de Spip lui fit tourner la tête sur sa droite, où se tenait une jeune femme aux longs cheveux sombres et à la peau matte.

- Lu… Ororéa?
- Spirou! Quelle coïncidence! – s’exclama-t-elle allégrement – Et Spip est avec toi! – ajouta en voyant au petit écureuil sautant sûr ses bras, l’accueillant avec une bise à sa poilue tête – Je suis bien heureuse de vous revoir!
- Moi aussi! – dit le rouquin souriant – Il s’est passé beaucoup de te-… uuurgh! – il dut s’interrompre quand soudain, de nouvelles crampes, plus douloureuses (et sonores) que les précédentes, lui survinrent.
- Mon dieu, mais qu’est qui t’arrive? – questionna Ororéa à l’air inquiet, en même temps qu’elle courait pour le soutenir – Allez, du calme, appuie-toi sur moi… Merci, je m’en chargerai. – indiqua-t-elle au cuisiner en un arabe rudimentaire. Celui-ci, de son coté, obéit et se retira de nouveau aux cuisines sans tiquer.

Pendant que le rouquin s’appuyait sur ses épaules, la jeune femme ouvrit la porte de la chambre et aida Spirou à s’allonger sur son lit, où le reporter-aventurier retourna à sa position fœtale, avec Spip de nouveau à ses côtés, l’assistant en qualité d’infirmier provisionnel. Incapable de retenir la tenaillante douleur, il dut s’efforcer soi-même à ébaucher un sourire pour ne pas inquiéter son amie.

- Désolé de ne pas pouvoir te revoir en de meilleures conditions… - s’excusa-t-il avec un gémissement.
- Ne t’en fais pas pour ça. – la photographe accepta, compréhensive – Je suppose que c’est la “turista”, pas vrai? – déduis-t-elle en voyant l’abondante quantité de bouteilles d’eau minérale sur la table de nuit. Le rouquin acquiesça faiblement - Et Fantasio, pourquoi n’est-il pas avec toi?
- Il est sorti… c’est… une longue histoire…urgh! – répondit-il, se pelotonnant face à un nouvel abcès de douleur.
- Je crois que j’ai encore ce remède dans mon sac-à-dos… - médita Ororéa un instant – J’irai un moment à ma chambre, d’accord? Attends-moi ici, je retournerai tout de suite. – dit-elle en sortant ensuite de la chambre, pressée.
- Dans son état actuel, j’en doute qu’il ait encore envie de se mouvoir… - signala Spip avec ironie.

Comme promis, Ororéa retourna en peu de minutes, emmenant avec elle une bouteille de liquide jaune d’aspect pas très appétissant. Seul sa vision provoquait en Spirou une augmentation de nausées.

- Tiens, sa face a passé du “vert vomi” au “vert marais”! – plaisanta l’écureuil.
- Ça a meilleure saveur que d’apparence. – lui assura la jeune femme pendant qu’elle lui remplit un verre – Allez, bois. Tu verras après comme tu te sentiras mieux!

Encore un peu dubitatif, le rouquin fit ce que la jeune femme lui demandait. À la première gorgée il constata qu’elle avait raison: le goût de ce liquide lui rappelait celui des jus concentrés industriels. Pas un délice, mais il était au moins buvable.

- Mmm, pas mal! – il se lécha les lèvres, demandant avec un geste qu’on lui remplisse le verre de nouveau, chose que la fille fit enchantée – Qu’est-ce que c’est?
- Ah, rien d’importance… - dit la photographe – Comme je voyage beaucoup, d’habitude j’attrapais souvent des “turistas” et un an avant j’ai développé un remède pour pallier ses effets. À part de l’eau et du jus de citron, il contient du pamplemousse, une demie-aspirine diluée, du sucre et un peu de sel… ah, et aussi des fourmis pilées et de l’urine de singe…

Face à la mention des deux derniers ingrédients, Spirou arrêta de boire et, retenant une nausée, s’en alla directement vers la salle de bain où il s’enferma.

- A-attends, celle des fourmis et du singe était un mensonge! – tenta de tranquilliser Ororéa de l’autre côté de la porte – Je blaguais, voilà tout! – comme seule réponse, elle écouta les gémissements étouffés de Spirou en retour – Si je l’avais su, je ne lui aurais rien dit… - soupira-t-elle.
- Nan, dans la vie faut rire de tout! – la consola Spip – Si la série “Spirou et Fantasio” devenait sérieuse, où est-ce qu’on ira?

***

- Mais comment ça a pu arriver!? – s’exclama la docteure Torres pendant qu’elle parcourait les couloirs de l’hôpital cherchant Helena, suivie par l’infirmier que l’avait informé de son évasion – Il était en régime d’observation continuel!
- C’est… c’est ma faute, doctora – répondit timidement l’infirmier – Il m’avait demandé la bassine et… bien, quand j’ai retourné…
- Ok, ça va, je m’imagine le reste… - interrompit-t-elle d’un ton irrité – Il faut fouiller tous les étages. Prévenez toutes les infirmières qui sont hors service et aux gardiens, qu’ils se chargent d’organiser les recherches…
- Des problèmes avec votre patient, docteure?

La femme médecin s’arrêta d’un coup sec après avoir reconnu la voix qui parlait derrière elle.

- Inspecteur Van Merguel… - elle prononça son nom comme quelqu’un parlant d’une chose désagréable – Ne vous avais-je pas dit que vous n’étiez pas autorisé à rester dans cet étage?
- C’est Van Merkel, docteur. – corrigea l’inspecteur de l’Interpol – Et en répondant à votre question… si, vous me l’avez bien dit, et voyez qu’est qui s’est passé… Vous auriez dû me donner la permission de laisser deux de mes hommes face à sa porte pour le surveiller, comme je vous avais suggéré.
- Ce bâtiment n’est pas une prison, Señor Van Merkel, mais un hôpital. – répliqua-t-elle de façon agressive – Et tant que je ne lui donne pas congé, John Helena continue à être mon patient, alors c’est à moi que corresponde le droit de décider ce qui est le mieux pour lui!
- ¡Doctora! ¡Doctora! – cria soudain quelqu’un qui couru vers elle. La docteure Torres reconnut tout de suite l’infirmière en chef - Doctora c’est terrible! J’étais… j’étais en train de faire l’inventaire… vous savez, au cas qu’on aurait besoin de matériel, demander aux laboratoires qu’ils nous envoient d’autres doses et…
- Soyez brève, pour l’amour de Dieu! – l’interrompit la médecin, anxieuse.
- O-oui, désolée! – s’excusa l’infirmière en chef; après ça elle jeta un coup d’œil à la liste qu’elle portait avec elle – Il manque plusieurs seringues, une bouteille d’eau oxygénée, des gazes et aussi une bande élastique pour les transfusions… - énuméra-t-elle – Et en plus, le chargé de la pharmacie vient de m’informer qu’on a forcé la serrure et qu’on a volé vingt ampoules de diazépam!
- Diazépam? Vous êtes sûre?
- Très sûre! C’est la seule chose qui manque, le reste est intac-
- Au secours, au secours, on m’a volé! – une troisième personne intervint dans la conversation demandant de l'aide comme elle courrait vers eux hystérique. Il s’agissait de l’épouse du patient souffrant d’insuffisance rénale qui était interné dans la chambre à côté de celle de Helena - Doctora, faites quelque chose, quelqu’un m’a volée!
- Ça alors, vous aussi? – questionna la chef des infirmières.
- Quand est-ce que c’est arrivé? – inquisitionna la docteure à son tour.
- Ça fait un moment – répondit la dame – Je suis allée un moment aux toilettes, laissant mon mari dans la chambre, et quand j’ai retourné… Regardez! – signala-t-elle en leur montrant son sac à main ouvert – Mon portefeuille a disparu!
- Vous êtes sûre de ne l’avoir pas laissé ailleurs? – suggéra l’infirmier innocemment – Parfois ça m’arrive aussi, je m’en rappelle où est-ce que j’ai déposé les choses et…
- Vous me croyez idiote?! – se fâcha la femme – Et puis, ce n’est pas la seule chose qui a disparu; on a emporté aussi les vêtements de mon mari!
- Tiens, tiens… - intervint l’inspecteur Van Merkel d’un ton sarcastique – Ça parait qu’ici les vols sont assez fréquents… Surtout quand certains “patients” – ajouta-t-il avec un sourire burlesque – parcourent seuls dans l’hôpital…

Sans vouloir lui écouter davantage, Silvia Torres se dirigea rapidement aux vestiaires, ouvrit son casier et prit ses affaires avant de se diriger directement vers le service de pharmacie. Pendant ce temps, les deux infirmiers la suivaient, la questionnant confusément le pourquoi de cet empressement si soudain.

