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 Sujet du message: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: mar 5 juin 2012 14:05 

Prof Pigling
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à propos de Jean-Claude Fournier, cette excellente interview publiée aujourd'hui sur Actua BD. On y apprend que Fournier avait proposé de rependre Spirou après le ras le bol de Tome et Janry...

Jean-Claude Fournier 1/2 : "Charles Dupuis me dit : « M. Fournier, je vous conseille de vous asseoir. »"
29 mai 2012


Comment croiser Jean-Claude Fournier au festival d?Aubenas sans le noyer sous les questions ? L?occasion était trop belle pour ne pas revenir avec lui sur sa carrière. Cette première partie retrace ses premières années d?auteurs et la période Spirou. Retour sur une autre époque.

Vous avez fait des études de dessin pour être professeur. Comment l?idée de faire de la BD vous est venue ?

Je suis entré sur concours dans une école supérieure de dessin à Paris, les classes supérieures du lycée Claude Bernard, dont les classes de dessin n?existent plus aujourd?hui. J?ai été reçu. Et j?ai été reçu aussi en Lettres Sup à Rennes. J?avais envie de devenir professeur de dessin, mais aussi traducteur ou prof d?espagnol. J?adorais l?espagnol, je le parlais couramment. J?avais donc le choix. J?ai préféré aller à Paris parce que je faisais beaucoup de théâtre en amateur et je rêvais de faire du théâtre. Partir à Paris, ça voulais dire, sans avoir le regard de ma mère et qu?elle me suive partout, que j?allais pouvoir suivre des cours de théâtre. À Paris, j?avais des journées très chargées. J?étais étudiant pendant la journée, le soir j?étais au cours Dullin au TNP, et le jeudi après-midi et le samedi, je bossais dans une cave pour gagner un peu d?argent pour aider ma mère à payer mes études.

Au théâtre, je voulais tout faire. Et parmi les profs que j?avais au cours Dullin, il y en avait un qui m?aimait bien et qui m?a demandé un soir ce que je voulais faire. Mon rêve c?est d?écrire des pièces, de faire des mises en scène, de jouer le plus de rôles possibles, de faire les costumes, les décors, la musique. Alors, il m?a dit « C?est impossible. Soit tu choisis de jouer la comédie et tu as peut-être une chance d?entrer dans la troupe du TNP. Soit tu fais les costumes et les décors et il faut que tu ailles aux beaux-arts de Strasbourg. » Mon rêve s?écroulait.

Je suis rentré dans ma piaule, j?étais interne à Janson de Sailly. Mon copain de piaule me voit arriver la mine défaite. Je lui raconte tout. Et il me répond « Mais pourquoi tu n?essayes pas de faire de la bande dessinée ? Tu écrirais tes pièces, tu ferais la mise en scène, tu jouerais tous les rôles. » Et ça a été une véritable révélation.

Vous étiez un lecteur de bande dessinée ?

Oui mais chez moi, on n?avait pas les moyens d?avoir des BD, j?en lisais chez un copain. Très curieusement, il était abonné à Spirou et à Tintin. C?était rare. En général, c?était l?un ou l?autre. Et moi, j?ai tout de suite été attiré par Spirou et surtout par les dessins de Franquin. Le courant passait super bien entre lui et moi à travers ses dessins. La famille est pleine de petits dessins de Spirou faits par Jean-Claude Fournier à l?âge de 7 ou 8 ans. Plus tard, quand j?ai pu mettre de l?argent de côté, j?ai acheté les albums de Franquin. Puis j?ai eu toute la collection. Mais sans l?idée vraiment d?en faire moi même. Et quand l?idée s?est imposée que je pourrais en faire mon métier, j?ai beaucoup travaillé. J?ai relu les Spirou pour essayer de comprendre comment c?était fait. J?ai appris plein de choses comme ça.

Ça n?avait rien à voir avec les études de dessin, qui étaient certainement plus académiques.

Oui, mais cela dit, ces études-là, je remercie le ciel? non, je n?y crois pas à ces conneries-là? Mais la formule me plairait assez pour dire que je remercie vraiment le destin peut-être de m?avoir fait faire ces études qui étaient extrêmement académiques. Anatomie, perspectives, les sciences annexes? J?ai appris beaucoup de choses qui me servent tous les jours. Mais à l?époque, quand les profs de dessin ont appris que j?étais sur le point de me lancer dans la bande dessinée, ça a été la catastrophe. Ils ont voulu me virer. Mon frangin derrière qui arrivait dans la même école, ils l?ont eu à l??il. (rires) Il est devenu prof de dessin.

C?était en quelle année ?


