LES VOLEURS DU MARSUPILAMI

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heijingling
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Re: LES VOLEURS DU MARSUPILAMI

Message par heijingling »

Merci pour cette chronique très inspirante sur un de mes albums préférés, à laquelle je ne rendrai pourtant pas justice, me contentant d'emettre quelques remarques. La critique de la critique est facile, mais l'art de la critique est difficile. :ouah:
Tout d'abord, la séparation formelle entre forme et fond est assez maladroitement scolaire, et n'est pas à la hauteur de la qualité de l'écriture et la justesse des analyses.
Ensuite, si on peut résumer cet album à une course-poursuite, d'ailleurs une des rares des aventures de Spirou, contrairement à ce qu'insinuait Lewis Trondheim avec son Lapinot-Spirou, qui s'amusait d'une agitation vaine, je trouve que cet album réussit un rare équilibre entre la tension que cette structure entraine et l'émotion amenée par la situation de base, rendre sa liberté à un animal si humain. C'est pourquoi je ne suis pas d'accord avec cette phrase de conclusion: "Néanmoins la relative simplicité de ses thèmes (ou tout du moins des réflexions soulevées par la lecture)", car j'y vois au contraire des thèmes et des sentiments profonds traités dans une épure graphique et narrative.
Enfin, deux remarques: "Dans l’univers de Spirou, le bien l’emporte sur le droit". N'est-ce pas le cas de toutes les histoires d'aventure où le héros fait le travail de la police, et donc où les représentants officiels du droit et de l'ordre ne suffisent pas à faire respecter la justice ? :wink:
Ensuite, la façon dont Franquin nous dévoile progressivement Valentin Mollet, bien plus complexe qu'un simple voleur, est effectivement très bien faite, mais ce n'est pas la fin qui lui amène une rédemption, il est rédimé dès le départ, car c'est lui qui vole formellement le marsupilami au zoo, faisant le sale boulot à la place de Spirou et Fantasio et leur évitant de se salir les mains en commettant un acte vraiment illégal.
Mais ce sont là des points de désaccords inévitables à la lecture d'une chronique si riche et pertinente. :spirou:
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.

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Jalias
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Re: LES VOLEURS DU MARSUPILAMI

Message par Jalias »

Merci heijingling pour tes commentaires, c'est toujours intéressant de voir l'avis des autres membres.
heijingling a écrit :
dim. 16 févr. 2020 16:16
La critique de la critique est facile, mais l'art de la critique est difficile. :ouah:
Que dire de la critique de la critique de la critique alors? :ouah:
heijingling a écrit :Tout d'abord, la séparation formelle entre forme et fond est assez maladroitement scolaire, et n'est pas à la hauteur de la qualité de l'écriture et la justesse des analyses.
Effectivement, je comprends que la structure de la critique peut faire un peu scolaire, mais après les côtés un peu "chiens fous" des albums précédents, l'aspect très structuré, très académique de cet album finalement, se prétait finalement assez bien à cette organisation :spirou:
heijingling a écrit : car j'y vois au contraire des thèmes et des sentiments profonds traités dans une épure graphique et narrative.
Oui, là je pense qu'on est plutôt d'accord en fait, c'est juste une façon différente d'exprimer la même idée. Pour moins un thème simple n'est pas forcément simpliste.
heijingling a écrit : Enfin, deux remarques: "Dans l’univers de Spirou, le bien l’emporte sur le droit". N'est-ce pas le cas de toutes les histoires d'aventure où le héros fait le travail de la police, et donc où les représentants officiels du droit et de l'ordre ne suffisent pas à faire respecter la justice ? :wink:
Sauf que Spirou est un des rares qui se pose la question de la moralité de ses actions, qui pointe autant la différence entre droit et morale et force le lecteur à réflechir aux actions du personnage.
heijingling a écrit :Ensuite, la façon dont Franquin nous dévoile progressivement Valentin Mollet, bien plus complexe qu'un simple voleur, est effectivement très bien faite, mais ce n'est pas la fin qui lui amène une rédemption, il est rédimé dès le départ, car c'est lui qui vole formellement le marsupilami au zoo, faisant le sale boulot à la place de Spirou et Fantasio et leur évitant de se salir les mains en commettant un acte vraiment illégal.
Là par contre, je ne suis pas d'accord. Rappelons que à ce moment de l'histoire, le lecteur croit le Marsupilami mort, difficile de rédimer (très joli verbe qu'on n'utilise que trop rarement!) quelqu'un responsable de sa possible mort et son enlèvement. Si le caractère de Mollet, et la découverte que le Marsupilami est vivant peuvent immédiatement permettre au lecteur de pardonner à Mollet (ce que feront Spirou et Fantasio rapidement), sa rédemption n'arrivera que lorsqu'il participera à la libération de l'animal. Son arc narratif (faute, rencontre avec les héros, rédemption) est en ce sens particulièrement limpide selon moi.