- Si l’inspecteur dit que c’est John qui a pris l’argent de cette madame et autant d’ampoules de diazépam, c’est parce qu’il veut aller loin – leur expliqua-t-elle – Probablement a-t-il l’intention de retourner au Maroc et a voulu s’assurer qu’aucune attaque lui arrive en route!
- Mais doctora – objecta la chef des infirmières – le diazépam ne sert pour…
- Je sais bien que ça ne sert que pour prévenir l’épilepsie!! – l’interrompit-t-elle – Mais lui non. Il sait seulement que c’est ça ce qu’on l’injecte chaque fois qu’il a une attaque. Le malheureux s’est pris un médicament qui ne lui fait rien… et s’il ne lui est rien arrivé encore, la prochaine attaque pourrait être pire que les précédentes! – elle entra rapidement dans la pharmacie et saisit plusieurs ampoules de phénobarbital pour les mettre après dans son sac, malgré les protestations du chargé de la pharmacie – J’emporte trente de ceci, dites au chef qu’il me les déduise du salaire. – informa-t-elle à l’infirmière en chef – Et je prends aussi ça – ajouta-t-elle comme elle saisissait des seringues et des aiguilles.
- Doctora, vous ne prétendez pas courir après lui?? – questionna l’infirmier, scandalisé.

La docteure ignora la dernière question et se dirigea directement à l’Accueil.

- Marta! – apostropha-t-elle sans préambule à la réceptionniste, qui paraissait si distraite comme d’habitude – As-tu vu sortir John Helena?
- Eeeeh… je, non… j’en sais pas, il y a autant de gens qui entrent et qui sortent que… - balbutia-t-elle, incapable de donner une réponse précise.
- Maldita sea, Marta, essaye de te rappeler!! – cria la médecin en perdant son calme – J’ai besoin de savoir qu’est-ce qu’il a fait exactement après être sortit de sa chambre!
- N’ayez pas craindre, doctora – arriva à ses oreilles la voix de Van Merkel derrière elle – Même si vous ne me l’avez pas laissé sous surveillance, j’ai laissé quelques-uns de mes hommes postés à toutes les entrées et sorties de l’hôpital – il sortit son portable de la poche de son veston – Deux d’entre eux viennent de m’informer que John Helena a pris un taxi à peine une minute avant. Il paraît qu’il se dirige vers Almería… Ils ne tarderont pas à le rattraper…

Le sourire de l’inspecteur de l’Interpol produisit des frissons à Silvia Torres. C’était un sourire propre d’un animal prédateur qui s’amuse en jouant avec sa proie avant de la manger. Seulement en voyant sa face, le sang lui bouillait; Elle ne pouvait pas permettre que John finisse dans les mains d’un tel sadique!

Cette pensée l’éperonna. Elle sortit par la porte principale en courant, vers sa voiture stationnée en bas des escaliers de l’entrée. Malgré les prières des deux infirmiers, elle démarra et commença à sortir la voiture. Soit par les nerfs soit à cause de quelqu’un d’autre aurait mal stationné, elle ne put bien calculer la distance qui séparait sa voiture de celle de derrière. Le choc entre les deux fut si violent que le capot de la voiture se bossa.

- Aaaah…. – elle regarda la voiture, puis les infirmiers, le remords visible à son visage – Faites-moi plaisir: dites au propriétaire de cette voiture que je payerai les dépenses du remorquage.

Après elle redressa la voiture et accéléra vers le coin de la rue. Les deux infirmiers suivirent du regard le véhicule à mesure qu’elle disparaissait à l’horizon.

- Alors… chef, ceci n’est pas… - commença à dire l’infirmier, regardant la voiture bossée avec crainte.
- Oui…. – soupira l’infirmière en chef – C’est la voiture du directeur!
- Je crains qu’on va se faire engueuler pour ça…

***

- Alors, tu es venue pour faire un reportage d’investigation?

Spirou s’était amélioré notablement dès qu’il avait pris le remède miracle d’Ororéa. Au moins le ventre ne lui faisait plus mal et il se sentait plus énergique. La jeune femme avait profité de cette amélioration momentanée pour lui expliquer le pourquoi de sa présence ici.

- Oui – lui confirma-t-elle depuis la salle de bain, où elle était entrée pour se changer dès le moment que le rouquin avait arrêté d’avoir des nausées – Le journal pour lequel je travaille maintenant m’a demandée de faire mon enquête sur le trafic massif de pateras que l’Espagne souffre depuis plusieurs années… Il paraît que les mafias de l’une et de l’autre côté du détroit de Gibraltar se sont alliés dans cette affaire; Ceux qui sont installés au Maroc envoient de la main d’œuvre à bon marché pour ceux qui sont en Espagne et tous les deux profitent de la précaire situation économique de milliers de familles du continent africain pour s’enrichir à leurs dépends.
- Oui… on m’a conté pareil… - murmura Spirou à regret, se souvenant de la triste histoire de Karim, qui pourrait être celle de centaines d’immigrants qui arrivaient toutes les années au pays situé le plus au sud de l’Europe.
- Selon mes enquêtes, une des mafias les plus puissante dans le trafic des pateras est contrôlée par un italo-américain qui se nomme…
- Ne dis rien: Don Mascarpone, n’est-ce pas? – sourit le rouquin.
- Tu le savais? – questionna la brunette en dépassant par un entrebâillement de la porte.
- Nous aussi sommes à sa recherche. – expliqua Spirou – C’est à cause de lui qu’un ami est dans un hôpital de l’Espagne, avec une maladie cérébrale pour laquelle on ne sait pas l’origine…
- Désolé pour votre ami… - regretta-t-elle avec sincérité.
- Merci. – lui remercia le rouquin – Et puis, nous avons quelques comptes à régler avec ce type. – ajouta-t-il – En réalité, Don Mascarpone…
- … c’est Vito Cortizone, l’ancien chef de la “Cosa Nostra” new-yorkaise, pas vrai? – finit-elle.
- Tu le savais?
- Quand je fais un reportage d’investigation, j’aime arriver au fond des choses. – la jeune femme sortit finalement de la salle de bain, vêtue d’une djellaba couleur saumon, avec un fin pantalon de lin assorti – Voilà! Comment tu me trouves?
- Tiens! Tu es… - s’exclama Spirou stupéfié, sans savoir quoi dire – à dire vrai, ça te vas bien…
- Merci beaucoup – sourit-t-elle flattée – Bien, poursuivons avec ce que j’allais te raconter… Vito Cortizone s’était échappé il y a un an et demi, pendant qu’il était escorté à Sin-Sin… il paraît qu’il a reçu de l’aide de la part d’un complice, mais rien de concret pour l’instant… Ce qui est sûr, c’est qu’il parvint à s’installer au Maroc, où il travailla dans plusieurs emplois et fondé quelques commerces qui ont échoué à cause d’accidents fortuits, avant de se refaire un nom comme organisateur de voyages en patera. D’après ce que j’ai découvert, notre supposé Don Mascarpone envoie de la main d’œuvre principalement à trois personnes:

“Le premier c’est Antonio Pérez, un magnat assez connu de la Costa Brava. Il s’amassa une fortune pendant un an avant avec un investissement qui finit par se dévoiler comme une des pires fraudes financières de la dernière décennie. Après un jugement qui dura presque deux ans et cinq mois, il fut relâché en liberté conditionnelle, à la grande indignation des familles affectées. On croit qu’il est derrière la manufacture et distribution de vêtements et sacs à main de marques falsifiées, qui sont vendus après aux marchés aux puces de toute l’Espagne, mais la police n’a encore trouvé aucune preuve qui puisse l’inculper.
“Le seconde se nomme Rodríguez – j’ignore son prénom – et il est propriétaire de plusieurs plantations de tomates au sud d’Almería qui utilisent comme main d’œuvre des immigrants sans papiers. Le peu d’ouvriers qui ont osé le dénoncer disent que les travailleurs faisaient quatorze heures de travail par jour, ils étaient mal payés et dormaient entassés aux magasins dans la propre plantation. Rodríguez a été sanctionné tant de fois, au point même de s’enfermer lui-même dans une de ses pépinières l’année dernière, mais comme il est un des grands producteurs dans la zone, la plupart des politiciens locaux préfèrent faire comme s’ils n’avaient rien vu…
“Le troisième c’est un dénommé Miguel Basco, supposé neveu d’Antonio Pérez. À part son aspect, je ne sais pas grand chose de lui, même pas dans quelle classe d’affaires il gère. Et c’est pour ça que je suis ici.”

- Tu veux dire – questionna Spirou – que tu es venue pour découvrir cela? Et comment?
- C’est pour ça que je me suis habillée comme ça. – sourit-t-elle en signalant sa djellaba – Mais il me faut encore une touche finale… - ajouta-t-elle en recueillant l’abondante chevelure en un chignon – veux-tu me passer le mouchoir?… Merci… - elle ajusta le mouchoir que Spirou lui avait passé sur son chignon et puis l’attacha sous son menton, laissant ainsi sa tête totalement couverte – Voilà. L’avantage d’être brune et de peau mate c’est que je peux passer parfaitement pour une femme locale…
- Une minute… Tu ne prétends pas…??? – s’exclama Spirou en comprenant finalement ce qu’elle proposait faire.
- Exact. – lui confirma la brunette – Je vais me faire passer par une marocaine qui veut arriver en Espagne en patera.

***

- Laissez–nous sortir d’ici, nom de nom!! – criait Fantasio complètement furieux, encore enfermé avec Karim dans la salle d’interrogation du commissariat - Nous sommes ici depuis trois heures! On crève de chaleur, nous avons faim et soif et j’ai besoin d’aller aux toilettes!
- Inutile de crier. – lui dissuada Karim, déprimé – Ils ne nous sortiront pas d’ici, à moins qu’on leur dise ce qui leur intéresse. La violence policière n’est pas rare dans ce pays et est consentie par la plupart de la population, sous prétexte de que ça améliore la sécurité nationale… Ce qui m’étonne, c’est qu’ils ne nous ont pas encore donné une raclée…
- Quoi?! Mais ça c’est injuste!! – protesta le blond, se traînant avec la chaise à laquelle il était menotté et commençant à frapper la porte – Torturer des détenus va contre la convection de Genève! J’exige un avocat!
- Arrête! Tu vas t’écraser l’épaule, et puis tu me fais mal à la tête avec tes cris!
- Oui, bien sûr, pardonne-moi de nous vouloir sortir d’ici! – cria Fantasio sarcastique.
- Je te rappelle que si TU n’aurais pas attiré l’attention au bureau de Mascarpone, nous ne serions dans cette situation!!

Fantasio voulut protester, mais voyant qu’il ne pouvait trouver un argument de poids, il se tut, déviant le regard, ronchon, vers l’autre coté de la pièce. Karim fit la même chose, encore fâché avec le blond pour l’avoir mis en pareil embrouillement.

- Je… j’ai pas pu m’en empêcher… – se justifia le journaliste après un temps de silence – J’ai vu dans la liste de clients de Vito une connaissance… Il a changé son nom et son aspect, mais je reconnaîtrais cette canaille quelque part… Je dois avertir Spirou le plus vite possible…

Ces paroles et la façon dont Fantasio les prononça, comme s’il annonçait l’arrivée de quelque chose de terrible, fit que Karim regardait de nouveau dans sa direction.

- Tu m’effraies… À qui te réfères-tu exactement?
- À une personne que j’aurais jamais voulu rencontrer et encore moins dans ce pays…

***

- Mais t’es devenue folle, Ororéa?! – pendant ce temps, Spirou essayait de dissuader son amie de continuer avec son plan – Traverser le détroit de Gibraltar en patera c’est suicidaire!
- Je n’allais pas vraiment monter dans la patera. – lui assura-t-elle – Je veux seulement m’approcher suffisamment de Miguel Basco pour découvrir de lui tout ce que je peux… le jour où la patera partira, je m’en retirerai discrètement. Je perdrai assez d’argent dans le procès, mais ceci est la seule façon dont on peut sortir ces sales affaires à la lumière…
- Malgré ça, j’insiste que c’est trop dangereux… - objecta le rouquin – Imagine qu’ils te repèrent, tu serais seule face au danger!
- Non plus déjà. – sourit Ororea à l’air espiègle – Maintenant que je t’ai rencontré, tout sera beaucoup plus facile.
- Alors tu veux que je t’accompagne?
- Presque… Tu sais comment manier un appareil-photo?
- Moi? Ben… plus ou moins… quoique les photos que je fasse ne sont pas aussi bonnes que celles de Fantasio…
- Aucune importance, ça suffit que tu sais les faire! Écoute, je te dirai ce qu’on va faire…

***

Espagne, nation que les étrangers connaissent par le surnom de “Pays du soleil”, ne présente pas toujours un temps si clément. Même si rares en comparaison avec les jours de beau temps, il arrive parfois que quelques nuages provenant des pays plus au nord soient traînées par un capricieux vent atlantique, embrumant l’habituellement lumineux ciel espagnol.

C’était justement le cas en ce moment au port d’Almería. La mer était piquée et les bateaux de pêche, qui avaient l’habitude de pêcher près des côtes, étaient amarrés au quai, se balançant au rythme des vagues plus violentes à chaque fois. En marin expert, John Helena savait qu’aujourd’hui était un mauvais jour pour aller à la mer… mais il n’avait plus le choix.

L’absence de nouvelles sur l’actuelle situation de Spirou et Fantasio, desquels il ne savait rien depuis quatre jours entiers, l’inquiétait. De plus, Helena savait qu’aurait lieu bientôt un nouvel envoi massif de pateras. Les immigrants qui ne couleraient pas avec ces faibles embarcations à cause de la tourmente qui s’approchait dangereusement des eaux du détroit, en arrivant en Espagne ils seraient exploités jusqu’à l’épuisement ou bien obligés à engager certains “travaills” pour survivre… un destin en quelque cas pire que la mort.

Le pire était que l’Interpol était sur ses pas. Il était bien conscient que les hommes de ce Van Merkel (avec lequel il avait entendu se disputer la docteure le jour précédent) l’avaient suivi jusque là. Il avait tenté de les désorienter, obligeant le conducteur de taxi à faire un détour par l’autoroute. Il avait réussi, mais temporairement ; maintenant les deux agents le cherchaient dans la masse, où il s’était caché, derrière un container de cargaison.

Il était coincé et il ne lui restait plus de temps.

La situation était désespérée.