Je suis rentré dans cette école là en 1964, je crois. J?y suis resté trois ans. J?ai quitté en 1967 alors que je commençais à faire mes premiers essais chez Dupuis.

Donc, après l?illumination de la bande dessinée, c?était forcément le journal de Spirou. Et vous avez été en Belgique pour montrer des choses ?

Oui, mais il y a eu un épisode entre-temps. J?ai toujours eu du bol. Un jour à Paris, Franquin, Roba, Peyo, Morris, Goscinny, je ne sais plus qui encore, viennent dans une librairie. Des idoles, quoi. Je gratte les fonds de tiroir et j?achète un album de Gaston parce que je trouvais que c?était normal d?acheter un album pour dédicacer. Il y aurait une brochette comme ça aujourd?hui, ce serait une émeute. Là, il y avait 30, 40 personnes. Je me rappelle, c?était à la librairie Dupuis, boulevard Saint-Germain. On descendait un petit escalier, la signature était en bas. Je me disais « je vais parler à Franquin, je vais parler à Franquin ». Il me dédicace mon album. D?ailleurs cette dédicace va paraître dans la biographie Fournier qui va sortir chez Dupuis faite par Joub et Nicoby. Donc, Franquin me fait la dédicace.

Et puis j?avais mon petit carton à dessins avec mes dessins, mais je n?osais pas lui dire. Et il me dit « Et dans votre farde-là, qu?est-ce que vous avez ? ». Je lui dis « J?ai fait quelques essais de bande dessinée ». « Montrez-moi ça ». Alors bon, je lui montre. Franquin : « Ah, c?est pas mal ». Les autres : « Montre un peu André, on peut voir ? ». C?est vrai qu?à l?époque, il n?y avait pas beaucoup de gens qui voulait faire de la BD. Ils regardent les dessins, et tous disent « C?est bien, c?est bien ».

Là-dessus, la patronne du magasin nous arrête, parce qu?à l?époque, quand il y avait une séance de signature, il y avait un moment de repos où on buvait le champagne et ils faisaient venir une vedette du show-biz. Et là, il y avait Adamo. Donc, Mme Fleury appelle les dessinateurs dans une petite salle à côté, et Franquin nous invite à venir ma femme et moi. On commence à discuter avec ces mecs-là, mais j?osais à peine leur parler. Franquin me dit « Il faut que je vous présente à Goscinny. Ça vous intéresse de paraître dans Pilote ? ». Je lui réponds « Non, pas du tout. C?est dans le journal où vous êtes que je veux paraître. » Il était effaré de voir un jeune Français de 22 ans qui ne voulait pas commencer par Pilote. Il m?a donné quelques conseils, et puis il me propose de lui téléphoner pour qu?il me présente à la rédaction de Spirou. Je rentre avec ma femme sur un petit nuage. Et puis là je m?aperçois que je n?avais pas son numéro de téléphone. (rires) Je n?ai pas osé retourner au magasin.

Alors, j?ai su qu?il y avait des filières. Qu?un mec de l?école supérieure des beaux-arts vendait l?adresse de Franquin. Ça m?a couté 50 balles, et à l?époque ce n?était pas rien. Donc, je lui écris une lettre et puis je prévois mon coup. Il y avait les vacances de la Toussaint qui arrivaient et j?ai demandé à mon patron à la cave si je pouvais avoir quelques jours. Je loue une 4L pour partir avec ma femme. C?était notre voyage de noces, on était mariés depuis trois mois. On s?apprête donc à partir en Belgique. Mais je n?avais pas eu de réponse de Franquin. J?étais embêté. Et juste au moment où on finit de remplir la voiture sur le trottoir, un porteur express arrive en mobylette. Il me tend une lettre à l?entête de Franquin. J?ouvre le c?ur battant, et je lis « Cher confrère? ». Waahh (rires). Je l?ai gardée celle-là. « Cher confrère, je viendrai vous chercher à Bruxelles, etc. »

On est arrivés à Bruxelles tard le soir. On a dormi dans un hôtel près de la gare du Midi. Le lendemain matin, j?ai appelé Franquin qui est venu nous chercher. Il avait une Morris 1300 ou 1100, crème ou rouge plutôt. Il est venu nous chercher et il nous a emmenés à la rédaction de Spirou, à la direction artistique, chez Maurice Rosy. Et il m?a fait comprendre que c?était désormais à moi de jouer. J?ai montré mes dessins à Rosy, qui les a démolis. Je suis sorti avec une folle envie de chialer. Je m?en rappellerai toujours. En quittant le bureau de Rosy, je lui ai dit « Enfin, écoutez, est-ce que vous croyez que ça vaut la peine que je continue ? » Et il m?a répondu, ce que je réponds aussi maintenant aux jeunes, « C?est à toi de savoir si tu as envie ». Rosy m?a éconduit.

