Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

L'actualité du journal qui va avec la série

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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Numéro 4377 du 2 mars 2022

Spécial science-fiction (spécial par le thème, donc, et pas par la forme) vraiment exceptionnel, puisque toutes les BD de ce numéro sont sur ce thème, les histoires courtes évidement, mais aussi les séries de gags, et même les histoires à suivre, normal pour Yoko Tsuno et Frnck, mais même JKJ Bloche; ben oui, Jérome se marie dans ce numéro (enfin, presque, je ne vais pas déflorer l'histoire), si ce n'est pas de la SF, ça...

Fin de l'histoire de JKJ Bloche, "Et pour le pire", donc, histoire dans laquelle Dodier construit parfaitement sa série dans une fusion entre le local (tout se passe dans un petit périmètre, et l'on retrouve toute la bande de Jérome, sa famille en quelque sorte) et le global (ses amis viennent du monde entier, jusqu'à Babette, d'origine russe (elle porte le même nom que cet architecte, futuriste, qui va donc bien avec ce numéro ).
JKJ Bloche est l'une des séries du journal qui vivent le plus dans notre monde actuel, sans avoir besoin d'en rajouter dans les gadgets tels que les réseaux sociaux) . Mais Dodier sait également atténuer les frontières entre le réel et l'imaginaire, par son personnage de détective réveur et terre à terre à la fois, et par des liens tels que le personnage de Zelda, Arthur le curé, et, dans cet épisode, en clin d'œil, Jérome regarde Gully à la télé.

L'originalité de ce numéro, outre le tour de force dont j'ai parlé plus haut, est que les histoires courtes sont inspirées du dessin de couverture fait par Arthur de Pins.
Cela a donné une variation sentimentale de Véro Cazot et Mobidic, qui serait un nouvel auteur ou autrice nonobstant une histoire courtes déjà faite en 2016, et rien entre les deux.
Une autre histoire mignonne de Alfwen (auteur/autrice apparu en 2021) et Sarah Marchand (Princesse Barbare) , qui a commencé dans Spirou avec Feroumont sur le Royaume de Blanche-Fleur, un dérivé (spin-off) du Royaume, dont le dessin est aussi sympathique que celui de son mentor, en particulier pour le dessin d'un extra-terrestre et du robot, mais doit encore s'affirmer.
Un gag scato de Pascal Colpron, et le meilleur selon moi, une jolie histoire entre cruauté et onirisme de Munuera, et surtout une histoire, scato aussi mais avec une issue inattendue de Gally (qui dans le numéro spécial de Noël avait réalisé une vraie histoire de Noël, amusante et touchante sans mièvrerie), et Olivier Bocquet , et un Libon qui délaisse ses Cavaliers pour une virée dans les dangers de l'univers.

Dans les séries habituelles, Dad, avec une vision assez pessimiste du futur mais présenté avec un humour fin, et un excellent Édito des Fabrices qui se surpassent dans la feignasserie.

Enfin, le supplément est un jeu de plateau de Pascal Colpron, qui a beau être éloigné de Marcinelle (il est québecois) s'investit beaucoup dans le journal.
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.
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Message par heijingling »

Numéro 4378 du 09/03/2022

Cette semaine, trois séries à suivre, dont une nouvelle, A-Lan, encore de la SF, des Beka, dont je jugerai le scénario à la fin de l'histoire, mais qui devront de toute façon attendre longtemps une rédemption elle-même incertaine pour avoir commis Les rugbymen, Les foot maniacs et autres Fonctionnaires chez Bamboo, et de Thomas Labourot, qui a déjà publié pas mal d'albums ailleurs mais est un nouveau dessinateur pour Spirou. Nouveau dans le sens de nouvellement arrivé, car pour le dessin, on retrouve encore ce style FBM*, dont Bruno Dequier est le parangon chez Spirou,mais moins bien assimilé, et avec les défauts inhérents au genre, dont le moindre n'est pas que tous les visages se resesmblent, batis sur une poignée de modèles.

Côté histoires courtes, Marc et Pep, série policière humoristique aux personnages faisant ressortir une réelle présence (c'est une force de l'auteur, Nicoby, de savoir rendre de tels personnages, il l'a fait dans toutes ses biographies, celle de Fournier, de Patrice Leconte, des dessinateurs de Pilote), par contre, suis-je le seul à trouver que Marc à un museau en forme de bite avec sa paire de couilles? :menfin: Si les séries d'aventure classiques sont en défaveur, supplantées par la SF et la fantasy (comme le montre Supergroom au détriment de Spirou), les polars sont indémodables, par contre, il est dommage que, les histoires ne faisant toutes qu'une poignée de pages, l'intrigue soit sacrifiée au profit de jeux de mots et de jeux de situation.