Les pas des deux agents étaient de plus en plus proches. Rapidement l’ex-présidaire releva la manche gauche et ligota la bande élastique autour de son bras, au-dessus de l’inflexion du coude. Pendant que la veine de son bras s’enflait, Helena chargea la seringue avec 0.5 ml de diazépam, comme il avait vu faire maintes fois la Docteure Torres quand une attaque lui arrivait. Avec tout le sang-froid qu’il fut capable, il s’injecta le contenu.

Il voulait s’assurer qu’il avait un bon pouls quand il s’affronta aux deux agents.

Il saisit bien fort dans sa main droite un bistouri (le plus semblable à une arme qu’il avait trouvé dans l’hôpital, le même avec lequel il avait menacé le conducteur de taxi pour l’obliger à faire ce qu’il voulait) et attendit…

***

La suivre là où elle allait. Prendre des photos de tout ce qui arriverait, regarder avec qui elle conversait, surveiller tous ses mouvements. Voir et documenter tout sans être vu et intervenir si la situation le requérait.

Ceci était initialement le plan élaboré d’Ororéa. Et même si Spirou n’avait pas été très convaincu, il accepta de l’aider, surtout parce qu’il était réticent à laisser la jeune femme seule avec ces énergumènes. En fin de compte, elle était son amie et devait veiller sur elle…

Malheureusement dans son présent état de santé, affaibli à cause de la déshydratation produite par la diarrhée persistante, le rouquin n’avait pas toutes las chances de son côté. Au cas où, outre que l’appareil-photo et Spip, il avait emmené avec lui une abondante provision d’eau et ce jus miraculeux qu’Ororéa lui avait donné.

Au même moment la jeune femme était arrivée face à une maison à l’air abandonnée, à en juger par l’état lamentable des murs et les fenêtres clôturées par des planches de bois. Selon Ororéa, ceci était le lieu auquel allaient les pauvres insensés qui désiraient un voyage vers l’Espagne en une des pateras de Don Mascarpone. Si ne ce n’était pas de cette information apportée par sa collègue de profession, Spirou aurait cru qu’il s’agissait d’une des maisons du quartier pauvre de Rabat et que cet aveugle qui était posté à la porte n’était qu’un parmi d’autres mendiants qui abondaient dans la cité.

Mais cet aveugle ne l’était pas, comme Spirou ne tarda à savoir quand, après qu’Ororéa s’adressait brièvement à lui, le vieillard abaissa légèrement les lunettes de cristal noir et, après avoir constaté qu’il n’y avait personne aux alentours, commença à fouiller les possessions de la fille, le sac en premier lieu.

- Désolé mon ami, mais tu ne trouveras aucun appareil-photo, parce que c’est moi qui l’ai. – murmura Spirou en focalisant l’objectif de son poste d’observation, dans une ruelle entre deux bâtiments, unes rues plus haut – Et tu vas avoir l’honneur d’être le premier sur cette carte de mémoire…
- Bof, quel gaspillage… ce mec n’est pas très photogénique, à mon avis… - signala Spip

Le reporter-aventurier continua, prenant des photos à mesure que l’exhaustif procès de fouillage était réalisé, passant des objets personnels d’Ororéa jusqu’à ses vêtements. Cependant la jeune femme considéra, et avec toute la raison du monde, que l’aveugle était outrepassant ses pouvoirs quand il commença à tripoter ses seins, et elle répondit face à telle offense en lui donnant un coup de pied au milieu de ses parties intimes.

Secrètement Spirou eut pitié par le pauvre type. Quand elle sortait son génie, les coups de pied d’Ororéa pouvaient être terribles, surtout dans une zone si sensible pour le genre masculin.


Mais il se mit de nouveau en alerte quand il vit de sa position un autre homme s’approchant d’Ororéa. Il était assez haut, de constitution ni maigre ni musclée, cheveux noirs à plat et des lèvres desquels pendait une cigarette, ébauchant un sourire malin. Il était clairement occidental, à en juger par le ton pâle de sa peau, qui contrastait avec le ton mat des habitants autochtones de la cité, et sa tenue, consistant en un tailleur gris avec une chemise blanche mi-ouverte. Il avait quelque chose en ce type qui lui était familier quoique le rouquin n’arrivait pas à se souvenir en quoi il lui était connu…

La photographe se retourna en entendant les applaudissements qu’un type habillé au style occidental lui dédicaçait en approbation à son action. Ororéa le reconnut rapidement comme Miguel Basco, l’homme qu’elle cherchait.

- Mes félicitations, mademoiselle! Par ce que j’ai pu voir, vous savez vous défendre assez bien… - dit le magnat s’approchant d’elle, pendant que deux gardes du corps au mauvais caractère le flanquaient.
- Disons plutôt que j’ai un grand sens de la pudeur. – répliqua Ororéa le regardant avec méfiance. Une méfiance qu’à son avis ce type méritait bien; mis à part les turbulentes et inconnues affaires qu’il avait avec Vito Cortizone, alias Don Mascarpone, il y avait quelque chose en lui qui poussait la jeune femme à penser que cet homme était louche…
- Je comprends vos réserves, mais vous n’avez pas besoin d’être si timide. – Miguel Basco était dangereusement près d’elle, même au point de se permettre le luxe de passer son doigt sous le menton de la photographe – Comme ça, vous ne réussirez jamais à attirer un prétendant… - ajouta-t-il d’un air insinuant.
- Je vous remercie pour votre souci, mais je suis déjà mariée. – fulmina-t-elle écartant cette main d’un geste peut-être trop brusque – Mon mari s’en est allé vers l’Espagne un mois avant et il veut maintenant que nous allions vivre avec lui… moi et notre bébé. – ajouta-t-elle en se caressant le ventre – Mais tous les deux sommes pauvres et nous n’avons pas assez d’argent pour acheter un billet d’avion. En plus, ma famille est saharienne, et donc je n’ai pas le passeport en règle… C’est précisément pour ça que je suis venue à solliciter les… services de Don Mascarpone. Un ami m’a dit que je devais venir ici pour parler avec lui…

Bien sûr Ororéa n’était pas mariée, non plus enceinte, elle avait suffisamment d’argent et tous les papiers en règle; c’était l’alibi qu’elle avait préparé en détail afin d’être suffisamment convaincante pour s’infiltrer sans problème.

Apparemment elle avait réussit, puisque Miguel Basco resta pensif un instant, s’arrachant le menton, son regard scrutateur qui montrait un grand intérêt.

- Je vois… Bien, mademoiselle, vous devez savoir que non seulement vous êtes venu au lieu indiqué mais vous avez aussi rencontré la personne adéquate.
- Alors, vous êtes Don Mascarpone? – questionna Ororéa. Elle devait faire que son interprétation soit encore plus convaincante, ce qui en ce cas impliquait jouer à l’ignorante.
- Bof, bien que j’aimerais! – souffla–t-il d’un ton méprisant – Ce gros présomptueux ne s’occupe jamais de ses clients personnellement… en revanche, moi oui. – finit avec un sourire – Permettez-moi de me présenter: mon nom c’est Miguel Basco. Je suis… un client habituel de Don Mascarpone.
- Je suppose que vous ne vous référez pas aux clients comme moi... – ironisa la jeune femme. L’autre rigola en réponse.
- Non, vous avez raison. Je suis plutôt un des clients qui donnent des emplois à d’autres clients… vous savez… – dit-il en lui faisant un clin d’œil – Mademoiselle, moi je vous aime bien. Je crois que vous seriez parfaite pour mon business…

‘Je t’ai’ pensa Ororéa ébauchant un sourire. Elle fit comme si elle s’était retouché les cheveux, activant dans le geste un magnétophone camouflé en une épingle à cheveux. Un cadeau d’une collègue qu’elle avait connu dans une convention il y a longtemps et que dans cette occasion lui serait bien utile pour obtenir une preuve gravé des redoutables affaires auxquels Don Mascarpone était associé…

- Et quelle sorte d’emploi voulez-vous m’offrir? – questionna-t-elle faisant comme si elle était intéressée.
- Ça je préférerai en parler dans un autre lieu… - répondit Miguel Basco en la conduisant avec sa main – J’ai un local propre deux rues plus bas… là nous serons plus tranquilles…

Toutes les alarmes s’activèrent dans l’esprit de Spirou, lorsqu’il vit que le type d’avant, après une courte conversation avec Ororéa, la menait à un autre endroit, l’éloignant de la maison abandonnée. L’intuition du rouquin le conduit à penser que s’il la laissait faire, quelque chose de mauvais lui arriverait, raison pour laquelle il abandonna vite sa cachette, prêt à les suivre en discrétion.