Franquin m?a accueilli, il a vu que j?étais au bord des larmes. Il nous a emmenés ma femme et moi faire la connaissance de Bruxelles, des restos. Et il me dit « Quand vous avez envie de venir passer quelques jours chez moi, faites signe, et je vous prendrai pour travailler parce que vous avez des qualités qui m?intéressent ». Je l?ai pris au mot et tous les deux mois, j?allais passer quelques jours dans son atelier. Un atelier ultra-secret, dont il ne fallait pas révéler l?adresse.

Il y avait qui d?autre dans l?atelier ?


Il n?y avait que moi. Franquin n?a jamais vraiment reçu dans son atelier, sauf peut-être son coloriste qui s?appelait Phumiphon. Et Batem aussi, je crois. Je ne suis pas sûr. J?ai vraiment vécu pas mal dans cet atelier. Il m?a appris beaucoup de choses, évidemment. Et en plus par l?exemple. C?était un dessinateur tellement extraordinaire qu?une après-midi passée avec lui, c?était trois mois d?école.

Et les planches que vous avez montrées dans la librairie et plus tard à Rosy, c?était quoi ?


Il y avait les aventures d?un petit gardien de square. Une sorte de faux Longtarin. Franquin me l?a dit tout de suite. Et puis il y avait les débuts d?un personnage qui allait devenir Bizu. C?était un personnage méchant au départ. Franquin m?a beaucoup aidé dans l?évolution du personnage, pour le rendre plus amical. Quand j?étais dans son atelier, il passait parfois deux ou trois heures avec moi pour travailler sur mes dessins. Je ne me rendais pas compte à l?époque. Quand je pense maintenant au cadeau qu?il m?a fait. Extraordinaire.

Et donc, vous avez travaillé dans son atelier pendant combien de temps ?

Un an et demi jusqu?à ce que Rosy me dise que ça lui plaisait bien.

À chaque fois, vous retourniez voir Rosy ?

Oui, et il voyait que ça progressait. Et un jour il me dit « On va aller voir le rédacteur en chef ». Donc, on va voir Delporte, qui a déjà entendu parler de moi, et qui m?a eu à la bonne tout de suite parce que c?était un passionné de celtisme. Il commençait à apprendre le gaélique. Quand il a su que je jouais de la cornemuse ou du biniou, il m?a dit « Mais c?est dingue. La prochaine fois que vous venez, amenez votre biniou. » Je lui ai dit « Mais bien sûr ! ». De la cornemuse dans les locaux de Spirou, rue de Livourne? Ça a été quelque chose. (rires)

Alors voilà, ils ont pris ma première histoire de Bizu, 10 planches. Ça s?appelait "Pourquoi pas". On ne ferait pas démarrer quelqu?un avec ça maintenant. À l?époque, on était beaucoup plus ouverts, et puis en plus, il y avait très peu d?auteurs. Delporte m?a dit « C?est bien, ça me plait ». On est allé voir l?éditeur Charles Dupuis dans son bureau. Il m?a laissé seul avec lui. À l?issue de cette discussion, Charles Dupuis m?a dit « À partir de maintenant, considérez-vous comme faisant partie de l?équipe des dessinateurs du journal de Spirou. » C?était fait.

Pas de contrat. On démarre et puis on verra après. Mais c?est vrai que pour vous, il n?y avait pas encore d?album, c?était payé à chaque publication dans le journal de Spirou.

Oui, et comme je faisais 10 planches par mois, ça me faisait les mêmes revenus que si j?avais été prof de dessin débutant. Je n?en revenais pas. De gagner du fric, je n?en revenais pas. Donc j?ai démarré comme ça. Le premier album Bizu est venu bien après. Mon premier album a été un Spirou.

Alors justement, Franquin avait envie de passer la main, mais pourquoi vous avoir choisi ?

Oui, c?est la question. (rires) Franquin avait envie d?arrêter Spirou, il me le disait souvent. Mais moi je n?aurais jamais eu l?outrecuidance de lui dire « Je suis là ». Je n?y aurais même pas pensé. Et un jour, j?arrive à la rédaction, porter des planches de Bizu. Delporte me dit « C?est bien que vous soyez là, l?éditeur veut vous voir ». À l?époque, il y avait les conneries de référendum et Bizu était toujours dernier. Je me dit « Ça y est, mon compte est bon ». Charles Dupuis me dit « M. Fournier, je vous conseille de vous asseoir. (rires) Est-ce que vous êtes contents de ce que vous faites ? » Je lui dis « Moi je suis content de ce que je fais, mais apparemment les lecteurs? » Il me dit « Oui, je suis au courant. Bon, je vais vous dire. On a pensé à vous pour reprendre les aventures de Spirou de M. Franquin. »

(silence) Je suis resté? Je ne parviens même pas à croire que c?est vrai. C?est une blague. « Non, non, c?est à vous qu?on a pensé. Quand est-ce que vous m?amenez les premières planches ? » Je lui dis « Il faut que je travaille les personnages. Je n?ai jamais travaillé Spirou et Fantasio. Il me faut au moins deux mois. » Il me dit « Non, non, dans trois semaines, vous m?amenez la première planche et un scénario. » Trois semaines plus tard, il les avait.

