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SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : mar. 1 nov. 2011 18:51
par Pigling-Bland
SPIROU ET L'AVENTURE par Jijé
Editions Dupuis


Voici la couverture de l'édition originale de cet album publié en 1948 :

Image


Si vous l'avez lu, notez le suivant le barème ci-dessous :

0 = et si on parlait d'autre chose ?
1 = pas terrible
2 = bof sans plus
3 = un album qui se lit agréablement
4 = très bon album
5 = superbe album je lis et relis. Un des incontournables de la série.

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : mar. 1 nov. 2011 19:14
par Trichoco
Je lui mets 4. Indispensable dans ma bibliothèque, mais peut-être pas dans celle des autres, c'est, en plus d'être un bon témoignage de la BD d'après-guerre (voire de pendant-guerre), un très bon album, hilarant.

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : mar. 1 nov. 2011 19:31
par Pigling-Bland
Personnellement je lui ai mis 3 car au niveau du graphisme je trouve cet album époustouflant et très avant garde (il y a des dessins pleine page, des cases sans bord, etc.) et d'une grande beauté, malheureusement je trouve les histoires assez inintéressantes.

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : mar. 1 nov. 2011 20:09
par maxibon
Par contre, quand Spirou et Fantasio sont dans le futur, Fantasio à une grosse tête et parait un peu (comment dire...) enrobé!

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : mar. 1 nov. 2011 20:19
par Pigling-Bland
Jijé faisait ces dessins direct sans crayonné car il faisait tout dans le journal et n'avait pas le temps... parfois il se laissait aller à la folie... Lorsqu'un dessinateur comme Joan Sfar fait des choses de ce genre (où les personnages ne se ressemblent pas vraiment d'une page à l'autre), on trouve ça maintenant très intéressant et novateur. Jijé était novateur avec 60 ans d'avance je pense. Mais c'est certain qu'on peut trouver certaines pages un peu faibles et ce d'autant que d'autres sont éblouissantes de beauté.

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : mer. 2 nov. 2011 01:05
par DESPERA
Comme la dit Pigling, les planches sont belles mais les histoires peux intéressantes.

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : mer. 2 nov. 2011 16:03
par Parker
J'ai mis 2 car pas vraiment genial

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : ven. 4 nov. 2011 11:04
par ElEmperador1907
1

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : dim. 9 mars 2014 08:12
par spirou cour toujours
merveilleux! j'adore tout les rebondissement dans cette histoire! ça change tout le temps de sujet! 5. :marsu1:

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : dim. 5 mai 2019 18:49
par Jalias
[note : J’ai lu les versions présentes dans l’intégrale consacrée à Jijé. Il y a probablement donc des menues différences (les titres à chaque page par exemple), par rapport à la version album. Mais j’ai trouvé plus intéressant de critiquer ces deux histoires indépendamment de l’intégrale]

Cosinus nous a tout bonnement expédiés à l’époque des gaulois… Nous n’avons pas fini de nous épater.

Deux histoires composent Spirou et l’aventure.

En premier lieu, celle qui fut renommée à postériori « Le pilote Rouge ». Cette histoire de vol autour du monde, mâtinée de gangsters, a le mérite de marquer la première apparition de Fantasio dans la BD, lui qui était bien connu déjà des lecteurs du journal pour faire des gaffes dans les rubriques, ainsi que des fans du Petit Théâtre de Farfadet. Autant dire que pour ceux qui connaissaient la marionnette Fantasio, le Fantasio dessiné a dû leur faire un choc ! Le voilà qui débarque, loufoque, sans pantalon, les cheveux blonds épars et dépeignés ! Rien à voir avec la version élégante imaginée par Jean Doisy ! Apparition d’autant plus surprenante qu’elle s’apparente au clin d’œil, Fantasio n’apparaissant qu’à la planche 1, et étant très rapidement remplacé par le Pilote Rouge comme comparse pour Spirou dans cette aventure.

