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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: lun 19 mai 2014 00:40 
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5. Parce que j'attendais de lire ça depuis très longtemps, parce que le livre est très bien réalisé et pour l'intérêt historique.


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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: mar 20 mai 2014 03:20 
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3pour ma part , car c 'est une découverte la plus total sur les débuts de notre petit groom.

Maintenant , on peut ce rendre vraiment compte du pas de géant qu 'a apporté André Franquin dans la mise en page et la narration , un gouffre.
On se rend compte aussi que la Bd de cette époque était une façon annexe d 'apporter du beurre dans les épinards pour des artistes qui avaient plus la vocation d'être peindre ou illustrateur.

En conclusion : Il faut vraiment faire un effort monstre pour retrouver l'intérêt de l 'enfant de l'entre deux guerre après toutes l'évolution qu'a apporté cette art qu'est la BD.


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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: dim 31 aoû 2014 14:52 
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4. Rob-Vel n'est pas le meilleur auteur de Spirou (je place devant lui Franquin, Greg, Fournier, Jijé, Broca&Cauvin, Tome & Janry et Yoann et Vehlmann (je les mets dans l'ordre qu'il me vient, il n'y a aucune hiérarchie), les seuls que je mette en dessous — bien en dessous — étant les affreux Morvan et Munuera), mais il est le premier, ce qui est beaucoup.

Selon moi, cet album souffre du fait que les récits, faits pour être lus semaine après semaine, ne passent pas bien d'un coup: les planches se succèdent mal. Mais dans le journal ça ne posait pas de problème, parceque le lecteur ne mettait que rarement les planches bout-à-bout, tout fonctionnait sur le souvenir de ce qu'il avait lu le mercredi précédant. Donc si on veut vraiment profiter de l'album, je dirais qu'on devrait lire une planche par jour. Mais c'est trés contraignant, alors, tant pis… Reste que Rob-Vel a signé des aventures mal découpées mais néanmoins époustouflantes; je pense notamment à Sosthène Silly (qui préfigure de beaucoup Zorglub… pensez au Ondes Pharaoniques), à Spirou dans l'espace, etc. Le livre est donc indispensable, d'autant que (mais d'autres l'ont dit avant moi) les commentaires sont trés bien, et j'aurais donc pu mettre 5. Mais le mauvais découpage plombe le résultat. Dommage… 


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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: dim 5 mai 2019 13:32 
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Spirou par Rob-Vel

Il sera unique en son genre

Unique, notre groom, né d’un dessin sur une toile et animé par un peu d’eau de vie et par plusieurs dessinateurs (déjà à l’époque !), l’est assurément. Mais cet ouvrage est également unique à bien des égards. Y voir un recueil de BDs serait sans doute l’amputer d’une très grande partie de son intérêt, qui est au moins autant dans son éclairage sur cette période méconnue du groom pour le public moderne, donnant au lecteur un contexte aux gags et aux dessins qu’il renferme.

Devoir de mémoire

Dans sa première partie, cette intégrale est donc réellement passionnante, très habile mise en bouche quelque part pour les futurs « véritable histoire de Spirou ». Les anecdotes de la genèse du personnage, du choix de sa tenue de groom aux questionnements sur les implications de Rob-Vel, Blanche Dumoulin et Luc Lafnet dans les planches livrées aux Dupuis, sans oublier bien sûr les affres de la guerre et l’influence que celle-ci a eu sur non seulement ces premières aventures de Spirou, mais également sur le destin du personnage sont fondamentales pour bien appréhender l’œuvre. Ce travail de recherche permet ainsi de mieux appréhender la lecture : il devient ainsi plus facile de supporter les détours interminables dans le Repaire de Sosthène Silly, ainsi que d’accepter voire scruter les variations de trait parfois flagrantes et les transitions abruptes au sein d’une même histoire.

Sans cette introduction, il peut être facile de ne pas être investi dans ces aventures très « avant-guerre », et qui peuvent apparaître franchement datées. Car cette intégrale – si quelqu’un en doutait – ne s’adresse qu’aux afficionados du groom, et clairement pas au lecteur occasionnel. Ceux-ci, et seulement ceux-ci, seront donc ravis de découvrir la genèse du groom, sa rencontre avec Spip et ses premières aventures, qui sont tout de même très inégales. Notons que la plupart des différentes histoires ayant pour titre « Les Aventures de Spirou », je ferai référence pour des raisons de clarté à leurs titres officieux, car comme on dit, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement.