Après quelques nuits blanches.

Oui, j?ai bossé. C?est une des rares fois dans ma vie où j?ai eu le sentiment de travailler. Ça a été très dur. J?ai fait des milliers de crobards. Et en plus, j?ai inventé un scénario, Le Faiseur d?or, que j?ai montré à Franquin. Et j?étais embêté, parce que je voulais lui demander de me laisser le Marsu pour la première histoire. Je me disais que sans le Marsu, j?allais me faire écharper. Même avec, je vais me faire dégommer. Mais sans, je me fais tuer sur place. Et André a convenu tout de suite qu?il fallait me laisser le Marsu. Mais, il a voulu absolument l?encrer. Et voir le scénarimage complet de l?histoire pour voir le rôle que je donnais au Marsu. J?ai revu tout mon scénario. Et ça lui a beaucoup plu. Et c?est parti comme ça.

Il y avait qui finalement sur les rangs pour reprendre Spirou ?

Je pense qu?il y avait Jidéhem. Peut-être Seron aussi. Mais je ne sais pas trop. Jidéhem, j?en suis presque sûr. Un jour, j?étais chez André, rue des Marcassins. On prenait l?apéro et je lui montrais des planches. On voit une voiture qui monte dans l?allée. Il me dit "Oh là, c?est Jiji, ramassez-ça". Je n?ai rien dit, mais j?ai compris que ça voulait dire qu?il ne fallait pas que Jidéhem voit ça.

Il y avait là un concurrent potentiel.

Je ne sais pas. Mais par la suite, des années après, avec l?enchaînement des événements, je suppose que j?ai dû faire beaucoup de jaloux et d?envieux. Mais moi, je suis naïf et je trouve tout le monde gentil. Je ne vois jamais la méchanceté. Mais bon...

Et finalement, de toutes ces années Spirou, qu?est-ce que vous en gardez ?


Un plaisir fou. Un bonheur éperdu. J?ai adoré faire Spirou, bien sûr. C?est moi qui ai arrêté, mais Dupuis avait prévu de me l?enlever. Il attendait seulement de trouver un remplaçant. Pour moi, ce n?était pas la peine de continuer dans des conditions pareilles. La seule chose que je regrette, c?est de m?être précipité. Quelques mois après, Dupuis bradait son entreprise. Et je me serais bien entendu pour Spirou avec les gens qui sont venus ensuite. Si j?avais été moins brutal... Mais je suis Breton. Donc, je suis parti sans indemnités. Il y avait ça aussi que Dupuis craignait. S?il me virait, il y avait rupture de contrat tacite. Je n?avais pas signé de contrat, mais comme il acceptait mes histoires depuis 10 ans, il y avait contrat tacite, donc indemnités à la clef... Non, je regrette juste de m?être précipité. Mais bon, la page est tournée.

Il y a quelques années, j?ai proposé à Claude Gendrot de reprendre Spirou parce que Tome et Janry visiblement en avaient marre. Gendrot n?a pas accepté. J?avais 61 ans. Peut-être qu?il s?est dit qu?on ne peut pas investir sur un dessinateur de cet âge-là. Il y a 9 ans. Et je suis toujours là. Et si j?avais fait Spirou entre-temps, il y a 5 ou 6 albums qui seraient publiés. J?avais pourtant de bons scénarios...

Propos recueillis par Thierry Lemaire

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Désolé madame, je ne peins plus que les natures mortes ! Qu'on vous assassine, et c'est chose faite !


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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: mar 5 juin 2012 14:07 

Prof Pigling
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la suite vient de paraître sur ActuaBD, je vous la livre mais tout le mérite leur revient pour cette excellente interview... avec en primeur le sujet de prochain double album de Jean-Claude Fournier, sur scénario de Kris.

Jean-Claude Fournier 2/2 : "Je suis animé par une passion, ce n?est pas plus compliqué que ça."
1er juin 2012



Seconde partie de l?interview de Jean-Claude Fournier qui démarre au lendemain de son arrêt des aventures de Spirou. Au menu, Bizu, la Bretagne, son rôle de "grand frère" pour certains auteurs débutants, les Chevaux du vent, son implication en Afrique et son prochain album avec un scénariste breton.