Et c’est triste à dire mais la découverte de Fantasio reste peut-être le moment le plus mémorable de cette première aventure. Non pas que celle-ci soit fondamentalement mauvaise. L’histoire se lit facilement, bien qu’écrite au fur et à mesure elle garde une ligne directrice cohérente, Spip devient un personnage qui parle et intéressant. Mais tout ceci reste assez convenu. Heureusement, Jijé insufflera dans son histoire une bonne dose d’humour absurde, comme avec le mobilier ultra-moderne du pilote rouge. Le trait est cependant agréable, avec quelques effets intéressant de mise en page, comme ce Spirou qui déborde sur plusieurs cases et dont une partie des dialogues correspond à une case, et la seconde à celle du dessous. Des jeux élégants de mise en scène donc. Du reste on note également que Jijé aime bien ce qu’on appelle de façon moderne « titiller le 4ème mur », avec Spip qui se retourne vers le lecteur pour leur faire des remarques sur Spirou et le Pilote Rouge.

Si globalement l’arrivée de Jijé a été particulièrement bénéfique pour Spip, qui passe de mascotte en fond de case à un vrai personnage avec une personnalité, son Spirou n’est pas le plus finaud, comme lorsque Spip lui ramène le porte-feuille des ravisseurs. Quant au Pilote-Rouge, il s’agit d’une petite déception, le personnage se révélant quand même bien trop propre et lisse pour être intéressant, alors que sa gêne en public, survolée dans une ou deux planches, auraient pu être développée plus avant. Les méchants sont ici très fades, à l’exception du colérique Nénesse.

Malheureusement également, le tour du monde de Spirou et du Pilote Rouge est complètement (sur)volé (et non, je n’ai pas honte de mon jeu de mots !). En plus, malheur, il a la malchance de se terminer sur l’arrivée du cliché le plus éhonté de la BD d’après-guerre, la tribu primitive ! Heureusement que les facéties de Jijé font de ces sauvages des végétariens, et que le sorcier est tout de suite moqué dans ses prédictions par l’arrivée de Spirou dans son avion, cela évite les clichés éculés et rend la lecture plus digeste.

La deuxième histoire, qui donne son titre à l’album, est plus intéressante à plus d’un titre. Plus fantaisiste, elle est sans doute la première histoire à mettre en avant le duo Spirou et Fantasio, ce qui en fait un vrai précurseur à la série « Spirou et Fantasio » telle qu’on la connait. Fantasio y est d’ailleurs très bon, tantôt colérique, tantôt fantasque, tantôt peureux, tantôt dandy, il reste la meilleure addition de Jijé à la série, et le personnage qui manquait dans l’univers du groom. Mais Spirou n’est pas en reste, et garde son côté facétieux, enchaînant les quiproquos dans le passé, comme lorsqu’il veut impressionner les châtelains et manque d’être brulé pour sorcellerie au passage (extraordinaire travail sur les noirs et la lumière au passage !).

Les personnages très vivants ne font pas tout, et pour l’intrigue c’est tout de même plus mi-figue mi-raisin. Tout ceci n’est pas très sérieux, mais la première et deuxième partie sont suffisamment dynamiques, les événements s’enchaînant si rapidement, que la lecture en devient très plaisante ; malgré les raccourcis scénaristiques éhontés (l’astuce du héros qui rêve pour justifier les facéties de l’intrigue est quand-même un cliché sur-usé, même à l’époque j’en suis sûr !). Reste un propos plus subtil qu’il n’y parait sur l’aspect désespérant de la nature humaine, cherchant toujours à détruire ce qu’il ne comprend pas, aussi bien dans le passé que dans l’avenir. Ainsi, l’idée qu’il y a une guerre dans le futur, surtout pour une histoire publiée à la toute fin de la seconde guerre mondiale, est d’un pessimisme sur l’espèce humaine et d’une profondeur insoupçonnée pour une histoire qui paraît si légère. En outre, l’étape dans le futur permet surtout à Jijé d’exploser la mise en scène. ça a probablement été fait ailleurs déjà à l’époque, mais Jijé prend très clairement un grand plaisir dans cette partie, dessinant à l’instinct avec une belle humeur communicative ! Et si l’histoire précédente titillait le 4ème mur, celle-ci l’explose largement, avec Fantasio qui se cogne dans le titre de la planche, et les multiples références et caricatures des personnages et des auteurs.