Et un nouvel épisodes d'Histoires naturelles, série récente (janvier 2021), héritière des Carnets de Broussaille de Frank Pé, de Nature Jeunesse, de la Poussyclopédie, car cela fait 50 ans qu'il y a des rubriques écologiques dans Spirou. Ce nom a remplacé le précédent d'Histoires d'Oncle Bernard, abandonné car il devait rappeler trop cruellement qu'il n'y a plus maintenant dans Spirou de rubrique de culture générale. Le scénariste est donc Fred Bernard, également dessinateur par ailleurs (auteur entre autres de Jeanne Picquigny, à mi chemin entre Jeannette Pointu et Adèle Blanc-Sec), présenté dans le numéro 4377 comme un expert en animaux, et ce changement de nom fait que l'on ne sait pas qui est ce narrateur ayant l'air de se présenter comme un personnage réel, ayant vécu en France et en Angleterre. Dans cette histoire, Passereaux d'hiver et variés (haha), il nous indique d'ailleurs deux noms d'oiseaux en anglais, je ne comprends pas ce que cela apporte, surtout qu'il nous est d'abord dit que l'Angleterre est le pays des amoureux des oiseaux (ce qui est une antienne très crédible, dans quel autre pays un des grands quotidiens nationaux, The Guardian en l'occurence, présente-t-il un journal quasi quotidien sur l'observation de la nature et surtout des oiseaux ? https://www.theguardian.com/environment ... ntry-diary) mais il n'explique pas aux lecteurs ce que cela signifie. C'est le problème de cette BD, les informations sont données sans cohérence: le public semble être les jeune enfants, comme celui auquel le narrateur parle, mais alors pourquoi ne pas leur expliquer ce que sont les passereaux du titre, à quoi sert-il de donner leur dénomination scientifique sans préciser ce qu'est ce système de classification (il y avait pourtant déjà eu un excellent Carnet de Broussaille sur le sujet il y a 40 ans). Et je doute que les enfants actuels comprennent pourquoi la mésange nonette s'appelle ainsi car, nous dit-on, elle a une calotte noire. Le dessinateur est Thomas Baas, qui nous a été présenté la semaine précédente, et il aurait mieux valu faire cela dans un numéro où l'on pouvait lire une de ses histoires, pour rendre cette présentation plus concrète. Tout cela manque de rigueur, pour des sujets si importants (l'écologie et les coulisses du journal, faisant lien avec les lecteurs).

Toujours sur le thème de la vie du journal, nous sommes accueillis dans l'atelier de Dab's, un ancien de Tchô !, et auteur du très drole Club des huns il y a quelques années dans Spirou. C'est lui qui nous fait aussi la leçon de BD cette semaine, dommage que celle-ci soit assez anecdotique et peu structurelle.
Dans les gags, je note surtout, comme souvent, Dad, de Nob, un autre ancien de Tchô !, et de l'Atelier Mastodonte, Elliot au collège, de Théo Grosjean, et une amusante Méthode Raowl, de Tébo, encore un autre ancien de Tchô !, décidemment, et aussi de l'Atelier Mastodonte, qui a un dessin amusant et un humour débile qui marche souvent ("Comment être propre sans prendre de douche?" cette semaine), mais dont les personnages varient peu graphiquement (bien qu'il ne fasse pas du tout du FBM*).

*FBM=Franco-belge-manga, bien sûr... :ouah:
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Message par heijingling »

Numéro 4379 du 16/03/2022

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Cette semaine, fin de la huitième aventure de Frnck, série de Brice Cossu ( et pas Antonio Cossu , qui dessinait d'excellentes histoires fantastiques dans Spirou dans les années 80) et Olivier Bocquet (et pas José-Louis Bocquet, qui a scénarisé Le privé d'Hollywood pour Berthet dans Spirou dans les années 80) quelque peu surprenante, qui mèle l'humour le plus absurde à la tragédie (des personnages meurent, d'autres sont dans une vraie détresse). Après une longue introduction dans le présent, toute l'histoire se passe encore dans la préhistoire, mais, et c'est le premier point intéressant de cette série, à la différence d'autres histoires de voyages dans le temps, il y a plusieurs époques du présent et plusieurs époques de la préhistoire, dont une inattendue, c'est la révélation de ce tome. C'est une bonne série pour jeunes ados, mélant bien aventure, humour, et tragédie, avec un dessin efficace, une base FB légèrement mâtinée de manga, une mise en page qui n'en fait pas trop, malgré un cadre qui serait un bon prétexte pour ce faire. Elle laisse donc la place au début d'une autre série la semaine prochaine, 2 ou 3 séries à suivre par numéro est la norme actuelle.

La couverture de Nob sur Dad n'annonce pas la BD mais un récit illustré, renouant avec la tradition de L'avis de chien de Bill, où un personnage qui ne peut parler peut prendre la parole par cet artifice.

Dans les histoires courtes, une nouvelle série d'héroic fantasy (une de plus), qui n'est qu'une mise en place des personnages, mais faite de manière à nous plonger immédiatement dans dans l'atmosphère, par Fabien Grolleau, coresponsable des éditions Vide Cocagne, qui viennent malheureusement de devoir cesser leurs activités éditoriales, avec un dessin bien plus fin et détaillé que d'habitude de Steve Baker.
Dans les séries habituelles, le bien trop rare (7 apparitions en un an) mais plein de charme délirant (comme la Kermesse existencielle, d' Émilie Gleason) Crumble club et son très bien orchestre, d'Alfred et Olivier Ka. Un épisode de Family life de Jacques Louis (bien qu'il ne soit étonnament pas présenté sous ce titre), série parfois vraiment drole, d'un humour immédiatement reconnaissable, parfois touchante et juste, mais dans laquelle l'auteur se met parfois à nu de façon génante pour moi. Il y a un trop grand écart entre la comédie et le tragique (en témoigne l'annonce "Petite bouffée d'espoir avec "La ballade de Molly Malone", une histoire courte de Jacques Louis". Le dessin est proche de celui de Zep mais convient parfaitement a ces récits; toutefois, ses limites techniques entrainent une répétitivité qui dessert la série.