Après la période Spirou, vous reprenez Bizu.

Il y a eu quelques histoires dessinées par Gégé pendant que je faisais Spirou, et puis on a arrêté. Et Bizu est revenu sur le devant de la scène depuis que je l?ai repris. Quatre albums ont été publiés chez Dupuis, dont je suis assez fier.

Comment vous expliquez que la série n?a pas eu autant de succès qu?elle aurait dû en avoir ? Parce qu?il y avait tous les ingrédients pour que cela devienne un best-seller.

On a essayé d?analyser la chose. On est arrivés à cette conclusion que graphiquement, la série était plutôt pour les enfants, alors que le contenu, des petits contes philosophiques, n?était pas du tout adapté à ce lectorat. La couverture était ciblée enfants alors que les histoires sont incompréhensibles pour des petits de 8/9 ans. C?est ma faute.

C?est vrai que ça plaisait beaucoup aux adultes.

Et aux filles adolescentes aussi. Dupuis va sortir l?intégrale Bizu. On va voir si ça marche, si on sent qu?il y a un petit appel... À ce moment là, on peut redémarrer. Tatiana Domas, une dessinatrice, s?est préparée à la reprendre, a fait des essais et est prête à mettre en images mes scénarios. Et là, ce sera vraiment très enfantin.

Dans toutes vos séries, j?ai l?impression, et je ne suis pas le seul, que le fil rouge c?est la poésie.


C?est rigolo, parce que tout le monde dit que je suis un poète mais je n?ai pas du tout l?impression d?en être un. On m?a même surnommé le poète breton. Tant mieux. Je prends ça pour un compliment, mais je n?ai jamais très bien compris...

Bon, alors c?est naturel. (rires)

Oui, je dois avoir la fibre poétique.

Alors justement, vous parliez de poète breton. Le fait de commencer par Bizu dans la forêt de Brocéliande, et de faire l?Ankou chez Spirou, c?était une nécessité, une facilité, une volonté un peu militante ?

Bizu, c?était une bande dessinée volontairement bretonne. Schnokbul joue un petit peu de cornemuse, tout ça. L?Ankou, c?est un hommage à ma grand-mère. Quand elle était jeune fille, elle était conteuse. Quand j?étais gamin, elle me racontait des histoires pour m?endormir. L?Ankou revenait sans arrêt et elle me foutait les jetons avec ça. Un jour j?ai eu envie de parler du nucléaire. Je me suis dit : nucléaire, maladie, mort. Mort, Bretagne... : L?Ankou ! Tiens ? Ce serait pas mal de ressortir le valet de la mort en parlant du nucléaire. Un message à peine appuyé (rires). Et j?ai bâti mon histoire autour de ça. Et je trouve qu?en plus, L?Ankou ça fait un beau titre. Mais ce personnage-là existe dans toutes les civilisations. J?aurais pu aller le chercher chez les Espagnols, en Finlande, etc. Là, je l?ai situé en Bretagne parce qu?il y avait les centrales nucléaires, les monts d?Arrée. Et puis ça me faisait plaisir de faire une histoire qui se passait en Bretagne. Une doc facile à trouver...

Et puis c?était l?époque où il y avait beaucoup de manifestations contre l?implantation de centrales nucléaires en Bretagne.


Ils se sont bien servis de mon Ankou, hein. Dans la troisième intégrale Spirou, où il y a L?Ankou en couverture, il y a dossier d?introduction, qui explique en passant pourquoi j?ai quitté Dupuis, et puis l?utilisation qui a été faite de mon personnage. Il y a eu de grandes manifs à Quimper avec un Ankou de 3 mètres de haut. C?est tombé au moment de la centrale de Plogoff.

Ça coulait de source que ça se passe en Bretagne.

Mais je n?ai fait qu?une seule histoire de Spirou en Bretagne. On m?a dit « ouais, mais il y a aussi Du Cidre pour les étoiles ! ». On m?a reproché de faire un Spirou breton. Mais Spirou n?a jamais été breton, beaucoup moins que Gil Jourdan par exemple. On fait du cidre partout en Europe ! Mais il y a pire.

Jean-Luc Dupuis, un des fils de la famille, a dit que Tora Torapa également, c?est breton. À la réunion de la dernière chance où j?ai réuni tous les gens de chez Dupuis pour voir ce qu?ils avaient à me reprocher, je lui dis « - Attends, ça se passe entièrement en Polynésie ». Et il me répond, « - Oui, mais ça fait breton ». Et là je ne comprenais pas.

Et c?est bien après que j?ai appris pourquoi. Les Dupuis se déplaçaient tous les lundis à Paris rue Bellini, pour faire le point avec les représentants, et donc ils épluchaient le Spirou de la semaine. Et cette semaine-là, Tora Torapa passait dans le journal. Il y avait l?arrivée à l?aéroport de Tora Torapa. Bon, pour faire l?aéroport, j?avais fait des bâtiments modernes et puis j?avais mis des mâts avec plein de drapeaux de tous les pays. Je m?étais amusé, petit clin d??il, à mettre un drapeau breton parmi tous les autres. Et à la réunion, le représentant de l?Ouest (qui me l?a raconté plus tard) dit à Jean-Luc Dupuis « - Oh, regardez, il a mis un drapeau breton ! » Et Jean-Luc Dupuis, c?est de ça dont il s?est rappelé. « - Ça fait breton », pfff?

La Bretagne fait tout de même partie de votre vie personnelle et professionnelle. Vous avez par exemple accueilli certains auteurs dans votre atelier pour les accompagner, comme l?ont fait Franquin et Jijé à leur époque. Cette transmission, c?était le souvenir de votre expérience avec Franquin ?

Oui, mais avec les dessinateurs que j?ai accueillis, c?était plus un échange qu?un enseignement. Bien sûr, j?avais des trucs à leur apprendre qu?ils ne connaissaient pas. Mais ils critiquaient aussi mon travail, ça a été très enrichissant. Ils ne sont pas tous venus au même rythme. Il y en a certains qui ont carrément vécu dans mon atelier comme Malo Louarn ou Jean-Luc Hiettre. Il y en a d?autres qui ne venaient que le mercredi ou le samedi. Je m?arrangeais toujours pour qu?il n?y en ait pas deux en même temps, parce que je n?avais pas le même message à délivrer. Lucien Rollin venait toutes les deux semaines. Gégé c?est pareil. Emmanuel Lepage était là sans arrêt. À une époque, je me demandais si c?était moi ou ma fille qui l?intéressait. (sourires) Emmanuel était souvent là, comme Michel Plessix, mais jamais ensemble. C?était une période très intéressante. Il n?y avait pas encore trop de gens dans le métier. Les portes étaient encore ouvertes. Je sentais chez eux tellement de qualités. C?était vachement bien.

Et vous alliez aussi loin que Franquin ? C?est à dire ouvrir les portes chez Dupuis.

C?était un peu ça, parce qu?il se trouve qu?il y avait Thierry Martens dans la rédaction de Spirou avec qui j?étais assez copain. Il me faisait confiance. Quand j?avais un élève assez au point, je lui disais d?envoyer ses dessins à la rédaction de Spirou, et puis j?appelais Martens pour le prévenir et lui demander de regarder avec attention. Donc, il y en a certains qui ont démarré comme ça.

Et aujourd?hui, vous avez encore des apprentis dessinateurs dans votre atelier ?

Oui, mais pas beaucoup. J?ai deux filles et un petit gars. Mais ils ne viennent pas souvent. Les deux filles travaillent et le garçon est lycéen à Rennes mais pas souvent là. Mais je n?ai pas trop le temps non plus. Et puis le temps des Chevaux du vent, mon atelier a été envahi de documentation. C?était un tel bordel que je ne pouvais recevoir personne. Quand je les recevais, c?était dans ma cuisine, on discutait un peu. Là, j?ai tout rangé.

Alors justement, les Chevaux du vent. Un nouvel univers que vous n?aviez jamais abordé. À part l?amitié pour Christian Lax, qu?est-ce qui vous a poussé à accepter ce projet ?

Il y avait très longtemps que Lax voulait qu?on travaille ensemble. On est très amis. Il me disait « Je ne te ferai pas de scénarios tant que tu feras du gros nez ». Et moi, je continuais à faire du gros nez. Et les Crannibales se sont arrêtés, ça ne marchait pas bien. Je me suis demandé ce que j?allais faire. J?avais 61 ans. Est-ce que je me mets à la retraite ? Ou est-ce que je tente autre chose ? Oh et puis merde, je tente le dessin réaliste. Hop, comme ça. J?appelle Lax et je lui dis « Allez, je passe au réaliste ». Il me répond « Je t?envoie un synopsis ». Moi, je me dis « De toutes façons, quoi qu?il m?envoie, je l?accepte ». J?aime bien ce genre de défi. Et je vois arriver le synopsis sur mon écran ¼ d?heure plus tard...

L?Himalaya m?emmerdait. Ce peuple-là ne m?intéressait pas. L?imprégnation religieuse partout me sortait par les trous du nez. Mais j?ai accepté. J?ai commencé à bosser, bosser, bosser sur ces pays-là. Au bout de trois mois, j?étais passionné par les royaumes himalayens. Ces peuples me passionnaient. J?en avais toujours rien à foutre de l?imprégnation religieuse, mais graphiquement, c?était intéressant. Plein de petits monuments qui remplissent le décor, les robes des moines, les chevaux du vent, etc. Ces peuples m?ont touché. À tel point que j?ai eu un grand coup de cafard quand j?ai terminé le second tome.

Dans le style dépaysant, on connaît moins votre implication en Afrique par le biais de stages de dessin. Vous ne faites plus ça ?

Le dernier que j?ai fait c?était au Cameroun, il y a huit ans. Au départ, c?était au Sénégal. Ça venait du Le Gri-gri du Niokolo-Koba, qui avait fait de moi un dessinateur de bande dessinée apprécié en Afrique. Le président Sédar Senghor avait reçu un exemplaire et m?avait envoyé un courrier pour me remercier. Quand j?ai été de passage là bas, Abdou Diouf m?avait invité à sa table alors qu?il était Premier Ministre. C?était un petit peu la bande dessinée nationale du Sénégal. On m?a souvent fait venir là bas pour animer des stages pour les enseignants, les formateurs en pédagogie, les étudiants, les dessinateurs. J?ai dû faire une dizaine de stages à Dakar. On me payait des vacances en Casamance, on faisait venir ma femme. C?était génial. En Côte d?Ivoire, j?ai participé une fois au festival Coco bulles. Moliterni était là d?ailleurs. Une expérience intéressante, surtout qu?on était là bas au moment où ils se tiraient dessus. Un soir, il y a une balle qui a sifflé pas loin de notre voiture, je n?étais pas rassuré. Au Cameroun, je suis allé deux fois.

C?était une expérience importante pour vous ?

C?était génial, parce que les Africains ne fonctionnent pas exactement comme nous. Quand on leur demande de créer un scénario, chacun arrive avec 50 histoires. Pour l?imagination, là, les Bretons sont battus ! Mais ce sont des histoires africaines que l?on ne comprend pas bien. Je leur expliquais qu?il fallait que leurs histoires soient un peu plus universelles s?ils voulaient qu?elles soient lues partout. On a pas mal travaillé. Ils étaient très réceptifs. Parmi ceux que j?ai eu en stage, il y a eu Pahé qui est devenu un dessinateur chevronné. Les autres ont plus de mal.

Nous avons entendu parler d?un projet avec Kris au scénario. De quoi s?agit-il exactement ?

Deux albums sur une histoire qu?il a débusquée à travers les recherches d?une prof de la Fac de Bretagne Sud à Vannes. Cette femme a ressorti des dossiers qui sont connus que de quelques personnes. Pendant la dernière guerre, les Allemands ont fait prisonnier l?armée française. Ils ont amené les blancs en Allemagne. Des Noirs et des Arabes, en revanche, ils n?ont pas voulu. Ils ont fait des camps en France pour ces gens là, dont cinq en Bretagne. Le plus important de tous étant près de Quimper. Ce qui s?est passé, c?est que ces gens-là ont travaillé dans les fermes. Et puis bien sûr, il y a eu des histoires d?amour avec les petites fermières bretonnes, avec des enfants à la clef. Certains ont fui le camp et ont rejoint la Résistance. Il y a eu des Noirs et des Arabes dans la Résistance en Bretagne. On a des preuves écrites.

Donc l?histoire, ce sera sur tout ça, et notamment sur l?épilogue. Car quand la guerre est finie, tous ces soldats-là ont été mis dans des bateaux et renvoyés dans le Maghreb et en Afrique noire sans autre forme de procès. Ceux qui avaient des enfants ou des histoires d?amour, on s?en foutait. Vous rentrez chez vous et vous fermez vos gueules. Le problème, c?est qu?arrivés à Dakar, ils devaient toucher un petit pécule qu?ils avaient gagné en travaillant dans les fermes. Le pécule était arrivé à Dakar, mais il avait déjà été dilapidé par les officiers en place. Les mecs se sont rebellés et il y a eu un véritable massacre. On va commencer notre album par ça, et puis ensuite on va revenir en arrière. Kris va bientôt m?envoyer le scénario.

Toujours dans un style réaliste.


Oui, en couleur directe, mais cette fois-ci peut-être à la gouache. Il faut que je travaille ça, je vais voir.

Comment vous expliquez qu?à 70 ans, vous déjouez tous les pronostics du dessinateur qui devient dépressif avec le temps ?