Ou au moins c’était son intention avant que quelqu’un le frappe à la tête, le laissant inconscient.

***

L’inspecteur Van Merkel était franchement irrité.

Les deux hommes qu’il avait envoyés sur les traces de John Helena l’avaient perdu de vue dans l’autoroute, au trajet entre Guadix et Tabernas, où le taxi prit un détour inattendu. Puis ils l’appelèrent pour lui informer qu’ils étaient arrivés à Almeria et qu’ils avaient Helena, pris au piège dans le port, et qu’il serait juste une question de temps pour le rattraper. Et voilà qu’à peine une minute après, une femme médecin de l’Unité des Soins Intensifs l’appelle en lui disant qu’ils ont trouvé deux hommes identifiés comme agents de l’Interpol, tous les deux blessés par une arme blanche de lame courte et aiguisée. Et à l’un d’eux lui était enlevé son pistolet réglementaire.

Arme avec lequel en ce moment John Helena menaçait la vie d’un petit groupe de pêcheurs, auxquels il avait pris en otage avec leur bateau. Les respectives épouses étaient hystériques, la zone coordonnée par la police locale, à peine retenant les curieux qui s’étaient approchés pour voir ce qui se passait. À tout cela s’ajoutaient deux véhicules de patrouille situées des deux côtés du bateau détourné, à une distance prudente et sans oser intervenir par peur d’attaquer les otages dans la fusillade.

Avec pareille situation, il n’était pas étonnant que la première chose qui fit l’inspecteur, à peine arrivé à l’ambulance où ses hommes étaient soignés de leurs blessures, fut de gifler celui qui s’était fait emprunter l’arme.

- Bravo! Je vous félicite! – leur fulmina-t-il, furieux.
- I-inspecteur, il a résisté plus de ce que nous avions prévu et… - tenta de justifier le copain de celui qui avait reçu la claque au nom des deux.
- Je vous avais averti pourtant que cet homme était fuyant et dangereux! – poursuivit en grondant son chef, immunisé à leurs excuses – On ne l’a pas surnommé “la murène” pour rien! Bande d’incapables…

Il grogna, frustré et, d’un geste irrité, sortit le portable de sa poche et composa un numéro dans son agenda. Après avoir patienté une minute, il eut lieu une longue conversation téléphonique:

– Devrais, passe-moi le lieutenant Oosterwijk, je dois parler avec lui immédiatement sur l’ordre d’arrestation pour John Helena… Comment ça que ça va être pas traité pour l’instant!?… J’en veux pas des excuses de fonctionnaire, Devrais, passe-moi le lieutenant TOUT DE SUITE!… Lieutenant Oosterwijk, ici l’inspecteur Van Merkel… il s’agit de John Helena, qu’est-ce qui se passe avec l’ordre de…? Manque de preuves?? Lieutenant, cet homme est suspecté de complicité dans un délit de trafic de drogues! Il a eu des antécédents pénaux pour un crime similaire! Il s’est évadé de l’hôpital où il était admis, a blessé deux de mes agents et a pris des otages! Est-ce que ça ne compte pas?! Demain?? On ne peut pas attendre jusqu’à demain!! N-non, monsieur je ne questionne pas vos décisions mais…! Oui…. oui, à vos ordres Lieutenant.

Il raccrocha le portable, encore plus frustré qu’avant. Ce n’était pas la réponse qu’il attendait.

Pour se calmer les nerfs il s’alluma une cigarette. Telles qu’étaient les choses, il n’avait autre alternative que de collaborer avec la police locale pour qu’ils enferment Helena le temps suffisant pour que l’ordre d’arrestation international fut traité. Se servant de ses notions limitées d’espagnol, il tenta de demander à un des agents de la police présents qu’il l’emmène à son supérieur, mais soit lui-même ne savait pas bien s’exprimer, soit le policier était incapable de l’entendre avec toute la foire que la foule de curieux organisait.

Soudain, l’agent se tendit et regarda à sa droite. Van Merkel regarda dans la même direction et vit une Volkswagen noire duquel venait de sortir un homme habillé en un long manteau noir, visage dur creusé par des rides qui lui donnaient un air de chien vétéran.

- Comisario Castilla – l’aborda un des policiers, l’accueillant avec une salutation – nous vous attendions.
- Je vais être clair: - ce fut la première chose que dit le commissaire, avec sa rauque voix – On m’a dit de venir depuis Grenade, ce foutu ulcère me tue, j’ai pas fermé l’œil de toute la nuit et ma fille se marie demain… Alors épargnez-moi les formalités et expliquez-moi qu’est-ce qui se passe ici brièvement.


***

- Je vois… - murmura Karim pensif lorsque Fantasio lui expliqua qui était la personne auquel il avait vu dans les archives au bureau de Don Mascarpone – Mais… est-il vraiment si dangereux, ce type?
- S’il ne l’était, je ne serais pas si inquiet. – assura le journaliste – Nous ne pouvons rester ici une minute de plus… s’il s’est allié avec Vito Cortizone, visiblement ce sera pour rien de bon, le crapule…
- Pff… quand on pourra sortir d’ici, nous aurons plus d’années que ma grand-mère … Et elle est bien vieille, l’an dernier elle célébra ses 110 ans! – soupira l’Arabe avec résignation.
- Je ne crois pas. – sourit le blond – Nous avons un as sous la manche…
- Tu veux dire ce policier que tu as reconnu auparavant? Celui que tu as appelé Raulo?
- Raulo a de policier ce que j’ai de Mata Hari… En revanche, il est un vrai idiot et ça, mon cher ami, peut jouer à notre faveur…

***

La docteure arriva avec sa voiture au port, le temps de voir la foule qui s’était formée à peine en une demi-heure avant: plusieurs voitures de la police et agents de la loi formant un cordon policier, retenant comme ils le pouvaient les curieux que ne lassaient de venir en masse, pendant que d’autres surveillaient un bateau de pêche sur lequel elle reconnut John Helena, visant avec un pistolet à l’équipage, constitué d’environ une demi-douzaine de personnes. Environ six personnes dont leurs respectives épouses étaient au bord d’une attaque de nerfs.

Mais ce qui attira le plus son attention fut de voir, un mètre plus loin là-bas, Van Meringuel… enfin ce Van “quoique-ce-soit” conversant avec un autre homme qui était familier pour elle.

- Je remercie votre soutien, Van Merkel – écouta ce que disait son interlocuteur – mais je vous ai déjà dit que ceci est une affaire de sécurité nationale… si nous avons besoin de votre aide, on vous avisera, mais jusqu’à ce moment ce sera la Policía Nacional qui mènera l’opération…
- Mais commissaire …!
- ¿Comisario Castilla? – questionna la docteure en s’approchant d’eux– C’est vous pour de vrai?

Silvia Torres connaissait bien le commissaire Castilla. Quoique il serait plus approprié de dire qu’elle savait son historique clinique par cœur; atteint pendant des années d’un ulcère gastrique, sa maladie avait contribué à forger un visage qui dénotait son amertume et souriait de rares fois. Nonobstant il était un homme excellent et un grand policier, juste et avec un développé sens du devoir. En le voyant, se raviva pour la docteure l’espérance de pouvoir emmener John de retour à l’hôpital, évitant ainsi que Van Murriel lui mette la main dessus.

- ¡Doctora Torres! – le commissaire la salua avec une poignée de mains – Je vous croyais à l’Hôpital San Rafael…
- Justement c’est de là que je viens, commissaire. – lui expliqua-t-elle – Cet homme là est mon patient…
- … patient qui s’est évadé dudit hôpital. – lui rappela Van Merkel.
- John n’est pas dangereux, il est seulement très désespéré…
- John Helena a des antécédents pénaux et a attaqué deux de mes hommes!
- Parce qu’il se sentait coincé!
- Commissaire, je vous sollicite que cet homme soit mis sous arrestation et qu’on m’y permet et l’interroger !
- Commissaire, cet homme a besoin d’un traitement médical!
- Silence, vous deux! – ordonna le policier vétéran interrompant le duel verbal entre les deux. Puis il soupira, se massant le front d’un geste fatigué – Doctora, je comprends votre inquiétude, mais cet homme a pris des otages et notre devoir c’est de l’arrêter au moment où on s’assure qu’ils sont en sécurité… quant à vous, inspecteur, à moins que vous ayez un ordre international, ce que nous faisons ou pas c’est notre affaire, alors faites-moi le plaisir de ne pas vous mêler avec notre métier… Et assez de discussions entre vous! – ajouta-t-il en observant que la docteure Torres et Van Merkel se regardaient mutuellement avec haine – Ne m’obligez pas à vous arrêter aussi.

Après cette phrase d’avertissement, le commissaire demanda qu’on lui passe un haut-parleur pour parlementer avec le ravisseur.

- John Helena! – cria-t-il à travers l’appareil – Je suis le commissaire Castilla, de la Policía Nacional! Vous comprenez ce que je vous dis?

John acquiesça, confirmant qu’il comprenait assez bien l’espagnol… Qu’il sache en parler, c’était autre chose…

- Libérez les otages, Helena! – lui dit ensuite le commissaire – Si vous n’opposez aucune résistance, je vous promets que vous aurez un avocat et aurez un jugement juste!

Helena répondit en français, raison pour laquelle le commissaire fut incapable de comprendre ce qu’il disait.

- Van Merkel! – appela-t-il à l’inspecteur de l’Interpol – Qu’est-ce qu’il a dit?
- Il a dit qu’il n’a aucune intention de se rendre et qu’il libérera les otages quand il sera bien loin des côtes – traduit-il – Si vous me permettez un conseil, commissaire, vous ne devriez pas écouter les…
- Gardez-vous vos conseils, je vous ai demandé uniquement de traduire – l’interrompit le policier, lui faisant comprendre ainsi qu’il ne tolérait aucun genre d’intervention dans son métier – Vous compliquez votre situation, Helena! – s’adressa-t-il de nouveau aux occupants du bateau – On a plusieurs patrouilles qui vous entourent, ne faites aucune bêtise!

En réponse, “la murène” emprisonna avec le bras l’otage qu’il avait le plus proche, criant violemment pendant qu’il braquait à la tempe du pauvre type.

- Il insiste qu’on le laisse sortir du port – continua à traduire Van Merkel – Il menace avec la mort de cet otage si on ne satisfait pas ses conditions…
- ¡Dios mio, comisario, faites quelque chose, ne permettez pas qu’il fasse du mal à mon mari! – l’épouse du pêcheur, qui avait entendu cette dernière phrase de biais, saisit le bras du policier et le pinça avec anxiété.
- Comisario Castilla, laissez-moi lui parler. – intervint alors la docteure Torres – John me fait confiance, je suis sûre de pouvoir le raisonner.

Après une minute de silencieuse réflexion, et faisant la sourde oreille aux protestations de Van Merkel, le commissaire passa le haut-parleur à la docteure.

- John, c’est moi, Silvia Torres! – lui parla-t-elle en français – De l’hôpital San Rafael, tu t’en rappelles?
- Doctora Torres… - murmura Helena pour soi-même, surpris et à la fois soulagé de voir son médecin parmi la multitude. Puis il devint sérieux et dit: - Docteure, n’intervenez pas! Ceci n’est …!
- Au contraire de ce que toi et l’inspecteur Van Urkel pensez, ceci EST mon affaire! – l’interrompit-elle catégoriquement, alors qu’elle sortit un papier de son sac et le lui montra, le bras tendu vers le haut – Ce matin, j’ai reçu les résultats de tes analyses: Ce qui te produit les attaques épileptiques est un parasite que tu as dans le sang et qui est affectant aussi le système nerveux! – voyant que le fugitif se montrait plus réceptif, elle poursuivit: - On peut contrôler l’infection, John, mais tu dois retourner à l’hôpital pour commencer ton traitement immédiatement… Sinon, la prochaine attaque pourrait être mortelle!

La femme médecine soupira, mesurant les paroles qu’elle dirait par la suite.

- John, je sais que tu ne ferais aucun mal à ce pêcheur… comme je sais aussi que tu es inquiet pour ces gens au Maroc. Mais ces gars – ajouta-t-elle en faisant référence à Spirou et Fantasio – sauront résoudre la situation tous deux seuls, laisse-les s’en charger… je t’en prie, arrête cette folie! Laisse tranquille ces otages… s’il te plaît…

John baissa le regard, d’un semblant de tristesse.

- Je peux pas. – dit-il.
- John…!
- Doctora – l’interrompit-il en la regardant sérieusement – bientôt il y aura un nouvel envoi de pateras… et parmi quelques-unes unes d’elles voyage quelque chose de plus à part des vies humaines. Seulement moi sait d’où partiront ces caravanes de la mort, et je veux les intercepter avant qu’ils arrivent ici. C’est ma responsabilité! Mais vous savez aussi bien que moi que ces gens – ajouta-t-il en faisant référence à la police et à l’inspecteur Van Merkel – ne me laisseront pas partir aussi facilement. C’est pour ça que je me suis obligé à prendre des otages, pour qu’on me laisse sortir du port, même s’il doit être par la force. Vous l’avez bien dit, je n’ai aucune intention de faire aucun mal à cet homme ni aux autres… Mais si personne ne veut m’écouter, ceci est la seule façon!!

La docteure resta en silence, pensive pendant un instant. Et soudain, elle saisit de nouveau le haut-parleur et à travers de celui-ci, cria:

- John, amène-moi avec toi!

Tous ceux capables de comprendre le français, y compris l’inspecteur et John Helena, ouvrirent incommensurablement les yeux face à cette demande. Le commissaire restait en silence tense, tant que la multitude rassemblée se regardaient les uns aux autres, au bateau et à la docteure, confus, sans bien comprendre ce qui se passait.

- Tu as dit que tu as besoin d’un otage pour sortir d’ici. – poursuivit Silvia, sans être consciente de la curiosité et la stupéfaction qu’elle avait suscité avec son commentaire, se concentrant uniquement en sa conversation avec John – Mais tu as besoin aussi d’un médecin… et je peux accomplir les deux conditions! Laisse ces pêcheurs et prends-moi à leur place!

À cette phrase lui succédaient plusieurs minutes de tension, pendant lesquels John regardait avec intensité la docteure, laquelle soutenait son regard sans hésitation. Dans l’entourage, le peu de curieux qui avaient été capables de comprendre la proposition de la femme médecin, expliquaient tout au reste. Bientôt des murmures d’admiration furent écoutés et l’espérance de que tout finissait bien apparut de nouveau.

Mais il était encore nécessaire que le ravisseur consente. Tous attendaient, le cœur sur la main …

Finalement, John Helena baissa la tête et s’adressant à la multitude en espagnol rudimentaire il dit:

- ¡Comisario Castilla! Que vos hommes laissent passer la doctora Torres! Je libérerai les otages quand elle sera à bord!

Silvia Torres soupira de soulagement, pendant qu’autour elle les gens éclataient en cris de joie. Seule une personne ne semblait pas satisfaite par la façon dont l’affaire se résolut…

- Commissaire – Van Merkel le regarda sévèrement – si vous acceptez, vous aurez cédé au chantage d’un terroriste…
- Céder au chantage? – rigola à basse voix le commissaire – Dites-moi une chose, Van Merkel: seriez-vous prêt à vous affronter à la volonté de toute une population qui veut seulement voir libérés ses concitoyens?

Van Merkel compris tout de suite ce que le commissaire voulait dire. Les habitants d’Almería présents lyncheront sans égard à qui oserait placer la capture d’un criminel au-dessus des vies de ses confrères.

- Je n’aime pas non plus cette situation, mais c’est le mineur des deux maux. – poursuivit le commissaire – Tant que la docteure lui sera utile, cela au moins garantira qu’elle restera saine et sauve le temps qu’on puisse advertir à nos effectifs de Ceuta et Melilla… Pour l’instant ceci est tout ce qu’on peut faire… - ensuite il s’adressa au policier de rang supérieur dans le lieu – Ordonnez aux hommes qu’ils écartent la multitude et laissent un corridor pour que la Doctora Torres puisse passer.
- A sus órdenes, comisario!

En question de minutes, le cordon policier fut élargi, laissant une voie libre pour que la femme médecin puisse arriver au bateau sans problème. Celle-ci de sa part, saisit ses affaires et se disposa à partir.

- ¡Gracias, doctora, mil gracias! – pleurait l’épouse du pêcheur, émue – Vous lui avez sauvé la vie!
- Ne criez pas victoire avant de le tenir dans vos bras… - lui dit prudemment la médecin.
- Vous êtes sûre de ce que vous faites, docteure? – questionna un des médecins de la USI.
- C’est la seule façon de le convaincre. Et puis cet homme a besoin de mes soins…
- Dans ce cas, je vous prête ceci. – ajouta-t-il lui donnant une trousse à pharmacie pour urgence – Peut-être que ça vous sera utile…
- Merci… j’allais vous le demander de toute façon, parce qu’à dire vrai j’avais emmené seulement du phénobarbital et quelques seringues – admit-elle.
- Je tenterai de faire le possible pour qu’on vous rachète une fois en terre ferme, doctora – lui assura le commissaire.
- Vaut mieux s’occuper de ces gens qui vont arriver, comisario. Helena m’a révélé qu’on est en train d’envoyer plusieurs pateras. – lui informa-t-elle.
- Nous serons alertes… Bonne chance.

Finalement, la médecin resta seule, face-à-face avec l’inspecteur Van Merkel, qui résistait à lui laisser le chemin libre. Pourtant, face aux insistants regards de la foule, il dut céder et la laisser passer. Sans dire un mot, elle se dirigea vers le bateau où Helena et le dernier otage avec lequel elle allait intercharger, l’attendaient.

- J’ai l’impression que vous êtes très “responsable” avec vos patients, docteure Torres… - lui dit soudainement l’inspecteur lorsqu’elle passa de son côté – Ou est-ce qu’il y a peut-être un motif personnel qui vous pousse à être si compatissante?

Silvia Torres à peine put retenir son sursaut. Maudit sadique, comme il aimait mettre le doigt sur la plaie…

Parce qu’il était certain que pendant les conversations avec son patient, la docteure avait fini par le prendre en affection. À quel point cela était profond, même elle ne le savait pas… elle n’avait jamais expérimenté l’amour, puisque sa carrière était si dure qu’elle dut sacrifier même sa vie sentimentale… Mais une chose était vraie; ce qu’elle ressentait envers John Helena, elle ne l’avait jamais ressenti pour personne…

Mais elle ne voulait jamais que ce crétin le sache.

- Je me questionne la même chose, inspecteur… est-ce qu’il y a peut-être un motif personnel qui vous pousse à harceler ainsi John Helena?

Par l’expression contrariée du visage de l’agent de l’Interpol à cet instant, elle sut qu’elle était dans le mille. Elle sourit, savourant sa victoire.

- Si vous n’êtes pas prêt à répondre à ma question, inspecteur – elle finit en reprenant son chemin – alors je ne suis non plus prête à répondre à la vôtre.

La docteure marchait d’un pas ferme jusqu’à la rampe d’accès du bateau. Simultanément, John lâcha son prisonnier, le poussant en direction contraire à celle de la docteure. Les regards du pêcheur et la femme médecin se croisèrent un instant. Dans ce millésime de seconde elle vit la reconnaissance dans ces yeux et sourit, satisfaite.

Soudain, une main agrippa la sienne et la traîna au pont du bateau. Helena la saisit comme il avait fait quelques seconds avant avec le pêcheur, le canon du pistolet sur sa tempe. Elle avait oublié pendant un instant que maintenant c’était elle la prisonnière…

Puis, John donna un coup de pied à la rampe et laissa le bateau, maintenant sans cordages l’amarrant au quai, s’éloigner du port mené par les vagues.

- Désolé de vous avoir mêlée dans tout ça. – lui chuchota-t-il à l’oreille.

La docteure ne répondit pas immédiatement. Au lieu de ça, elle regarda les pêcheurs fêtant qu’ils s’étaient enfin réunis avec leurs familiers dans le lointain.

- C’est n’est rien. – dit-elle finalement sans dévier le regard – En fin de compte les médecins vivent pour la santé des autres… et donc, pour leur bonheur. Cela nous est suffisant.
- Et vous?

Silvia soupira, résignée.

- Je ne partage ma vie avec personne. Alors qui va me regretter, à part mes patients?
- Vos parents? – questionna John.
- … On ne se parle pas depuis des années. – fut sa seule réponse.

Cette fois ce fut John qui resta silencieux pendant un bon moment. Le bateau s’était tant éloigné que le port d’Almeria n’était plus distinct à peine. Seul se montrait son profil par les lumières de la cité.

- Alors, c’est pareil pour les deux. – murmura-t-il – On est complètement seuls au monde…


***

Ororéa gémit quand elle se réveilla menotté à une chaise dans le local auquel Miguel Basco l’avait conduit. Comment avait-elle pu être si stupide de tomber dans un piège si évident? Peu de temps après avoir tourné dans la rue, un des deux gardes du corps l’avait saisie par derrière et l’avait endormie avec du chloroforme. À partir de ce moment, elle n’avait pas conscience du temps qui s’était passé et d’où exactement elle se trouvait. Si seulement Spirou pouvait la sortir d’ici… mais l’absence du rouquin dans cette chambre ne présageait rien du bon; soit qu’il l’avait perdue de vue, soit qu’il lui avait arrivé quelque chose de mauvais…

- Elle n’avait rien dans son sac – dit une voix derrière elle. Le type avait un accent bizarre… tchéslovaque, russe ou quelque chose semblable à cela… - L’“aveugle” fit bien son travail.

Aucune voix ne lui répondit, mais peu de secondes après la photographe vit que le même Miguel Basco apparut devant elle et la regardait d’un air suspicieux. Soudain, il la saisit violement du mouchoir et des cheveux, lui faisant échapper un cri de douleur. La main de l’homme se rampa sous le mouchoir, sortant le magnétophone en forme d’épingle.

- Pas tout à fait. – répliqua-t-il en lançant l’objet à son complice – Tu croyais bien que tu pourrais me tromper, hm? – ajouta-t-il en arrachant le mouchoir d’un mouvement rapide. Puis il la tira de ses cheveux, l’obligeant à lui regarder face-à-face - Alors? Pour qui est-ce que tu travailles? La police? Interpol? Ou bien peut-être que ce crétin de Mascarpone ne me fait plus confiance et t’a envoyée pour m’espionner? Réponds!

La seule réponse qu’il reçut de la part de la photographe fut un crachat en plein visage. Avec toute la dignité du monde, le délinquant sortit un mouchoir avec lequel il s’enleva la salive de la jeune femme. Il fit claquer des doits et un de ses gardes du corps apparut pour gifler la fille.

- Tu parleras, ou on te fera un nouveau visage? – questionna Miguel Basco.
- Si vous croyez vraiment qu’en me maltraitant vous allez obtenir quelque chose de moi, vous êtes bien trompé de personne! Sachez que je suis journaliste et j’ai dû traiter avec des types pires que vous!
- Alors journaliste…
- Oui, et quand je dévoile ce que j’ai trouvé sur vous, votre affaire tombera à l’eau! – face au regard surpris de l’homme, Ororéa poursuivit: - Je sais que la majeure partie de la “marchandise” que vous demandez à Don Mascarpone sont des femmes… je soupçonne que beacoup de proxénètes espagnols payeront cher pour des beautés venues du continent africain qui puissent travailler à prix réduit, pas vrai? Oui, monsieur Basco, c’est maintenant que je vois bien quelle sorte d’affaires vous avez en mains! Les immigrantes qui arrivent en Espagne grâce à vous sont livrées aux mafias pour exercer la prostitution par la force!

Miguel Basco rigola face à cette conclusion.

- Bravo, Sherlock! – la félicita-t-il – J’admets que vos déductions sont assez raisonnables… et pourtant… - ajouta-t-il - complètement erronées…

Ororéa fronça les sourcils. À quoi est-ce qu’il se referait avec ça? Si ce n’était pas ça… alors quoi?

Le délinquant sortit une petite bourse contenant une poudre marron et la jeta sur la table de la chambre. Puis, il se retourna vers elle et sourit.

- Les femmes sont parfaites aussi comme courrier de drogue… surtout celles qui sont enceintes…

Quand la jeune femme, horrifiée, commençait à entrevoir ce que Miguel Basco prétendait faire avec elle, elle sentit soudain une piqûre en son bras droit. Elle tarda en à peine unes secondes à se sentir fatiguée et peu à peu, les yeux se fermèrent jusqu’elle s’endormir complètement.

- Appelle nos contacts en Mauritanie – entendit-elle du trafiquant à son homme de confiance avant de s’évanouir complètement – Et dis au docteur de préparer ses outils; bientôt nous lui envoyerons plusieurs paquets pour remplir…


À SUIVRE…



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MessagePosté: mar 10 avr 2007 17:18 

Longue vie à Spirou-fandom !
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Youpi ! Je suis la première à pouvoir poster un commentaire là-dessus :mrgreen: !

D'abord, Amber, c'est un chapitre ex-cel-lent ! J'aime la petite chicane entre Fantasio et Karim, j'aime voir Spirou dans sa faiblesse, j'aime le côté fonceur d'Ororéa, j'aime ce qui se passe entre Torres et Helena (ahh, c'est mon côté romantique incorrigible :roll:)...

Mais ce qui m'a vraiment frappé, c'est la fin. C'est tellement salaud ! Encore plus que dans mes fics ! Au moins, ça me rassure, puisque que ce n'est pas moi qui écrit la suite ^^ Je n'aurai donc pas à me casser la tête pour savoir qui a frappé Spirou...

Bonne chance, Horto ;) !


EDIT : * Vient d'apprendre qu'Horto ne pourra pas pour le moment, ce qui veut dire que c'est son tour. *

Arg ! Bonjour, le casse-tête ! :evil no: :roll: (lol)

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MessagePosté: mar 10 avr 2007 19:58 

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En fait, au principe Silvia Torres fut creé comme un personage très secondaire... mais aprés le chapitre posté par Averell, et plus concrétemet la derniére escéne, j'ai inmédiatement envisagé la posibilité d'une relation plus profonde entre elle et John Helena (oui, moi aussi je suis une romantique incorrigible XD) et accésoriement lui donner un rôle plus important et une personalité plus definie... Au final le résultat a eté mieux de ce que j'avais envisagé! :ok:

Citation:
EDIT : * Vient d'apprendre qu'Horto ne pourra pas pour le moment, ce qui veut dire que c'est son tour. *



NOOOOOOOON! Pas posible on a de moins en moins auteurs dans cet proyect!! :cry: Faut faire un appelle massive, le fic est en train de couler comme une patera! (jamais mieux dit :P)

Edit: Trichoco, si tu nous lis encore, ceci est un bon moment pour faire un come-back! :siffle:

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MessagePosté: mer 11 avr 2007 08:22 

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Non, je veux bien écrire la suite, mais en mai, pas avant. Vu le temps qu'on a passé sans nouvelles, je ne crois pas que cela devrait poser un problème.

Je propose d'écrire une partie, et Amber un dernier pour la conclusion. ça vous va??

Je ferais une critique: c'est un chapitre très, très looong!! Je crois que pour le prochain fandom, il faut penser à écrire des chapitres plus courts, car les lecteurs n'aiment pas lire autant en une fois!

Je reviendrai lire la suite, pour m'imprégner de tous les éléments de cette histoire.

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MessagePosté: mer 11 avr 2007 15:22 

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Horto a écrit:
Je ferais une critique: c'est un chapitre très, très looong!! Je crois que pour le prochain fandom, il faut penser à écrire des chapitres plus courts, car les lecteurs n'aiment pas lire autant en une fois!


C'est du Amber tout craché :mrgreen: Moi, ça ne m'a pas dérangée, je suis habituée, mais il est vrai qu'il faudrait séparer ce chapitre en chapitres plus courts ;)

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MessagePosté: mer 11 avr 2007 16:20 

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Ouais, ceci des chapitres longs c'est une mauvaise côutume mienne ^-^U, desolé...

En ce qui concerne au prochain chapitre, si ça te posse un probléme de bosser avant Mai, Horto, on pourrait intercharger ton tour et celui de Kris, si elle est d'accord...

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MessagePosté: mer 11 avr 2007 19:14 

Longue vie à Spirou-fandom !
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Oui, je ne vois pas de problèmes...

Juste celui de sortir du pétrin certains personnages, mais je devrais y arriver :mrgreen:

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MessagePosté: mer 11 avr 2007 20:36 

Ororéa fan #1 :P
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Ok, liste du premier post misse à jour ^^

Bonne chance, Kris! ;)

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MessagePosté: dim 13 mai 2007 17:50 

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Juste un message pour dire que je suis vivante (lol ^^) et pour m'excuser de ne pas avoir encore commencé l'écriture. Il faut dire que je tenais à terminer mes travaux de fin d'année...

Mais maintenant que j'ai moins de "rush", je vais relire les cinq chapitres, pour être mieux inspirée. Et, rassurez-vous, j'ai une petite idée de comment commencer ce sixième chapitre... ;)

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MessagePosté: dim 13 mai 2007 20:23 

Ororéa fan #1 :P
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Tiens justement j'allais faire un post d'attention ^_^U Hereusement que on sait enfin des nouvelles, je craignais qu'on arriverait à Juin sans avancer...

Courage, Kris! May the force be with you...! Oups, non, ça c'est d'autre fandom :P

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MessagePosté: ven 18 mai 2007 18:16 

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Dernières nouvelles ! Après relecture des chapitres, j'ai fait un plan et commencé l'écriture du chapitre 6. Environ 1220 mots pour le moment (et c'est loin d'être fini ;))

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MessagePosté: sam 19 mai 2007 18:18 

A diamond, it's just a rock?
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de la lecture en perspective,et un peu de temps suplémentaire pour moi. Parfait!

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