Le rédactionnel Bienvenue dans ma bibliothèque est intéressant sur ce qu'il nous dit des auteurs, certains s'en tirent bien, mais cette semaine, Denis Lapière n'en sort pas grandi (peut-être est-ce parce qu'il n'a pas la place de développer sa pensée, qui apparait clichée).

Mention spéciale aux toujours très bon Elliot au collège, de Théo Grosjean, et Capitaine Anchois, de Floris, ainsi qu'aux Jeux, de Caritte, sur le thème de la francophonie, d'un haut niveau littéraire, et surtout, mais dans un sens négatif, au supplément, un mini livre comme Spirou en donne parfois, comme un mini récit, mais plus grand, avec moins de pages, et que l'on n'a pas besoin de monter soi-même. Celui de cette semaine est consacré aux 65 ans de Gaston, sous la forme d'un abcdaire, avec des textes repris d'un livre ancien de Hugues Dayez, ce qui semble témoigner de générosité et fidélité envers une ancienne vedette, mais sert surtout à le remettre en mémoire pour préparer son retour dont rien n'est pourtant dit ici. Cela devient donc malheureusement un coup publicitaire.
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Message par heijingling »

Numéro 4380-81 du 23/03/2022
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Je constate avec peine qu'à l'instar déjà du 4000, ce numéro exceptionnel ne contient pas de supplément exceptionnel, auxquels nous avaient pourtant habitués tous les spéciaux exceptionnels depuis le numéro 1000 de 1957. Les traditions anciennes se perdent, remplacées par de nouvelles. Et de même, encore une fois, le rédactionnel est réduit à la portion congrue, soit deux pages illustrées (pourquoi l'auteur du dessin, qui semble être Janry, n'est-il pas indiqué, non plus que l'auteur du texte?), résumant l'histoire des éditions Dupuis, histoire racontée de façon tendancieusement commerciale. Ainsi, durant les années 50 "Dupuis intensifie son merchandising avec les premières figurines en caoutchouc Spirou-flex", et "le premier grand héros de la décennie 1990 sera Largo Winch, le milliardaire en jeans". Mais soit, il ne s'agit pas de célébrer un anniversaire de Spirou mais du centenaire des éditions Dupuis, une entreprise commerciale.
Ceci dit, pourquoi alors ne célébrer que les héros de Spirou et ne pas avoir fait une place aux autres publications Dupuis, en premier lieu Le Moustique, toujours vaillant malgré ses 98 ans, et qui célèbre ce centenaire d'une manière bien moins lénifiante (sur la seconde guerre mondiale, l'article de Spirou ne parle pas de la résistance de Doisy, seulement des ADS se serrant les coudes, édulcorant la vérité historique, dans la même démarche que Bravo), puisque voici son entame: "C’est un anniversaire sous le signe de la mésentente que s’apprêtent à vivre les éditions Dupuis, dont le centenaire est marqué par l’annonce du retour de Gaston Lagaffe dans de nouvelles aventures désapprouvées par Isabelle Franquin." Sans dévoiler des dessous moins avouables de l'entreprise (c'est fini, Les hauts de page, Spirou dream team, Niffle et L'Atelier Mastodonte), auraient au moins pu être signalé, comme le fait Le moustique, que "longtemps cousines et voisines de palier, les rédactions de Moustique et Spirou ont fait régner une ambiance de travail familiale. Les dessinateurs de Spirou – Franquin, Morris, Roba, Jijé, Peyo – livraient à Moustique des couvertures classées au panthéon de l’illustration belge." Il est vrai que "les deux équipes sont séparées lors de la vente de la société Dupuis en 1985", et qu'il vaut mieux ne pas risquer de ternir la fête, c'est sans doute aussi pour cela que rien n'est dit sur le titre de la dernière histoire de Spirou, "La mort de Spirou".

Mais rentrons dans le vif du sujet, un numéro d'assez bonne tenue.
"Cette semaine, dans le Journal Spirou : un numéro exceptionnel qui célèbre le centenaire des Éditions Dupuis ! Pour l'occasion les auteurs s'échangent leurs séries et nous offrent une cinquantaine de reprises éphémères."
Pas tout à fait exact, cette maison étant encore plus vénérable que notre journal préféré, nombre d'auteurs des séries reprises pour l'occasion sont aujourd'hui décédés, et seraient bien en peine, sauf à être morts et déterrés, de faire un échange avec leurs camarades actuels. Sans doute est-ce dû à la solennité de l'occasion, on n'est pas dans des reprises délirantes comme ans le numéro 4000, mais plus dans des hommages, dont beaucoup sont très réussis, que ceux-ci soient amoureux ou acerbes. Le sommaire, qui ne donne que les titres des séries et pas leurs auteurs, est sur ce point bien trompeur; Largo Winch par les Fabrice ou Michel Vaillant par Bouzard n'ont rien à voir et surtout sont bien meilleurs que les originaux, au point de presque me faire regretter l'absence de Lady S. :ouah:

Les meilleurs hommages sont ceux faits avec humour (on est dans Spirou tout de même), et le premier par ordre d'apparition est excellent, inattendu, Natacha par Feroumont.
Zombillénium par Munuera et Bocquet en place les personnages dans l'épidémie de covid et les contrôles y afférents, pour une jolie pirouette sur l'horrifique.
Jousselin, mettant en scène Alain Dodier, rend un hommage aussi amusant que touchant à l'auteur de JKJ Bloche et Gully.
Frank Pé rend aussi hommage à un auteur plus qu'à un personnage, et c'est évidement René Hausman qu'il choisi, encore une fois, puisque celui-ci était déjà un personnage dans l'histoire de Broussaille "Les sculpteurs de lumière". Ces deux pages formidables, pleines d'amour, d'humour et de justesse, qui réussissent la gageure d'aussi placer Buck Danny et la gastronomie, m'ont permis de comprendre que j'aime Frank Pé quand il met du tragique sur une base fantaisiste, et bien moins quand il fait le contraire.
Et de même, Bercovici et Bernstein, dans leur Frnck, rendent un hommage à Franquin amusant.
A contrario, Bertail, dans un dessin impressionnant plein d'esbrouffe et au final moins expressif que celui de Lambil, qu'il tacle d'ailleurs dans un sous-entendu de très mauvais goût (il serait pro militariste, contrairement à Cauvin), a besoin de trois pages pour nous apprendre que Les Tuniques bleues sont une charge contre la guerre et que les galonnés y sont critiqués. C'en est presque insultant de lourdeur envers les auteurs et la série.
Lambil auquel, comme à Hubinon, pas moins de deux auteurs rendent hommage, le deuxième étant Fournier, dont je découvre ici l'attachement à Sandy, que je partage. Fournier ne me déçoit décidement jamais.

Armelle reprend sans décalage Les Cavaliers de l'apocadispe, moins drôles que les originaux. C'est cette même absence de décalage qui obére le Zorglub de Colpron, en homme d'affaires du futur , Les nombrils de Cerq et Perrault, Tamara de Cerq et Taduc.

Et, sans doute aussi parce que les auteurs ont traité de quelque chose qui leur tenait à cœur, les hommages aux séries historiques sont dans l'ensemble bien plus réussis que les simples reprises. Et parmi les plus drôles sont les reprises de séries réalistes, les hilarants Buck Danny à tronche ( et pensée) d'ahuri de Libon, et Largo Winch des Fabrice et Michel Vaillant de Bouzard, avec un gag à chaque case.
Il faut toujours des exceptions, et Deglin a fait un Petit Poilu sans décalage, le combinant juste graphiquement avec un chat, pour une histoire très réussie qui aurait pu paraitre dans la série originale de Céline Fraipont et Pierre Bailly.

Bertschy m'a agréablement surpris avec son amusant Johan et Pirlouit.
Tébo et Trondheim réussissent une originale et très drôle parodie des Schtroumpfs, en même temps qu'une auto dérision très Mastodonte.
Dab's joue avec Louca dans le même esprit, mais en moins réussi, avec des passages amusants tout de même.
C'est mieux que Collin (Renaud Collin, le dessinateur du produit dérivé Les Minions, pas Antoinette Collin, dessinatrice du psychédélique Naufragés de l'escalator dans Spirou en 1973-1975)et son Vol du corbeau, dont la critique de Gibrat est juste mais utilisant un moyen vulgaire.

Dans le registre des hommages évidents, Nob nous offre un très bon aperçu de Jojo avec juste un an de plus, qui suffit à tout changer. Lécroart joue génialement le jeu des super héros avec un excellent "Imbattable origins". Le très bon Soda de Yoann et Velhmann rappelle comme celui-ci est aussi bon dans le registre des histoires courtes.

Plus surprenants, car je n'associerais pas spontanément Bourhis et Durieux à Lucky Luke, mais le résultat est aussi bon qu'inattendu, Pierre Bailly un aussi beau que surprenant Théodore Poussin, et, encore plus singulier, Thiriet et Cromheeke témoignent de leur admiration pour Mélusine et ses auteurs, Gilson et Clarke, qui nous les ont fait rêver, et nous révèlent leur devenir.

Jacques Louis vampirise (dans un journal publiant tant d'histoires fantastiques, ce n'est pas péjoratif) Les Sœurs Grémillet, Dav propose un amusant Ralph Azam Trondheim-like, Laudec et Bédu mélangent leurs personnages en hommage à Cauvin, et enfin Kid Toussaint et Kenny Ruiz amènent Papyrus dans leur monde de Télémaque pour une historiette gentillette.

D'autres auteurs ont fait un simple dessin. Duhoo un très bon Hou Ba Po, en double hommage, Hermann un Gil Jourdan, Justine Cunha un Petit Spirou, Lepage un Dad, et Arthur de Pins, dans un juste pied de nez aux "valeurs morales chrétiennes" dont se reclamaient les éditions Dupuis d'origine, fait invoquer Jean Dupuis par toutes les sorcières du journal, Mélusine, Alexia, Harmony, la vieille Rachel, Calendula (de dos, malheureusement), et bien sûr Gretchen. Il aurait pu aussi mettre Megg, de Megg, Mogg et Owl, de Simon Hanselmann, dont les éditions Dupuis publient ces jours-ci (avec Le Seuil) le dernier album, dans un coup bas envers les éditions Misma dont, hypocritement, ils ne se vantent pas. Dans le même registre, une annonce de la reprise de Gaston qui reste en travers de ma gorge. Mais Happy fucking birthday Éditions Dupuis tout de même https://www.misma.fr/produit/happy-fucking-birthday/ .

Enfin, dans les gags en une page, un bon Bouboule et Biloutte dans les corons, de Sergio Salma évidement (à qui je signale que les dinosaures géants ont disparu il y a environ 66 millions d'années), un socialement très bien vu Femmes en blancs du toujours bon Théo Grosjean, un anodin Champignac de Moog et Bernstein, desquels j'attendais mieux.

Un numéro bien copieux donc, ce qui n'a pu se faire que parce que malheureusement il n'y a plus dans Spirou d'histoires courtes de plus de 4 pages.

Je termine par l'essentiel, le retour de Spirou, pour sa dernière, ou ultime, aventure, signée Schwartz, Guérrive et Abitan. Difficile de se faire une idée sur seulement 5 pages. La situation de départ est bien posée, les couleurs de Doucet sont espiègles, la Turbot est karmannesque, par contre l'encrage de Schwartz est trop grossier; ainsi, le verre des flutes à champagne de la belle couverture est trop épais.
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Message par heijingling »

Numéro 4382 du 06/04/2022

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Je ne commenterai pas une fois de plus la planche du Gaston de Delaf, mais je remarque que les Fabrices, dans leur édito, n'y reconnaissent pas non plus l'authentique Gaston, que seul Franquin peut animer :dors:

Fin du Yoko Tsuno "Les gémeaux de Saturne", et de la seule série non comique de ce numéro. L'histoire a été difficile à suivre pour moi qui n'ai pas lu de Yoko depuis longtemps, trop référencé à la personnalité des désormais nombreux personnages accompagnant Yoko, les plus anciens comme Pol n'y ayant plus aucune importance, celui-ci aurait d'ailleurs pu ne pas figurer dans l'histoire, les quelques scènes où il apparait étant uniquement des gags qui auraient pu être vécus par d'autres, sauf à trouver symbolique que celui-ci soit désormais totalement infantilisé, alors que des personnages d'enfants apparaissent, si pas matures, du moins responsables, et là, je pense que c'est ce que Leloup veut nous signifier. Touchante parabole sur l'âge de la part d'un auteur vieillissant. Ses décors et machines se tiennent toujours aussi bien, par contre ses personnages se délitent, et c'est un autre paradoxe de voir ses personnages s'amolir physiquement alors que leur personnalité devient de plus en plus tranchante, les dialogues semblant des joutes permanentes, et chaque affirmation définitive. Leloup surjoue depuis longtemps la technique de E.P. Jacobs de dramatisation par le texte.

Dans les histoires courtes, Kahl et Pörth, de Frantz (ex Ztnarf) et Ced, amusante parodie de fantasy, dans laquelle les héros sont réellement forts mais aussi réellement peu doués, personnages loin pourtant de l'hilarant Groo le barbare de Sergio Aragonès, historiquement une des premières parodie de ce genre alors qu'il n'avait pas encore sa célébrité actuelle.
Apparition d'un nouveau personnage dans Cédric, Coline, la cousine de Christian, sur scénario encore de Cauvin. Aurait-elle été appelée à durer?
Une histoire avec concours pour introduire une nouvelle série, d'inspiration Pokémon, de Gorobei, Carbone (Boîte à musique, Brigade des souvenirs, Dans les yeux de Lya), et Thitaume au scénario, et Manon L.F. Duverdon et Audrey Réchou aux couleurs. Oui, ils se sont mis à cinq pour faire quatre pages, et en plus font appel aux lecteurs pour des idées de monstres. Bien, disons que c'est l'idée, mignonne comme le dit le rédac chef dans l'histoire, que les lecteurs fassent partie du club de Mélie et le Monsters Makers Club.

Dans les gags en une page et strips, un abbé Langélusse sympathique dans un petit Spirou de même, Janry semble avoir moins de problèmes avec la religion que Tome.
Croquidou, de Mouk, série animalière délirante dans les rapports entre animaux, rappelant de loin Pedro le coati, de Larcenet et Gaudelette.
La méthode Raowl, de Tébo, qui continue de jouer de manière amusante et directe sur les clichés des contes de fées pour enfants. Cette semaine, comment éviter de manger des légumes
Enfin, une nouvelle planche d'Elliot au collège,bonne série de Théo Grosjean sur des couleurs d'Anna Maria Riccobono, sur le thème pourtant rebattu, des Peanuts à Calvin et Hobbes, d'un enfant inadapté accompagné d'une créature sur laquelle il projette ses rêves et angoisses. L'originalité de cette série est qu'elle n'est pas figée, de nouveaux personnages importants apparaissent, les personnages évoluent rapidement, se complexifient, dans un univers riche, et enfin, je n'ai pas cité la coloriste que pour information, car ses couleurs acides et tranchées participent pleinement à l'athmosphère particulière de cette série.
Pour finir, une autre nouvelle série, de Jorge Bernstein et Bercovici, qui se passe au journal , avec un personnage bien plus insupportable et imbus de lui-même que Le Boss, car de plus complètement imbécile et ignorant, un de ces individus dont grouillent les cabinets de conseils, Le coach, dont la mission est de cornaquer, à leur corps et esprits défendants, les malheureux auteurs de Spirou, à commencer cette semaine par l'infortuné Nob.
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Message par Franco B Helge »

:merci: pour cette revue si complète !! :spirou:
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Numéro 4383 du 13/04/2022

https://www.inedispirou.com/forum/viewt ... start=2274

Ce numéro s'ouvre sur un dossier sur Pernille (sans tréma sur le e comme je l'écrivais, Përnille, dommage, j'avais été abusé par le graphisme du titre) et la présentation par les auteurs (Cyril Trichet au dessin et Dav, par ailleurs auteur complet de quelques bonnes histoires animalières, au scénario) ainsi que plusieurs planches d'un coup étoffe et me rend un peu plus intéressante cette série.

Dans les histoires courtes, un nouveau dessinateur, Frichet (et pas Trichet), propose une histoire de sorcellerie, Cagot pour la vie, sur scénario de Betbeder (spécialisé dans le fantastique, auteur de Créatures dans Spirou), qui pose plein d'ouvertures qui ne se justifient que comme une introduction à une nouvelle série. Un autre auteur récent, très épisodique dans Spirou, Bonis, nous offre un Pâques panique, entièrement résumé par son titre, et qui, comme Cerq et Thomas Priou avec leur Clairière s'amuse, utilise un dessin d'animaux mignons en décalage avec l'humour cruel utilisé, comme une version sadique de Sylvain et Sylvette. Enfin, sur le thème du printemps, un toujours loufoque et surprenant Capitaine Anchois, de Floris, et une histoire douce amère de Véro Cazot au scénario (Olive) et Gally, qui nous a été récemment présentée, dans le numéro 4371, pour la rubrique Bienvenue (dans mon atelier). Elle fait partie de cette génération qui, comme Laurel ou Boulet, ont commencé dans un blog, son pseudo vient du manga Gunnm, et elle est libraire à mi-temps, pour vivre, une dessinatrice vraiment représentative de sa génération de dessinateurs, donc.

Et puisque nous sommes dans les rubriques, je me dis que le traducteur de Spirou en espagnol doit être un génie qui peut transformer des daubes en diamant, ce n'est pas possible autrement. Car outre Franco B Helge qui nous a dit et répété son affection pour La boite noire, Kenny Ruiz (Magic 7, Télémaque, Team Phoenix) nous accueille dans sa bibliothèque pour nous apprendre que son Spirou préféré est Paris-sous-Seine (pour qu'il n'y ait pas d'erreur, il précise qu'il l'aime plus que "les classiques de Franquin et Tome et Janry").
Heureusement, Jérémie Royer, dans la rubrique Spirou et moi, revient au raisonnable et cite La vallée des bannis et Franquin, la grande aventure, quoi. Lisez d'ailleurs, si vous en avez l'occasion, ses HMS Beagle, aux origines de Darwin, et Sur les ailes du monde, Audubon, qu'il a fait avec Fabien Grolleau, auteur et co-créateur de la maison d'édition Vide Cocagne.

Dans les gags et strips, l'horrible Coach, de Jorge Bernstein et Bercovici, s'en prend cette fois à Pascal Jousselin et son Imbattable, Dad de Nob vit tant bien que mal le départ de ses trois filles ainées, qui ne reviennent qu'en coup de vent (intéressé) à la maison, et le toujours bon Elliot au collège de Théo Grosjean continue d'évoluer, au point que ce personnage perd sa centralité dans sa série, au profit de personnages qu'ailleurs on qualifierait de secondaires et se révèlent aussi intéressants que lui. Enfin, puisque c'est le printemps, Thiriet et Cromheeke (THI et CRO) nous rappellent de nous arborer à Spirou, pour une récolte hebdomadaire, et Millborough de Christophe Mueller fait une promenade sens dessus-dessous.