Je suis animé par une passion, ce n?est pas plus compliqué que ça. Je ne me vois pas m?arrêter de dessiner. Je pense parfois à prendre ma retraite, mais qu?est-ce que je ferais ? Alors, parfois je caresse un rêve. Si un jour, vraiment, je prends ma retraite et j?arrête, alors je vais enfin réaliser le rêve que j?ai depuis mon enfance, c?est-à-dire réserver une pièce de la maison pour monter un grand réseau de trains électriques miniatures. Mais je ne le ferai sans doute jamais.

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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: jeu 7 juin 2012 13:57 
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Dupuis va sortir l?intégrale Bizu


Ça pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle. Espérons que nous n'attendrons pas trop, déjà que "les chevaux du vent" sont reportés au mois de décembre...


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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: mer 20 juin 2012 16:53 

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arsen33 a écrit:
Citation:
Dupuis va sortir l?intégrale Bizu

Espérons que nous n'attendrons pas trop, déjà que "les chevaux du vent" sont reportés au mois de décembre...


Non non, "les chevaux du vent" T.2 sont officiellement maintenus pour vendredi 22 juin. Du reste j'ai le livre sous les yeux.

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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: jeu 21 juin 2012 15:07 
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Pigling-Bland a écrit:
arsen33 a écrit:
Citation:
Dupuis va sortir l?intégrale Bizu

Espérons que nous n'attendrons pas trop, déjà que "les chevaux du vent" sont reportés au mois de décembre...


Non non, "les chevaux du vent" T.2 sont officiellement maintenus pour vendredi 22 juin. Du reste j'ai le livre sous les yeux.


Effectivement, c'est même apparemment déjà sorti et dispo dans certaines librairies. Il y a du y avoir un cafouillage au niveau des sites de ventes en ligne parce que début juin la plupart avait changé la date pour décembre 2012.


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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: jeu 21 juin 2012 16:15 

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arsen33 a écrit:
Effectivement, c'est même apparemment déjà sorti et dispo dans certaines librairies. Il y a du y avoir un cafouillage au niveau des sites de ventes en ligne parce que début juin la plupart avait changé la date pour décembre 2012.

Oui, si je l'ai c'est parce que je l'ai acheté en librairie... je n'ai pas de passe-droits :D

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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: lun 18 fév 2013 16:22 
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arsen33 a écrit:
Citation:
Dupuis va sortir l?intégrale Bizu


Voila le premier tome (1967-1986) c'est pour le 22 mars d'après le site de Dupuis (240 pages - prix 24?).
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Sortie en même temps que "Dans l'atelier de Fournier" (160 pages - prix 24?)
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Présentation: Barbu, grognon, sympa, un peu ogre et franchement breton, 45 ans de métier, formé par Franquin, et auteur, entre autres, de 9 tomes des aventures de Spirou, Jean-Claude Fournier est incontestablement une légende de la bande dessinée. Et c'est dans l'antre de cette légende que Joub et Nicoby ont eu le bonheur de se transformer en archéologues d'un jour, en compagnie du Maître. Une exploration inédite et pleine d'humour de l'univers de Jean-Claude Fournier, dont on (re)découvre toute la richesse à travers anecdotes, récits, dessins et documents d'archives.


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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: lun 18 fév 2013 19:25 
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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: lun 18 fév 2013 21:06 
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Je ne sais pas trop si j'achèterai l'intégrale Bizu (je possède quelques albums) mais "Dans l'atelier de Fournier" va finir illico dans ma bibliothèque! En plus, ça a l'air assez original comme traitement...

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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: lun 20 juin 2016 15:26 
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Le tome 2 de Bizu est enfin annoncé pour le 2 septembre...
Image
Sont publiés ici "Le signe d'Ys", "Le fils de Fa Dièse" (parus aux éditions Fleurus) ainsi qu'une aventure inédite et inachevée de 35 planches : "Le grand désordre". Celle-ci est présentée sous forme de planches originales en fac-similé.

Il faudra encore attendre le tome 3 pour le reste. J'espère que cela ne sera pas dans 2 ou 3 ans...


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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: mar 16 mai 2017 23:53 
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Le tome 3 de Bizu est annoncé pour le 6 octobre 2017:
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La même date sort le 1er tome de l'intégrale Crannibales


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 Sujet du message: Re: Jean-Claude FOURNIER
MessagePosté: mer 17 mai 2017 12:06 

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Tout à fait et je peux d'ores et déjà vous informer quà l'appui de ces nouveautés, nous fêterons les 50 ans de carrière de Jean-Claude Fournier en exclusivité à la librairie Bulle Le Mans les 2 et 3 décembre 2017...
Son album Aire Libre "Plus près de toi" paraît également en octobre ainsi que l'album Black & white Du glucose pour Noémie.

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