Histoires courtes et histoires (trop) longues

On pourrait distinguer, d’après les explications du volume, trois-quatre « périodes » (et sans doute une foultitude d’auteurs !) au sein de l’ère « Rob-Vel ». La première période, que l’on doit pour le dessin aussi bien à Luc Lafnet qu’à Rob-Vel, consiste ainsi en une série de gags en une planche, tous avec des titres propres donnés dans de (très jolis) bandeaux titres. C’est durant cette période uniquement que Spirou exercera le métier de groom, et je dirai seulement : quel dommage qu’elle soit aussi courte ! Alors certes, les gags, probablement imaginés par Blanche Dumoulin, la femme de Rob-Vel qui avec Luc Lafnet serait une des deux têtes derrière le mystérieux Davine, ne sont clairement pas exceptionnels. Certains ne sont tout simplement pas drôle (l’horticulteur, ou encore Spirou et le coup de l’ascenseur), mais le format d’une histoire par planche rend la lecture plaisante pour des séances de lecture courte, et nous permet de nous focaliser sur le trait, très détaillé, de Spirou. Mais surtout, l’univers développé est très sympathique avec la galerie de personnage du Moustic Hotel comme Entresol ou encore le perfide Verdegris, ou tout simplement les références à la Belgique de l’époque. On est très clairement dans un humour naïf typique des strips d’avant-guerre, et leur légèreté fait qu’ils gardent tout de même un charme désuet. La personnalité de Spirou, gamin capable de filouter pour éviter de travailler sous la pluie, mais également de dépenser ses précieux francs pour aider une jeune fille pauvre, correspond parfaitement à son surnom « d’espiègle au grand cœur », et lui donne ainsi une personnalité beaucoup plus intéressante qu’un vulgaire boy’s scout ou un chenapan. Et j’apprécie tout de même certains gags, comme Entresol enseveli dans « Spirou à Ostende ».

Néanmoins Spirou se lance assez rapidement dans sa première grande aventure, qui marque selon ma propre structure, la deuxième « période » Rob-Vel. Période sans doute la plus compliquée et aussi bien animées par Luc Lafnet, Rob-Vel, Blanche Dumoulin que d’autres dessinateurs en fonction des circonstances. Plus qu’une grande aventure, c’est surtout une aventure longue… mais alors vraiment trop longue. Ces « Aventures de Spirou » découpées en trois actes aux titres officieux de l’Héritage de Bill Money, le Repaire de Sosthène Silly et le Fils du Milliardaire sont tout simplement interminables. En fait, c’est surtout le Repaire de Sosthène Silly ou comme Trichoco l’a très justement appelé « le Délire Egyptologue » qui est une vraie purge.

Mais commençons par le commencement : dans la première partie - l’Héritage de Bill Money – Spirou est embauché par le Bill Money susnommé pour l’aider à dilapider son héritage qu’il reçoit sous forme d’un million de dollars par mois. Un chiffre totalement improbable pour une intrigue qui l'est tout autant, mais les péripéties restent relativement agréables à suivre et enchaînent les événements les plus improbables. La question - quel stratagème Spirou va-t-il trouver pour dépenser le million cette fois ? – donne une ligne directrice claire à l’intrigue, sans l’alourdir d’enjeux trop complexes. Surtout que dans cette partie, le dessin reste très agréable, notamment les « trognes » des personnages comme Bill ou son vil cousin. On notera tout de même que c’est la partie la plus « bavarde » de l’intégrale, avec des lignes et des lignes de texte, les auteurs usant voire abusant parfois de l’astuce de « faire une case de texte pour éviter certaines situations compliquées à dessiner et nous permettre d'atteindre le quotas de cases nécessaires par semaine plus rapidement ». Sérieusement, dans la planche sous-titrée « une destinée » par exemple, plus de la moitié est occupée par du texte ! Néanmoins cette tendance va en disparaissant, et j’apprécie notamment toute la partie à bord du « Trot », ne serait-ce que par les effets de mise en page, comme par exemple la case ronde centrale sur la planche « les révoltés du Trot », ainsi que le sens du détail dans le dessin sur la planche « Tempête sur l’île » par exemple.