Mais comme tu l'as dit, ce sont là des points de détails!

heijingling
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Re: LES VOLEURS DU MARSUPILAMI

Message par heijingling »

Évitons donc le terme rédemption, qui nous entrainerait dans des discussions théologiques à faire se retourner dans sa tombe l'évèque du titre du Trombone illustré :menfin: pour lui substituer celui de rachat. Seule l'action personnelle permet le rachat, c'est donc bien son intervention finale qui rachète Valentin Mollet, et la construction dramatique est en ce sens un exemple de classicisme. (Entre parenthèses, ton emploi du terme académique pour qualifier ce scénario est osé, cette histoire étant parue alors que le corpus des œuvres de la B.D. franco-belge était encore trop mince pour constituer un tel référent) Néanmoins, je maintiens que le vol du marsupilami par Valentin Mollet, en empéchant Spirou et Fantasio de commetre eux-mêmes l'acte délictueux, brouille un peu les cartes de ce jeu si limpide.
Jalias a écrit : Spirou est un des rares qui se pose la question de la moralité de ses actions, qui pointe autant la différence entre droit et morale et force le lecteur à réflechir aux actions du personnage.
Intéressante remarque, à laquelle j'aurais fort envie de souscrire. Pour s'en assurer, il toutefois faudrait relever les occurences de telles situations dans la séries, pondérer selon les auteurs, et comparer avec d'autres héros classiques du franco-belge.
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Gaston Lagaffe
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Re: LES VOLEURS DU MARSUPILAMI

Message par Gaston Lagaffe »

Mon dieu je n'avais mis que 4 étoiles à ce chef d'oeuvre et en plus je trouvais ça moins bien lorsque j'étais petit. Mon dieu j'avais des goûts horribles ! :cry:

Sérieusement, je trouve ça intéressant de relire des vieilles séries jeunesses comme Spirou ou Tintin que je connais depuis l'enfance et me rendre compte que maintenant j'adore des albums que je trouvais sympa au mieux et que maintenant je trouve moyen des albums que j'adorais l'enfance.

Un exemple: lorsque je suis petit je trouve que Cyanure c'est super génial, il y a un méchant le fun, c'est pleins d'humour et d'action, on s’ennuie pas! C'est bien mieux que Vito la deveine où les héros ils végètent sur une île booooo. Et puis aujourd'hui.... :mrgreen:

Pour revenir au Voleur de Marsupilami, c'est selon moi le premier chef d'oeuvre de Franquin et aujourd'hui mon préféré de la première séries d'histoires en 60 pages avec La Mauvaise tête. J'adore la relation entre nos héros et le Marsu (la case oû Marsu mets la main sur la joue de Spirou est trop chou :ouah: ), les méchants sont charismatiques (un truc que je reproche à plusieurs albums de Franquin est que les méchants manquent de charisme, même John Helena qui est limite mieux dans Virus !), le scénario est solide, Valentin est un personnage intéressant, l'humour fonctionne bien.

Bref, 5/5 !
Membre de la Team Fournier !
Président auto-proclamé de la Team Gil Jourdan !
Membre à temps partiel de la Team Franquin, Tome et Janry, Tintin, Astérix et Blueberry !

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