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MessagePosté: sam 3 nov 2012 01:23 
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Petite question :
Mon album d' "Il y a un sorcier à Champignac" a pour couverture un dessin de Franquin dessiné vraissemblablement à la fin des années 60 voire au début des années 70.
Pourquoi cette mise à jour ?
Qu'est-il arrivé au dessin de la couverture originale ?


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MessagePosté: sam 3 nov 2012 09:55 

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C'est exact, la couverture a été redessinée pour la réédition de 1971. Par contre je ne sais pas si c'est parce que le film initial a été endommagé ou si c'est parce que Franquin a souhaité la redessiner... Personnellement je trouve que le dessin original était plus beau.

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MessagePosté: mer 7 nov 2012 21:54 
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Je suis du même avis. De plus, la 2eme version de la couverture ne correspond pas du tout au style que l'on retrouve dans l'album.


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MessagePosté: mar 12 aoû 2014 14:36 
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Mais que faire Mr le Baron ? Je veux dire Mr le Marquis... Euh, le Duc... C'est-à-dire Comte...

Avec « Il y a un sorcier à Champignac », on rentre en plein cœur du mythe Spirou et Fantasio. C'est l'album fondateur, la première histoire longue. On y découvre Champignac, le Comte et ses champignons. C'est tout un univers en gestation qui commence à se développer dans ce tome. Un incontournable de la série ? Assurément. Et pourtant, pourtant...

Il y a comme un problème de structure à Champignac

Pourtant il faut reconnaître que ce tome possède des défauts bien réels que la nostalgie à elle-seule ne justifie pas. Ainsi, pour cette première grande aventure, Franquin semble avoir du mal à tenir son histoire sur 54 pages, il a donc recours inconsciemment à 3 histoires différentes reliées par un fil rouge, à l'instar de Spirou et les héritiers. Néanmoins, contrairement au tome suivant où cette structure est bien établie, ici l'histoire est moins bien tenue.

La faute à une écriture en flux tendue, avec un quota de planches à livrer par semaine, qui empêche Franquin d'avoir une vue d'ensemble sur son histoire. Ceci entraîne quelques bugs, comme le Comte de Champignac, d'abord présenté comme Baron par Mr le Maire, avant que Franquin ne change son titre de noblesse, et n'ait recours à la pirouette présentée en citation pour expliquer ce changement.

Là où cette écriture en flux tendue pose plus problème, c'est quand Franquin pense pouvoir faire tenir l'ensemble de son intrigue à Champignac (ne serait-ce que pour être raccord avec le titre) et se permet donc de fortement étirer en longueur une première partie qui aurait méritée d'être plus concise. Avant de changer son fusil d'épaule et de partir sur les exploits du Comte, qui du coup paraissent survolés, puis sur le vol des produits par Hercule l'épicier, dont la transition apparaît assez téléphoné. La troisième partie notamment semble réellement avoir été rajoutée histoire de pouvoir proposer une fin à une intrigue qui commence à tourner en rond, et permettre à Spirou et Fantasio de briller un peu en attrapant le méchant de la semaine.

Soyons juste avec Franquin, cet épisode est tout de même un épisode de transition entre des histoires courtes écrites au fur et à mesure et les histoires longues au schéma bien établi qui constituent le futur de la série. On ne peut donc pas lui en vouloir d'avoir besoin d'un tome pour se roder. Il est d'ailleurs remarquable de noter que ce tome est le seul à présenter ces défauts narratifs, ce qui montre à quel point Franquin s'est rapidement adapté au nouveau style qu'il voulait donner à la série.

Il y a de l'immoralité à Champignac

Deuxième conséquence d'un univers encore à l'essai, ce tome propose une moralité plus que douteuse en divers endroits.