Mais comme l’intrigue est écrite à la semaine, sans aucune planification à l’avance et sans forcément de logique à long terme (voire de logique tout court), celle-ci dévie complètement avec le Repaire de Sosthène Silly. Zappés tous les enjeux sur l’héritage (qui ne reviendront jamais plus), Spirou et ses amis se retrouvent prisonniers du savant fou Sosthène Silly. Et c’est lourd ! Mais lourd ! Il est évident qu’à ce moment, l’intrigue est en roue libre, et que le but est juste d’enquiller des pages et des pages. Pire, le dessin se dégrade complètement, avec la mort prématurée de Luc Lafnet et le départ pour la guerre de Rob-Vel. Si les bandeaux-titres gardent leur sous-titre, ceux-ci sont par exemple beaucoup moins beaux que précédemment. On notera aussi les décalques dans les dessins pour gagner du temps (cette tête du Spirou effrayé!!), et surtout cette intrigue sans queue ni tête. Qui plus est, après les changements de décors permanents précédents, le fait de rester constamment dans ce repaire, suite de clichés éculés sur l’Egypte antique régurgités sans une seule idée vraiment intéressante, est très anxiogène. Si cela passait peut-être plus facilement dans une lecture hebdomadaire, c’est vraiment assez pénible en intégrale. Heureusement, c’est là que la contextualisation donnée dans l’introduction prend tout son sens. Avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale, la mobilisation de Velter et la mort tragique de Lafnet, il devient extrêmement difficile de livrer les planches à temps, et Robert Velter et Blanche Dumoulin se débrouillent comme ils peuvent. Livrer la planche hebdomadaire devient une lutte et une question de survie. Ceci permet de garder une œil plus conciliant face à cette longue histoire qui n’en finit pas. Les auteurs étaient probablement autant dans la mouise que leur personnage à ce moment.

Heureusement, Spirou, Bill, Mr Papyrus et les autres parviennent à s’enfuir ; et avec le mariage entre Bill et Lotus-Vert, c’est toute l’intrigue qui est ainsi évacuée. Mais pas de temps à perdre pour Spirou, et ce qui aurait pu (ou dû… hum hum) apparaitre comme une fin naturelle à tous ces rebondissements rocambolesques s’étire avec le départ involontaire de Spirou en ballon (Rob-Vel nous refera le coup avec la fusée plus tard dans l’album) ! Je n’ai pas grand-chose à dire sur cette fin d’intrigue. L’enlèvement du fils du milliardaire n’est pas très intéressant, c’est une histoire convenue mais au moins les environnements changent plus régulièrement, rendant l’intrigue bien plus digeste à lire. La fin, en deux planches de Jijé est parfaitement abrupte mais également probablement une très bonne chose pour clore cette histoire qui aurait sans doute mérité de s’arrêter bien plus tôt !

La fin du Fils du Milliardaire marque la première intérim’ de Jijé sur le personnage, alors que Rob-Vel est toujours mobilisé. Lorsque celui-ci reprendra les rênes du personnage après la défaite française, il proposera sans doute sa meilleure période sur Spirou.

Spirou ami des animaux

C’est en 1941 que Rob-Vel revient avec cette intrigue officieusement appelée Le Cheval Ventriloque (titre parfaitement débile en passant, ce n’est absolument pas le cheval qui est ventriloque mais bien Spirou, et celui-ci exercera sa ventriloquie sur bien d’autres objets et animaux dans cette histoire). S’il ne s’agit pas de mon histoire préférée par Rob-Vel, il faut reconnaître que cette intrigue est déjà de bien meilleure qualité et d’une bien meilleure tenue, rappelant l’efficacité de l’Héritage de Bill Money sans les errements du Repaire de Sosthène Silly. Notamment, Rob-Vel et Blanche Dumoulin maintiennent une cohérence narrative à laquelle ils ne nous avaient pas forcément habitués : ainsi les deux premières planches où Spirou apprend la ventriloquie, qui semblent très éloignées du reste de l’histoire, son nécessaires à l’avancement du récit, et les auteurs font le tour de toutes les utilisations possibles de ce talent, sans en abuser complètement. On retrouve bien entendu cette naïveté très avant-guerre, avec ces personnages qui croient aux fantômes et aux chevaux parlants, mais rien de choquant pour un album de cette période. On notera, toujours comme pour l’héritage de Bill Money, des gentils et des méchants bien identifiés, des enjeux clairs, un dessin bien affirmé, avec des couleurs franches (mention spéciale au quartier louche !). Spirou a un dessin légèrement plus simple, il est moins cambré avec un visage moins détaillé qui le rend plus facile à animer et plus facilement identifiable. Il passe (enfin) d’un dessin de caricature à un personnage de bande dessinée !

Mais la meilleure histoire restera pour moi Spirou Fermier, qui voit comme son nom l’indique, Spirou acquérir une ferme et s’occuper des animaux qui la composent. Pas de méchants, juste une suite d’animaux facétieux comme l’âne comptable ou surtout le singe Jocko. L’intrigue très simple fonctionne parfaitement dans un style « gag sur une planche », et reste en outre très poétique. C’est probablement parce que c’est l’histoire qui se rapproche le plus du format histoires courtes que ça reste ma préférée. Neuf petites planches plus tard, et le syndrome de l’aventure taraude de nouveau notre jeune héros.

On retombe ainsi encore dans une série d’intrigues reliées avec le triptyque « Le Royaume de Rakiki », « Le Singe Bleu » et « Spirou et la Puce ». Comme pour la grande aventure précédente, c’est la partie centrale, ici le Singe Bleu, qui reste la plus faible, même si ça reste d’une bien meilleure tenue que les « silliness » du funeste repaire. Le gros avantage de cette histoire longue, qui en fait de facto la meilleure histoire longue de l’album, ce sont des intrigues mieux structurées. Les séparations entre les trois parties restent ainsi assez claires (si ce n’est l’impression très nette que des planches ont été perdues entre la page 231 et la suivante, car des pans entiers de l’intrigue disparaissent alors que d’autres apparaissent sans explication), ce qui se voit car les intrigues sont découpées dans l’intégrale, tout en formant un tout (relativement) cohérent. Le Singe Bleu reste la plus décevante, tant il semble que Rob-Vel et Blanche se soit lassés de cette intrigue au moment même où elle démarrait vraiment, ce qui donne une impression d’inachevé assez dérangeant. On notera également que c’est à cette période que Spirou perd, un temps seulement, ses cheveux ébouriffés pour une coiffure plus lisse, sans doute bien plus simple à animer ? Ou bien encore le signe d’un aide-dessinateur temporaire ? Si le dessin reste globalement cohérent cette fois, avec une situation plus stable pour les Velter pour leur permettre de dessiner (moins de contrats, Rob-Vel démobilisé, la France qui a capitulé etc), ce sont cette fois des contraintes de mise en page qui apparaissent dans Spirou et la Puce, où les strips se retrouvent séparés, sans bandeaux titres, indiquant probablement qu’avec les pressions sur les éditions Dupuis, le format de parution se comprimait.

Rachat et désintérêt

Les deux dernières histoires écrites dans les années 40 sont publiées après le rachat du personnage par les éditions Dupuis. Il n’est pas surprenant, comme souligné dans la partie introduction de l’ouvrage, d’y sentir un désintérêt croissant de son auteur envers ce personnage, avec (encore !) une baisse de qualité générale, que ça soit dans le dessin comme dans le scénario. Ainsi Spirou devient de plus en plus longiligne, perdant son trait enfantin. Il n’y a de plus toujours aucun bandeau-titre à l’horizon (sniff !) et ne parlons pas des scénarios. Spirou dans la stratosphère est au mieux abscons, me rappelant (peut-être à tort, je n’ai pas lu ce livre depuis fort longtemps) les intrigues de Gulliver. Après des œuvres comme Objectif Lune qui ont réellement insufflé de l’épique et du réalisme dans la conquête spatiale, il est vraiment difficile de s’impliquer dans cette histoire d’un Spirou dans l’espace car il s’est endormi dans une fusée alors que quelqu’un allumait sa cigarette. Toutes les intrigues ne passent pas l’épreuve du temps ! On aura au moins la satisfaction de dire que Spirou a devancé Tintin dans la conquête spatiale!
Quant à Spirou et l’homme invisible, il n’a soulevé chez moi que le désintérêt poli, tant ce qui s’y passe n’est pas fameux.

Un retour de piste raté

La dernière histoire, Spirou 1er, écrite dans les années 70 par Cauvin n’a qu’un seul intérêt. Voir l’évolution du trait de Rob-Vel, qui propose un Spirou qui n’a rien à voir avec : 1/ le Spirou existant à l’époque dans le journal, 2/ son propre Spirou ! Contrairement à Trichoco dans sa chronique, c’est pour moi également la pire contribution de Cauvin à Spirou, tout simplement parce qu’on y voit en germes tout ce qui fait que son Spirou n’a jamais marché dans la série principale : méconnaissance totale des codes et de l’univers de la série (qui est donc le professeur que Spirou vient voir ?), méconnaissance des personnages (pourquoi le Spip de Rob-Vel, pourtant franchement calme voire sans personnalité, se comporte ainsi ?), intrigue qui ne repose que sur la méchanceté/mauvaise volonté des personnages… bref un Spirou de commande, sans aucune inspiration. Il est quelque part dommage que ce recueil se termine sur l’histoire la plus faible, mais également très révélateur pour montrer en creux l’évolution du personnage, et quelque part « la route qui n’a pas été empruntée ».

En effet, ce qui est réellement important voire fascinant pour le féru de Spirou, outre de découvrir ses origines (origines toutes relatives, les auteurs successifs ayant une tendance à dater le début de la diégèse à Spirou sur le ring par exemple) est double : déjà, ce que l’introduction permet de faire remarquablement bien, de voir l’intrusion de la grande histoire dans la réalisation de la Bd (les errements narratifs et de dessin, le découpage des strips qui sont autant de contraintes dues à la guerre et au nazisme) qui font du Spirou de Rob-Vel un témoin de l’époque, de la vie du journal, des affres de la guerre (tout ce qui est porté maintenant par le Spirou de Bravo en somme), bref un héros plus important que les aventures qu’il vit. Mais surtout, de pointer par l’absence toutes les évolutions que notre groom préféré a connues. Le Spirou de Rob-Vel n’a quasiment rien en commun avec le Spirou que Franquin a récupéré au détour d’une case de la maison préfabriquée (et donc encore moins avec le Spirou que l’on voit évoluer nous lecteurs du XXIème siècle). Il n’a ni le même âge, ni les mêmes amis, les histoires n’ont absolument pas le même ton, la même structure narrative ni les mêmes codes de dessin. On y retrouve tout au juste : le costume et certains très psychologiques de base. Pour nous lecteurs « modernes » ce n’est donc pas Spirou, tout juste un « proto-Spirou », et l’intérêt de la lecture est également à rechercher dans tout ce qu’on a l’habitude de voir dans un Spirou mais qu’on n’y retrouve pas. Lire le Spirou de Rob-Vel, c’est accepter d’être bousculé dans ses habitudes, déboussolé dans une vision du personnage qu’on ne connait pas voire ne retrouve pas et essayer d’y retrouver des bribes du Spirou que l’on connaît.

Pour toutes ces raisons, il est difficile d’attribuer une note à ce recueil. Ce Spirou est vraiment trop différent du Spirou que l’on a pris l’habitude d’aimer, et si le travail de mémoire et de restitution est passionnant, les intrigues sont justes trop faibles pour la plupart pour mériter un 5. Pour moi ça sera un 3.


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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: dim 5 mai 2019 14:20 

A.D.S. en avant !
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Merci, Jalias, vraimen excellente analyse !... :ok:
Perso aussi, le "Silly" m'a paru interminable et déprimant !
Mais j'apprécie les gags du début (Spirou "groom" ;) ), ainsi que "Le Fils du milliardaire", qui met bien en valeur les qualités de Spirou (il y a du Davine-Blanche D. derrière... )
"Spirou fermier" est aussi amusant et original...

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Λ - Dissident, il va sans dire...


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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: lun 6 mai 2019 11:19 

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C'est tellement étudié et argumenté qu'il n'y a rien à y ajouter. Je profite néanmoins de cette belle étude pour rappeler à ceux qui n'ont pas eu l'occasion de le lire, le magnifique dossier que Stéphane Alexandre à réalisé pour notre bibliothèque sur le sujet des décalques qu'évoque Jalias dans son billet. C'est un travail de titan. En voici le lien :

http://www.inedispirou.com/bibliotheque ... dir=calque

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Désolé madame, je ne peins plus que les natures mortes ! Qu'on vous assassine, et c'est chose faite !


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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: mar 7 mai 2019 18:08 
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Merci pour cette analyse. Je suis d'accord avec à peu près tout sauf pour le dernier tour de piste :

Citation:
Contrairement à Trichoco dans sa chronique, c’est pour moi également la pire contribution de Cauvin à Spirou, tout simplement parce qu’on y voit en germes tout ce qui fait que son Spirou n’a jamais marché dans la série principale : méconnaissance totale des codes et de l’univers de la série (qui est donc le professeur que Spirou vient voir ?), méconnaissance des personnages (pourquoi le Spip de Rob-Vel, pourtant franchement calme voire sans personnalité, se comporte ainsi ?), intrigue qui ne repose que sur la méchanceté/mauvaise volonté des personnages… bref un Spirou de commande, sans aucune inspiration. Il est quelque part dommage que ce recueil se termine sur l’histoire la plus faible, mais également très révélateur pour montrer en creux l’évolution du personnage, et quelque part « la route qui n’a pas été empruntée ».


Je suis globalement d'accord avec le propos mais je persiste : c'est ce que Cauvin a fait de mieux pour Spirou. Ce n'est pas pour ça que c'est bien, mais ça passe beaucoup mieux que ses 44 pages avec Nic. Et je dirais même qu'il s'adapte mieux pour faire un scénario "à la Rob-Vel" qu'un scénario "aventure 44 planches". Son Spirou 38 est plus fidèle au Spirou de 1938 que La Boite Noire n'est fidèle aux Spirou des années 80. D'ailleurs quand on regarde bien, Spirou 38 n'aurait jamais pu être dessiné par un autre que Rob-Vel alors que Rob-Vel aurait très bien assumer la Boite Noire (quoique).

Concernant le trait de Rob-Vel, c'est vrai qu'il n'est pas vraiment proche du vrai Spirou de 1938. Mais Rob-Vel avait 33 ans de plus et il dessinait encore Subito tous les jours pour la presse quotidienne régionale. Je pense que ça aurait été beaucoup lui demander que de reprendre son style de l'époque. Je pense qu'il n'en était pas vraiment capable,ou alors avec un très gros travail de réadaptation. Et à Martens souhaitait probablement publier Rob-Vel plus que vraiment retrouver le vrai style d'époque. D'ailleurs même Fournier, et Janry qui sont quand même d'un niveau incomparable par rapport à Rob-Vel, ne dessinent pas du tout Spirou et Fantasio de la même façon aujourd'hui qu'à leur époque.

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 Sujet du message: Re: ROB-VEL L'intégrale
MessagePosté: mar 7 mai 2019 18:59 
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Trichoco a écrit:
Merci pour cette analyse. Je suis d'accord avec à peu près tout sauf pour le dernier tour de piste :


De rien! Et tant mieux si on est pas d'accord sur tout!

Trichoco a écrit:
Je suis globalement d'accord avec le propos mais je persiste : c'est ce que Cauvin a fait de mieux pour Spirou. Ce n'est pas pour ça que c'est bien, mais ça passe beaucoup mieux que ses 44 pages avec Nic. Et je dirais même qu'il s'adapte mieux pour faire un scénario "à la Rob-Vel" qu'un scénario "aventure 44 planches". Son Spirou 38 est plus fidèle au Spirou de 1938 que La Boite Noire n'est fidèle aux Spirou des années 80. D'ailleurs quand on regarde bien, Spirou 38 n'aurait jamais pu être dessiné par un autre que Rob-Vel alors que Rob-Vel aurait très bien assumer la Boite Noire (quoique).


Je comprends parfaitement, même si je n'ai pas le même avis. Malgré ses lacunes, le trait de Nic est quand-même moins daté que celui de Rob-Vel, ce qui fait que même la Boîte Noire est plus intéressante à lire. Et je n'ai jamais aimé les intrigues prétextes, donc le coup du Spirou de 38 qui veut débarquer en 70 juste pour voir sa frimousse, ça n'a tout simplement aucun intérêt pour moi. Au moins au sources du Z enrobe son voyage temporel anniversaire d'un réel enjeu qui fait qu'il propose une vraie histoire.

Trichoco a écrit:
Concernant le trait de Rob-Vel, c'est vrai qu'il n'est pas vraiment proche du vrai Spirou de 1938. Mais Rob-Vel avait 33 ans de plus et il dessinait encore Subito tous les jours pour la presse quotidienne régionale. Je pense que ça aurait été beaucoup lui demander que de reprendre son style de l'époque. Je pense qu'il n'en était pas vraiment capable,ou alors avec un très gros travail de réadaptation. Et à Martens souhaitait probablement publier Rob-Vel plus que vraiment retrouver le vrai style d'époque. D'ailleurs même Fournier, et Janry qui sont quand même d'un niveau incomparable par rapport à Rob-Vel, ne dessinent pas du tout Spirou et Fantasio de la même façon aujourd'hui qu'à leur époque.


Parfaitement d'accord, c'est pourquoi je dis bien que voir l'évolution du trait de Rob-Vel est le seul intérêt de ce Spirou 1er! :spirou:


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