Quant au supplément, un mini livre dont le titre Mamie, mon téléphone et les ninjas, est un bon résumé, il est aussi l'œuvre de nouvelles autrices dans Spirou, Matthey Maria-Paz, d'origine chilienne, et Nena, une scénariste chez Fluide Glacial et chez Vide-Cocagne, dont je parlais justement plus haut :spirou:
Modifié en dernier par heijingling le dim. 5 juin 2022 17:49, modifié 1 fois.
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Numéro 4384 du 20/04/2022

Ici la présentation illustrée par jeepcook viewtopic.php?t=230&start=2276

Début d'une nouvelle histoire des Sœurs Grémillet, de Di Gregorio et Barbucci, qui traitera, nous disent les auteurs, surtout de la troisième sœur, la plus jeune. Chacune ayant des traits de caractères bien définis, la plus grande est la rationnelle, la seconde la romantique et celle-ci est l'écologiste. Les auteurs veulent-ils exprimer par là que l'avenir sera sauvé par les nouvelles générations? C'est aussi une histoire dans laquelle la famille est un élément moteur, ce qui en fait une série actuelle. En effet, les héros de BD classique pour enfant n'avaient pas de famille, surtout les adultes bien sûr, mais même les enfants, en dehors de séries familiales de gags (Boule et Bill), et de rares exceptions (Jo, Zette et Jocko, Sophie, de Jidéhem, qui n'a que son père). Mais on ne voit jamais les parents des héros enfants comme ceux de La Ribambelle, de Sandy, d'Angélique (qui vit avec son oncle), de Foufi, d'Isabelle (qui vit avec sa tante), des Castors. Des auteurs, Di Gregorio et Barbucci, je parle dans le sujet Les auteurs non franco-belges dans Spirou.
On voit par contre un enfant seul, avec un robot, dans l'histoire courte "Perdus, planète inconnue", de Betbeder et Thomas Bidault. Est-ce un anachronisme, ou, si c'est une nouvelle série, une famille (réelle ou imaginaire) apparaitra-t-elle? Néanmoins, dans l'autre histoire courte de la semaine, "Grand nettoyage", de Bernstein et Bercovici, un ado est contraint par sa mère de ranger sa chambre. Dans Elliot au collège, de Théo Grosjean et Anna Maria Riccobono, au contraire, la famille et les personnages dits secondaires se dévelopent tellement qu'Elliot lui-même n'apparait pas dans la page de cette semaine. Dad, par contre, ses trois filles ainées étant parties (temporairement?), il continue de se retrouver seul avec son bébé. Et jusque dans Spirou on va découvrir cette semaine Madame Korallie d'Oups, la fille, ou la femme? Impossible de deviner son âge d'après le dessin; elle pourrait avoir aussi bien 30 ans que 50; mais je penche pour la fille, car son visage ressemble à celui d'Herbert d'Oups de Spirou et les hommes bulles; une redoutable femme d'affaires selon Fantasio.

C'est Libon qui cette semaine doit subir l'horrible, et hélas trop réaliste, Coach, de Bercovici et Bernstein. Et Lewis Trondheim nous accueille dans sa bibliothèque, nous apprend qu'il devient de plus en plus difficile avec l'âge, sa dernière lecture de BD exceptionnelle remontant à deux ans, le dernier Tomine, aux éditions Cornélius. Adrian Tomine est certes excellent, mais j'ai moi-même eu d'autres bonnes surprises plus récentes. Il avoue avoir beaucoup aimé le dernier Hervé le Tellier, et on pourrait le croire céder aux vogues du moment, celui-ci ayant reçu le prix Goncourt, si on ignorait que Le Tellier est membre de l'OULIPO, comme Trondheim l'est de l'OUBAPO, et à ce titre intervient régulièrement dans la revue Mon Lapin Quotidien, de l'Association https://www.lassociation.fr/catalogue/m ... tidien-20/, où il travaille beaucoup avec Lécroart, celui-là même qui dans Spirou nous gratifie depuis près de 25 ans de ses Fifiches du professeur.
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Franco B Helge
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par Franco B Helge »

heijingling a écrit : lun. 2 mai 2022 13:22 [ ... ], les héros de BD classique pour enfant n'avaient pas de famille, surtout les adultes bien sûr, mais même les enfants, en dehors de séries familiales de gags (Boule et Bill), et de rares exceptions (Jo, Zette et Jocko, Sophie, de Jidéhem, qui n'a que son père). Mais on ne voit jamais les parents des héros enfants comme ceux de La Ribambelle, de Sandy, d'Angélique (qui vit avec son oncle), de Foufi, d'Isabelle (qui vit avec sa tante), des Castors. [ ... ]
Et je voudrais ajouter à cette liste abondante l'une des plus indépendantes de toutes, peut-être, qui est mon adoré Benoît Brisefer, dont les parents ou frères aînés il n'y a pas la moindre nouvelle. L'oncle Placide apparaît bien dans la quatrième aventure, qui est un agent secret, et qui, pour couronner le tout, l'entraîne dans une mission risquée, sans penser qu'en tant qu'adulte et responsable, il ne doit surtout pas l'exposer à cela ... Et il ne réapparaît que bien des aventures plus tard, sans se soucier de l'éducation de son neveu.

De plus, Benoît vit dans une maison à deux étages ou plus, avec un grenier, tout seul, il fait ses devoirs, il mange et dort, et c'est une maison dans laquelle il doit parfois retourner avant la tombée de la nuit, sans qu'il ait ses propres parents ( puisqu'il ne semble pas y en avoir ) qui lui demandent de revenir plus tôt. Des parents absents qui ne se soucient jamais de savoir si leur enfant attrape ou non un rhume ...

Ses adultes les plus proches - qui ne l'ont même pas adopté comme fils ou petit-fils - sont le chauffeur de taxi Dussiflard - avec qui il vit des aventures à travers le monde, sans que personne à Vive-Joie-La-Grande ne se plaigne de l'absence de l'enfant -; ou la vieille dame Adolphine; ou le constructeur d'automates Vladlavodka; et, éventuellement, le gardien du square Jules-Petit, du quartier ...
Oh, et Benoît cite habituellement la maîtresse de l'école primaire qu'il fréquente, qui veille apparemment sur le petit blond herculéen en béret et écharpe, donnant des conseils qui forgent efficacement le moral du petit garçon :smile: ...
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Franco B Helge a écrit : lun. 2 mai 2022 15:13
heijingling a écrit : lun. 2 mai 2022 13:22 [ ... ], les héros de BD classique pour enfant n'avaient pas de famille, surtout les adultes bien sûr, mais même les enfants, en dehors de séries familiales de gags (Boule et Bill), et de rares exceptions (Jo, Zette et Jocko, Sophie, de Jidéhem, qui n'a que son père). Mais on ne voit jamais les parents des héros enfants comme ceux de La Ribambelle, de Sandy, d'Angélique (qui vit avec son oncle), de Foufi, d'Isabelle (qui vit avec sa tante), des Castors. [ ... ]
Et je voudrais ajouter à cette liste abondante l'une des plus indépendantes de toutes, peut-être, qui est mon adoré Benoît Brisefer, dont les parents ou frères aînés il n'y a pas la moindre nouvelle.
En poussant un peu, on pourrait lire Seuls, de Velhmann et Gazotti, comme un commentaire déconstructionniste de la BD franco-belge classique, puisque le sujet d'origine était que des enfants essayaient de comprendre la mystérieuse disparition de tous les parents :houba:
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Numéro 4385 du 27/04/2022

Ici la présentation illustrée par jeepcook viewtopic.php?t=230&start=2280

L'Agent 212 en couverture, que l'on n'avait pas vu depuis plus de six mois, ce qui est long, même si son dessinateur Kox dit bien, dans son interview, qu'il est très lent, au point que ce personnage, bien qu'un des piliers comiques du magazine, qui a célébré ses quarante ans en albums (et quarante sept ans de présence dans le journal, mais ce n'est pas un chiffre rond) n'y apparait qu'assez épisodiquement. Le supplément est un flip-book avec lui, un peu délicat à construire, mais le dessin de Nicolas Fong est très bien pour ce genre de livre animé, et justifie presque, pour une fois, que ce ne soient pas les dessinateurs originels qui réalisent les suppléments de bricolage (en général Popstatic) consacrés à leurs séries.

Sophie Guerrive est aussi à l'honneur, si j'ose dire, puisqu'elle est cette semaine la victime, avec Schwartz et Abitan, de l'odieux Coach, de Bernstein et Bercovici, qu'elle nous souhaite la Bienvenue dans son atelier, où l'on apprend que son compagnon est aussi auteur de BD, sans nous révéler qui il est (avec aussi Olivier Bocquet et Véro Cazot, les Béka, Delaf et Dubuc - maintenant séparés, et ceux que j'ignore, Spirou est le plus romantique des journaux de BD), et qu'elle a été aussi surprise, en quelque sorte, que bien d'autres d'avoir été choisie par Stéphane Beaujan, directeur éditorial de Dupuis, pour faire les scénarios de Spirou et Fantasio, enfin que l'on a un nouveau chapitre de l'histoire en cours de Spirou, où celui-ci se révèle un roi de la bagarre, assommant à lui seul (avec une petite aide de Spip, pendant que ce nigaud de Fantasio dort) à coups de poings et de pieds retournés trois malabars. Pour moi, Spirou n'a jamais été un baroudeur.

Dans les gags et histoires courtes, j'ai apprécié un très drôle Édito, où les Fabrices utilisent un humour à la fois référentiel et de répétition, un Professeur Folgodon, où je retrouve enfin l'humour si particulier de Thiriet, dont je le trouvais un peu absent, celui que l'on voit dans la rubrique Abonnez-vous, qu'il assure avec Cromheecke, un Capitaine Anchois où, en onze cases, Floris est plus dense et surprenant que bien d'autres en plusieurs pages, Dad, qui se retrouve sans aucune de ses filles, et compense la solitude par son alter égo imaginaire, et un Petit Spirou dans lequel Janry joue avec le graphisme des phylactères.

Enfin, une histoire courte un peu sentencieuse du scénariste Tristan Roulot, déjà vu ici occasionellement, dessinée par une nouvelle venue dans Spirou, l'italienne Luisa Russo, dont le dessin appartient au style international disneyen, et qui a travaillé entre autres avec un des scénaristes vedettes du journal, Kid Toussaint, mais chez un autre éditeur que Dupuis. Kox, en couverture de ce numéro, doit décidement être l'un des derniers de ce que l'on appelait les auteurs maison.
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jeepcook
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par jeepcook »

Il manque un bouton "j'aime" sur les posts de ce forum ! Mais sache heijingling que j'apprécie énormément ta rubrique ! Je rajoute le lien de ton analyse du numéro -1 à chaque numéro que je présente dans l'autre post.
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