Le plus voyant reste le moment associé aux exploits sportifs de Champignac, qui font l'admiration de Spirou et Fantasio, alors qu'il ne s'agit purement et simplement que de triche. Certes, c'est très drôle, mais connaissant les valeurs humanistes qui animeront plus tard nos héros, c'est assez malvenu. D'autant plus que dans une tentative de sauvegarde de la morale, Franquin appuie fortement sur les motivations du Comte, censément justes et mesurées (en gros, cette utilisation du X1 est temporaire, servant uniquement au Comte à se renflouer avant de présenter son invention (parce que l'argent gagné avec le brevet et l'utilisation de cette invention ne serait pas suffisant?)). Engoncé dans une justification laborieuse, la seule astuce de Franquin est de faire intervenir un personnage aux motivations plus viles encore, qui parce qu'il vole au lieu de tricher, a droit à l'étiquette de méchant (quand bien même l'ambiguïté du personnage, méchant à la petite semaine brimé par deux malabars, est bien plus riche qu'il n'y paraît). Le scénario a donc tendance à gentiment regarder ailleurs dès qu'un point dérangeant apparaît.

Néanmoins, le comportement des Champignaciens vis-à-vis du bohémien n'est pas très joli joli non plus. Une belle mise en image de l’intolérance d'une population envers l'autre, l'étranger, l'idée est bien trouvée. Certaines scènes sont assez « dures » (quand les Champignaciens l'agressent à coup de tomates). Qui plus est, nos héros se portent en garant de la justice en défendant le bohémien. Tout va bien donc... si on oublie que Spirou fait bien vite un « délit de sale gueule » en apercevant le bohémien avec le lapin géant de nuit. Heureusement, notre héros fera rapidement volte-face le lendemain matin. Un moyen de montrer que nos héros sont aussi des êtres humains avec des a priori?

Plus embêtant, ce bohémien n'est jamais pleinement réhabilité. Même si le Comte finit par avouer son implication dans les événements de la ville, le bohémien a été obligé de s'enfuir de la ville, et les Champignaciens n'ont aucune excuse pour leur comportement à la limite de l'hystérie collective (c'est assez réaliste cela dit). Comme quoi même dans l'univers de la BD il ne fait pas bon être bohémien.

Il est amusant de noter du reste que le Maire et les Champignaciens sont bien plus dociles vis-à-vis du Comte, alors que celui-ci s'est clairement amusé à leurs dépends. Néanmoins, Franquin se rattrapera de cette maladresse dans les tomes suivants, faisant des événements d'Il y a un sorcier à Champignac la raison d'une méfiance perpétuelle du Maire vis-à-vis du Comte et de nos héros. Faute avouée à moitié pardonnée.

En conclusion, ce tome brasse des questions éthiques et morales riches, mais le fait du bout des doigts, comme mal à l'aise. Encore une fois, ceci montre que Franquin est encore en rodage, et ne sait pas encore jusqu'où il peut porter son scénario et les questionnements que celui-ci soulève.

Il y a de la vie à Champignac

Malgré ses maladresses (de structure, mais aussi de traitement), ce tome enrichit énormément l'univers de Spirou. Ce sont bien entendu les premiers pas du Comte, sorte de sorcier farfelu déconnecté de la réalité, du Maire et ses discours ampoulés, de Duplumier et des Champignaciens. Il ne manque que Dupilon ! Le tome proposent une belle origine aux personnages, qui évolueront de bien belle manière par la suite.

Mais c'est aussi un concentré d'humour. En effet, plus que l'histoire et ses implications, ce qui intéresse Franquin sont les situations abracabrantesques, et les gags qui peuvent en découler. De ce point de vue là le tome est une sacré réussite. Si bien des gags peuvent être devinés (le veau qui meurt de vieillesse, le Fantasio-spectre, le rajeunissement de Narcisse et Valentino...), il n'en reste pas moins qu'ils sont très drôles, et rendent la lecture très plaisante pour peu qu'on y cherche uniquement un puits à gags. Certains dialogues sont extraordinaires, j'ai vraiment hésiter à mettre le « Mais qui s'amuse à lancer des statues ?? » comme citation tellement cette phrase m'a fait hurler de rire.

Le tome est d'autant plus agréable à lire qu'il dispose de la patte graphique Franquin, bien qu'encore à ses balbutiements. Il est fascinant de voir à quel point les personnages sont déjà clairement définis malgré les variations ultérieures du dessin. Il n'y a bien que le Comte qui semble éloigné de son image finale, étant ici plus fin et plus élancé. Mais surtout, les cases sont comme toujours riches et parfaitement structurées. Un régal visuel, qui dispose en plus d'un charme désuet ou la nostalgie fonctionne à fond.

Pour finir, Il y a un sorcier à Champignac est un tome très agréable à lire. C'est une véritable machine à gags au dessin clair, et les pages s’enchaînent avec plaisir. Si son importance dans l'univers Spirou en fait un incontournable, il reste tout de même que le tome présente une structure maladroite, ainsi qu'une histoire qui se cache derrière ses gags pour ne pas prendre son envol. C'est un incontournable pour tout Spirouphile certes, mais il n'empêche que Franquin a proposé des tomes bien meilleurs par la suite. 3/5


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MessagePosté: mar 12 aoû 2014 22:46 

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Jalias a écrit:

La troisième partie notamment semble réellement avoir été rajoutée histoire de pouvoir proposer une fin à une intrigue qui commence à tourner en rond, et permettre à Spirou et Fantasio de briller un peu en attrapant le méchant de la semaine.


Non, on ne peut pas écrire ça car ce scénario a été élaboré par Franquin sur la base d'un scénario fleuve d'Henri Gillain (frère de Jijé). Franquin a non pas rajouté des pages pour finir mais plutot élagué dans un scénario qui représentait en fait plusieurs albums...

Je vais rechercher les propos même de Franquin dans l'interview "Et Franquin créa la gaffe" et je la citerai tres précisément.

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MessagePosté: mer 13 aoû 2014 08:51 

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ça est dans le tome 2 de l'intégrale :
- HG m'avait envoyé un carnet épais comme une Bible. Si j'avais voulu le réaliser, j'y serais encore... J'ai taillé là-dedans, car c'était une espèce de roman-fleuve. [...] J'ai beaucoup trié pour dégager le récit définitif...

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MessagePosté: jeu 14 aoû 2014 00:46 

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Pigling-Bland a écrit:
Jalias a écrit:

La troisième partie notamment semble réellement avoir été rajoutée histoire de pouvoir proposer une fin à une intrigue qui commence à tourner en rond, et permettre à Spirou et Fantasio de briller un peu en attrapant le méchant de la semaine.


Non, on ne peut pas écrire ça car ce scénario a été élaboré par Franquin sur la base d'un scénario fleuve d'Henri Gillain (frère de Jijé). Franquin a non pas rajouté des pages pour finir mais plutot élagué dans un scénario qui représentait en fait plusieurs albums...

Je vais rechercher les propos même de Franquin dans l'interview "Et Franquin créa la gaffe" et je la citerai tres précisément.


Ben personnellement avant de connaitre l'existence du cahier, moi aussi je pensais que Franquin faisait de l'improvisation. Maintenant je me demande s'il n'a pas un peu trop élagué, mais pour cela il faudrait lire le scenarion de Gillain qui est perdu je crois.

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MessagePosté: ven 15 aoû 2014 09:45 
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Je pense que l 'on en sera plus dans le second tome de "la véritable histoire de Spirou", car effectivement les seuls infos que nous avons sont dans l 'entretien avec Numa Sadoul.


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MessagePosté: mar 19 aoû 2014 14:06 
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Pigling-Bland a écrit:
Jalias a écrit:

La troisième partie notamment semble réellement avoir été rajoutée histoire de pouvoir proposer une fin à une intrigue qui commence à tourner en rond, et permettre à Spirou et Fantasio de briller un peu en attrapant le méchant de la semaine.


Non, on ne peut pas écrire ça car ce scénario a été élaboré par Franquin sur la base d'un scénario fleuve d'Henri Gillain (frère de Jijé). Franquin a non pas rajouté des pages pour finir mais plutot élagué dans un scénario qui représentait en fait plusieurs albums...

Je vais rechercher les propos même de Franquin dans l'interview "Et Franquin créa la gaffe" et je la citerai tres précisément.


Zig Homard a écrit:
ça est dans le tome 2 de l'intégrale :
- HG m'avait envoyé un carnet épais comme une Bible. Si j'avais voulu le réaliser, j'y serais encore... J'ai taillé là-dedans, car c'était une espèce de roman-fleuve. [...] J'ai beaucoup trié pour dégager le récit définitif...


C'est tout à fait vrai... mais ça ne change rien.

Je m'explique. Peu importe que Franquin ait travaillé sur la base du texte de Gillain, je ne juge pas le texte de Gillain, mais bien la version finale, élaguée, de Franquin.
Et d'un point de vue narratif, on distingue 3 parties à l'intrigue (voire 4)

La première, la plus longue va de la page 5 (première page) à la page 40-41 et couvre toute l'intrigue associée au titre de l'album : les événements à Champignac, le faux coupable, le vrai sorcier, la résolution (cette partie, avec les super-pouvoirs de Fantasio, est tout de même un peu à part).

La deuxième partie, qui est une suite à peu près logique de la première, concerne les exploits sportifs du Comte, va de la page 41 à la 45, et sert à introduire la dernière partie sur le voleur (fin de la 45 à la 61).

Déjà, on peut constater que ces parties, qui ont des thématiques TRES différentes, sont complètement disproportionnées en taille les unes par rapport aux autres. L'intrigue à Champignac prend à elle seule plus de la moitié de l'album (35 pages), la dernière n'en fait que 16. En conséquence, le cœur de l'intrigue est bien ce qu'il se passe à Champignac. Le problème c'est que cette partie ne permet pas d'arriver à une conclusion totalement satisfaisante d'un point de vue narratif (globalement car maintenant que le mystère du sorcier est résolu, il reste beaucoup à dire autour des potions du Comte), d'où l'ajout de la suivante qui a pour but de relancer l'intrigue (maintenant qu'il n'y a plus de mystères, on passe à l'humour, puis à l'action-aventure) ainsi que de donner l'impression d'une conclusion naturelle à l'histoire (le Comte et Spirou sont amis, le Comte sait que ses potions sont dangereuses et ne les utilisera plus, le méchant est arrêté).

En conséquent, que cette dernière partie ait été voulue par Gillain ou Franquin peu importe, elle n'existe (elle n'a été ajoutée) que pour permettre d'arriver à une fin acceptable. (c'est d'autant plus vrai dans le cadre d'un roman-fleuve, qui cherche continuellement à reculer la fin de l'histoire)

Deuxièmement, quand bien même Franquin se base sur l'intrigue de Gillain, il me semble tout de même qu'il travaillait en flux tendu. Je peux me tromper bien entendu, mais l'impression que j'ai à la lecture de l'album c'est que Franquin s'appuyait sur le texte de Gillain mais brodait/réécrivait/élaguait au fur et à mesure des planches (vu les rythmes de parution de l'époque, j'ai du mal à croire que Franquin ait pris tout son temps pour parachever son scénario avant de démarrer les dessins). ça explique pour moi les écarts si grands entre les parties : il me semble qu'à la base Franquin voulait s'appuyer uniquement sur la partie à Champignac (d'où le fait que cette partie soit si grande en nombre de pages), avant de se rendre compte que ce n'était pas tenable, et de prendre d'autres éléments du scénario de Gillain.
Bien entendu, encore une fois je peux me tromper, et je n'ai pas "Et Franquin créa Lagaffe" où il se peut qu'il y ait bien plus d'informations sur son processus créatif. Néanmoins c'est l'impression laissée par cet album.

En conclusion, l'album laisse l'impression d'une troisième partie "à part" un peu juxtaposée là pour conclure l'histoire. J'espère ainsi que mon ressenti est plus clair.

Tout ceci prouve en tout cas qu'il est important que je retravaille mes critiques en fonction des remarques pour proposer un texte le plus clair possible :spirou:


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MessagePosté: jeu 21 aoû 2014 12:52 
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Jalias a écrit:
Bien entendu, encore une fois je peux me tromper, et je n'ai pas "Et Franquin créa Lagaffe" où il se peut qu'il y ait bien plus d'informations sur son processus créatif.

Cela pourrait t'intéresser:

Et Franquin créa la gaffe a écrit:
S[adoul] - Pour la première aventure véritable de Spirou, tu es parti d'un scénario de Jean Darc. Qui est Jean Darc ?
F[ranquin] - C'est un pseudonyme, évidemment, et c'est celui de Henri Gillain, frère de Joseph Gillain.
S. - Serait-ce l'un des abbés ! Parce que, Jean Darc, comme Jeanne d'Arc, faut oser, dis donc !
F. - Oui, c'est curieux. Mais ce n'est pas un abbé. Lorsque j'étais encore chez Gillain, à Waterloo, son frère Henri m'a envoyé un jour un carnet épais comme une Bible, si j'ose dire, vu le contexte, avec un scénario tellement volumineux que si j'avais voulu le réaliser j'y serais encore actuellement ! Ecoute, il y avait de ces choses, des rebondissements, des parenthèses, des explications, c'était incroyable ! Alors, j'ai pris ça, j'ai taillé dedans, pas à la tronçonneuse, ça n'existait pas encore, et j'en ai extrait l'histoire que tu connais.
S. - Mais dans l'ensemble, c'est son histoire !
F. - Oui, je suis parti de son histoire. J'ai surtout beaucoup trié, j'ai dégagé le scénario définitif de son texte. Il avait envie d'écrire pour la bande dessinée, et moi, ça me satisfaisait de travailler sur son idée, jusqu'alors, je n'avais réalisé que des histoires courtes, j'avais envie de m'attacher à une longue série, alors je me suis lancé, bravement.
S. - Son «scénario» était déjà découpé ?
F. - Non, pas du tout, ça n'était que du texte, un amas de texte, une espèce de roman-fleuve. L'idée des champignons s'y trouvait, bien sûr, et c'est cette idée qui m'a d'abord séduit.
S. - Et les personnages comme Champignac, le maire, etc., ils figuraient dans son scénario !
F. - Le comte de Champignac - sans prénoms - je crois bien. Mais écoute, il y a si longtemps, je ne sais plus. Je suppose qu'il y avait un peu de lui et un peu de moi dans le résultat final. Je n'ai pas gardé son texte, je crois que je lui ai renvoyé son carnet. Je serais curieux de le revoir, mais peut-être n'existe-t-il plus.
S. - Et avec Henri Gillain, as-tu collaboré étroitement ?
F. - Non, pas du tout. D'abord, je le connaissais très pu. Il m’a envoyé son histoire, j'en suis parti, mais on n'a absolument pas collaboré. J'ai dû le voir deux ou trois fois chez son frère, et c'est tout.
S. - Et il t'a autorisé à faire ce que tu voulais de son texte ?
F. - Naturellement. Je lui ai acheté son scénario, si tu veux, j'ai acheté en bloc l'idée et le droit d'en user à ma guise.

Et Franquin créa la gaffe a écrit:
Témoignage d'Henri Gillain (Jean Darc)
Comment Champignac naquit sans forceps...
Franquin en avait marre de slalomer Spirou et Fantasio dans un décor de buildings, de carrefours, de bagnoles, d'agents à poste fixe, d'ascenseurs, de gares, d'aérodromes, de parcs publics truffés de statues blanches.
Au cours d'une visite chez moi, Franquin, déprimé, me dit brusquement : «Tu ne pourrais pas me sortir un scénario qui se passerait à la campagne ?» Je ne me souviens plus s'il précisa qu'il lui fallait des vaches, des veaux, des haies, du fumier roux, des ruisseaux bleus piqués de libellules, mais j'avais compris... Je n'étais qu'un prof de maths et n'avais commis jusque-là qu'un scénario de «Blondin et Cirage» : Le nègre blanc, que mon tumultueux frère Jijé avait attrapé au premier bond, et fait juter comme il savait le faire...
Et, à ce Franquin jeune et soudain écologiste avant la lettre, je répondis un «oui» plus somnambulique que rassuré. Il se leva, me serra la main, avec son rire chaud et franc : «Ça presse, tu sais !» Ça presse toujours, chez ces dessinateurs !
Ce fut aux environs de fin juin 1950 (?) que le comte de Champignac m'apparût. Je surveillais des examens dans une classe surchauffée par la canicule. Devant moi, des feuilles blanches et un scénario à trouver... Soudain, mes yeux tombèrent sur une vieille planche didactique au fond de la classe. Bourrée de champignons de tous calibres et de toutes couleurs, elle semblait me dire : «Tu t'souviens de tes vacances ardennaises chez ton cultivateur de grand-père ? Et de ces champignons magiques qu'il te montrait au bord des sapinières, et dont il disait...» Déjà, je gratte le papier! Une diarrhée ! Spirou et Fantasio abordent te village de mon grand-père. A vélo, bien sûr ! Des choses étranges autour de leur tente... des lapins géants, des vaches intarissables, des gitans peu rassurants, des poules pondant à la cadence d'une mitraillette, un maire dépassé, compassé, puis un comte mystérieux, baptise «Champignac» parce que...
La suite, vous la connaissez ! Je rentrai chez moi et m'attelai à un étoffage et à un découpage touffu que j'envoyai à Franquin. En vrac ! Il fuit séduit, prit un sécateur et trancha délicatement ce qu'il y avait de trop, ajouta ceci, cela. Toute la poésie que j'avais mangée et digérée à longueur d'enfance dans ce petit village de Corbion-sur-Semois, et toute la poésie qui irriguait confusément ce cher citadin d'André, enfantèrent ce Sorcier à Champignac à la ligne claire, aux décors bucoliques, premier album d'une longue série d'autres, où le comte de Champignac ne perdait pas la forme.

Franquin intégrale (Rombaldi) a écrit:
[Henri Gillain] raconte :
« J'ai vu arriver Franquin un jour de juin, je me rappelle. Il en avait assez de dessiner des buildings ou du Far West, et il m'a dit qu'il aimerait bien un récit campagnard. Je lui ai dit que j'allais essayer...
» J'étais prof de math à l'époque, dans un établissement religieux. Pour les examens, on nous déplaçait jusqu'à la ville, jusqu'à Namur. C'était la canicule en juillet, je surveillais les examens, et tout d'un coup j'ai une idée. Il y avait au mur une grande planche en couleurs avec des champignons. Pourquoi ne pas faire une histoire avec des champignons magiques ?
» J'ai écrit tout le scénario dans un cahier. Franquin avait l'air assez content, bien que plus tard il ait dit qu'il avait dû fameusement élaguer : il paraît qu'il y avait trois scénarios dans mon scénario. Je me souviens notamment que j'avais créé un parc champignonnier où les arbres, les pelouses, même les fauteuils de jardin et les parasols, étaient en champignons, et Franquin a reculé devant la difficulté de dessiner ça.
» En tout cas, la planche de champignons dans la salle de classe semble avoir été une bonne inspiration, et on a beaucoup revu par la suite le baron de Champignac... Comment ? Comte ?
» ... Oh ! vous savez, comte, baron, c'est à peu près la même chose... »

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MessagePosté: jeu 10 déc 2015 00:57 

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Je mets un 4 (car, bien qu'excellent, il faut bien que je garde le 5 pour les futurs chef-d'oeuvres à venir)

La première longue histoire qui campe cet univers "champignacien" si particulier et si souvent lié à la série qu'il est encore et toujours utilisé par les repreneurs . Franquin ne fut pas le créateur de Spirou et Fantasio mais fit mieux encore : tout en leur donnant plus de relief, il les intégra dans ce qui allait devenir son propre univers, riche et inventif, qu'il pouvait pleinement revendiquer. La plupart des ingrédients sont déjà là, dans un découpage encore très classique et un dessin qui ne demande qu'à s'améliorer.


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MessagePosté: sam 21 juil 2018 05:29 
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Je mets 4. C’est l’album fondateur et c’est très bon mais le scénario est un peu décousu. J’aime la comparaison que quelqu’un a fait avec Tintin Les cigares du pharaon. Ce n’est pas encore parfait, mais on découvre un peu plus l’univers que l’auteur veut créer et la personnalité qu’il veut insuffler à nos personnages. À lui seul, c’est um excellent album, mais quand on voit ce qui a été encore mieux par la suite, on comprend qu’il y avait des choses à améliorer, ce qui est normal.


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