La dernière partie est cependant moins réussie. Reprenant le travers de Rob-Vel à ne pas finir son histoire alors qu’elle a clairement atteint sa fin naturelle, l’intrigue est relancée avec le « Spipnapping », superbe néologisme signée Jijé. Cette partie est un peu plus laborieuse, avec notamment le passage alourdie de l’appel de Fantasio aux ADS, et sans doute la plus datée. L’arrivée des ADS, dont Flup la tête de gondole de ces enfants un peu boys scouts, marque vraiment l’intrigue dans la fin des années 40. Le réseau des enfants reste bien décrit, et certains personnages se montrent très dégourdis comme Spip qui s’évade tout seul comme un grand et la petite Lucienne, qui prouve que la série n’a pas attendu Seccotine pour créer un personnage féminin qui ne soit pas une potiche. Le gag de Spirou qui dit aux garçons de se méfier des filles avant de changer de discours lorsque celles-ci sont découvertes m’a bien fait rire (et m’a fait repensé au discours « anti-féministe » de Spirou dans Fantasio se marie, comme quoi Féroumont n’a pas sorti ça de son chapeau non plus). Globalement, j’ai ri plusieurs fois, Jijé donnant réellement des gags qui fonctionnent là où Rob-Vel ne passait pas le stade de « vaguement amusant ».

Ainsi, Spirou et l’aventure, si elle n’est pas une histoire parfaite, se rapproche déjà beaucoup de la série « Spirou et Fantasio » telle qu’on la connait. Une intrigue qui ne se résume pas qu’à une succession de gags en une planche, un trait changeant mais toujours intéressant à regarder, et surtout la mise en place du trio Spirou, Fantasio et Spip avec finalement des rôles relativement proches de ceux qu’on peut retrouver chez Franquin ou Fournier. Aurait-on trouvé « l’épisode 0 » de la série Spirou et Fantasio ?
En tout cas, ces deux histoires se lisent plutôt agréablement, ça fait donc un 3 pour moi.

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : dim. 5 mai 2019 20:00
par Jalias
Je rajoute un commentaire plus court concernant les deux dernières histoires courtes déjà publiées dans Spirou et l’aventure : La Jeep de Fantasio et Fantasio et le fantôme (qui forment avec la maison préfabriquée une seule et même aventure). Ces deux histoires ont comme point commun un humour décapant, qui les rend très plaisantes à lire. Le postulat de base est à chaque fois loufoque, mais les possibilités offertes en termes de gaffe par la jeep puis le somnambulisme du colonel Pickles sont parfaitement exploitées ! Une lecture légère parfaitement distrayante, malgré un dessin un peu plus aléatoire (sérieusement, les proportions de Spirou varient parfois du tout au tout entre les cases !). Avec cette histoire de jeep, Fantasio est plus que moteur dans l’intrigue ! (et non, j’ai toujours pas honte !)

Re: SPIROU ET L'AVENTURE

Posté : dim. 5 mai 2019 21:04
par Zig Homard
Jalias a écrit : [... ] un dessin un peu plus aléatoire (sérieusement, les proportions de Spirou varient parfois du tout au tout entre les cases !).
Merci pour ces avis passionnants, Jalias !... :ok:
et, quand je pense à certains reproches vétilleux qu'on adresse à Yoann (ailleurs qu'ici... ;) ) :lol: