Numéro 4612 du 02/09/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/pour-la-rentree-sach ... ses-etats/
Une nouvelle série, en couverture, pour ce numéro de rentrée, idoine puisqu’il s’agit des mésaventures d’un collégien, quoi que pas tout à fait comme les autres, bien qu’il essaie de se faire passer pour tel dans la première planche censée être dessinée par lui-même pour un exposé sur le thème « dessine ta vie ». Le dessin est en fait de Stella Lory, et la couverture montre que l’on aura à faire, en fait d’ado, à un émule de mutant de super-héros, parentée revendiquée puisqu’il a obtenu ses super pouvoirs lors d’un incident imprévu, que sa langue immense allant former le S de Spirou en couverture fait penser à Mr Fantastic des FF, mais la multiplication du personnage sous de multiples apparences sur la page montre qu’il s’agira en fait d’une série délirante , intitulée Sacha dans tous ses états, au sens propre, puisque chaque jour un nouveau pouvoir – non cumulatif avec les précédents – peut le faire radicalement changer, pouvoir dont tout le monde semble être au courant, autre différence, radicale, avec les super héros masqués (même Imbattable l’est, alors que tout le monde connait son identité, et qu’il ne semble pas en avoir d’autre que celle de super-héros). Le scénariste en est Thitaume, connu surtout pour l’adaptation en BD des Lapins crétins, et dans Spirou pour de nombreux gags de Game over entre 2012 et 2022, Mélie et le Monster Maker Club, série jeunesse chez Dupuis (quelques pages ayant été publiées dans Spirou), et du très éphémère Matt avec Romain Pujol (6 gags publiés dans Spirou il y a six ans). Cette première histoire de quatre pages revendique totalement, comme Imbattable, son statut de bande dessinée, ou plus largement son appartenance stricte aux arts visuels, puisque le pouvoir du jour de Sacha est de transformer son apparence selon le style graphique de son choix, gribouillage, manga, jeu vidéo, dessin animé type Disney, caricature d’artiste cubiste, logo de toilettes. Paradoxalement et comiquement, alors que les personnages de mangas en général se signalent par un nez des plus discrets par rapport à ceux du FB (sans même parler du traditionnel style gros nez de l’école de Marcinelle), Stella Lory, qui ne dessine pratiquement jamais de nez à ses personnages est forcée d’en coller un à Sacha lorsqu’elle le représente en mode manga. La présentation de cette série sous forme de fiche scolaire est bien faite pour introduire dans son esprit, mais laisse les lecteurs dans l’ignorance qu’il ne s’agit pas véritablement d’une nouvelle série, puisque trois volumes en ont déjà été publiés entre 2023 et 2025 chez Bande d’ados, le label 10-14 ans de Bayard Jeunesse. S’agira-t-il dans Spirou de nouveaux gags ou de reprises de ceux déjà parus ailleurs ? Révéler cela me donne le sentiment désagréable de faire de la presse pipol, comme dans Les Paparazzi, et le lectorat n’a pas de raison d’être tenu au courant de tous ces achats entre éditeurs, mais signaler que cette série vient d’ailleurs n’aurait pas fait de mal, d’autant que ce n’est pas un secret, celle-ci étant signalée dans la bibliographie du Spirou et moi du numéro 4459 consacré à Stella Lory.
La Malédiction de la page 13 marche dans les traces de Sacha en s’incarnant sous diverses formes dans une suite de marges du numéro, par contre les Jeux de Tom Sorroldoni n’exploitent pas la caractéristique de ce nouveau personnage et se contentent d’un journal de classe qui conviendrait à tout autre personnage enfantin (le Petit Spirou y fait d’ailleurs une apparition). Les Fabrice dans L’édito parlent à tort et à travers, puisqu’ils y imaginent un super pouvoir que l’on pourrait choisir, ce qui va à l’encontre tant de Sacha que de toutes les séries de super héros, mais chez eux le hors sujet est une seconde nature.
Pas d’autre histoire courte que celle de Sacha cette semaine, mais la plupart des gags sont également sur le thème de la rentrée : Nelson, avec Junior, les désormais deux gags (de Lécroart, sur une revisite d’un conte classique, et Berth) de La pause-cartoon, Gary C. Neel, Pernille, les strips dorénavant regroupés dans La fête du strip (cette semaine, L’école des mauvais parents, Fish n chips, Tash et Trash et Mauvaises graines), au titre encore dessiné, me semble-t-il, par Théoschu où, comme Franquin avec celui du Trombone illustré, il le redessine différement, cette fois avec des personnages du journal dont le Petit Spirou qui tente d’y introduire le jeu de mots attendu, ainsi qu’un nouveau jeu dans En direct de la rédac, des Mots croisés sur le thème d’écolier du journal (ou presque), signés par Jorge Bernstein et illustrés par Bercovici (J.B et P. B.), ainsi que le Supplément pour les abonnés, des autocollants étiquette de cahiers. S’y ajoutent, non sur le thème de la rentrée mais avec des enfants et des ados, Cédric (gag en une page sur les bulletins scolaires), et une publicité pour un nouveau tome de Coeur collège (chez Dupuis). Les filles par contre ne se passe pas à l’école mais sur une séance de musculation de FX et les réseaux sociaux.
Encore un chapitre particulier de Yoko Tsuno, graphiquement cette fois, puisque Leloup y a réalisé plusieurs grandes cases de plus d’un quart de page, quatre sur un maxi chapitre de huit pages, dont également sept planches de trois bandes par page. Un chapitre bien plus aéré que les précédents (celui de la semaine passée ne comptait qu’une grande case, d’une demi page mais surchargée de vaisseaux spatiaux) , ce qui donne de belles cases d’architecture fantastique, ponctuées de sculpures de dragons géants et de fossiles de dinosaures, de quoi faire rêver, et dissipe le sentiment d’enfermement que pourrait procurer cette scène qui se passe dans des grottes. Dans Spirou et Fantasio, Trondheim ne peut s’empécher de plaisanter sur le costume de groom de Spirou, ce qui passe dans un gag et tant que cela ne devient pas systématique ou obsessionnel (Franquin l’avait lui-même fait), et cette moquerie sur l’apparence de Spirou est justement insérée dans une planche sur le thème de l’habit qui ne fait pas le moine, ou la surprenante apparence des choses, tels ce déjeuner dans le salon panoramique d’un train placé sur un bateau, ou des spaghettis « revisités » présentés hachés menus. Trondheim et Juanungo critiquent ici ceux qui, comme la richissime italienne idôlatre du design, font supplanter le fond par une forme qu’ils idéalisent. Le sixième chapitre de Mi-Mouche reprend la formule graphique de la longue séquence muette du précédent, dans un découpage plus haché puisque Colette n’y boxe/danse pas seule mais avec un partenaire, qui interagit donc avec ses mouvements, et où les onomatopées disparaissent, inutiles, et seraient même dérangeantes dans l’émotion palpable entre les deux protagonistes. Et logiquement, ces deux séquences sont bien orientées et mènent à une heureuse surprise pour Colette en dernière page, attendue par les lecteurices. Mais dans les (à suivre), le principal est la conclusion ouverte des Nouvelles aventures de Max Beaumont, qui pourront se poursuivre, comme le sous-entend leur pluriel, ou pas (« Nous verrons, Simon, nous verrons », dit-il). Conclusion qui ne déçoit pas, en feu d’artifice de péripéties, et des plus spectaculaires puisque nos héros font un saut en parachute improvisé, échappent à la noyade dans un déluge, à une avalanche, et à une chute dans un ravin, en un ultime clin d’oeil aux héros qui, d’un sous marin à une navette spatiale, savent tout piloter, en montrant Max Beaumont sachant piloter rien moins qu’une pelleteuse, et qui évite l’écueil des pesantes explications finales des séries où les auteurs n’avaient pas su placer avant et alourdissent bien trop d’histoires à enquêtes. Délestés de cette tâche, Jousselin et Nicoby se permettent le luxe d’une une de journal en dernière page, non par necessité mais pour justifier, pour une fois, la profession de journaliste d’un des personnages, contre ces héros journalistes qui n’écrivent jamais aucun article. Comme Trondheim et Juanungo dans leur Spirou et Fantasio, ils se sont imposé des contraintes formelles (passages obligés de personnages, de situations) mais ont choisi pour cela un héritage moins pesant que Spirou et Fantasio et, parce que bien de l’eau a coulé, loin de l’esprit iconoclaste de Chaland ou Conrad et Yann des années 80.
Enfin, dans les rubriques rédactionnelles, En direct de la rédac propose un concours pour se débarasser du Freuby, qui depuis le numéro de Noël dernier parasite les pages du journal, Spirou et moi présente un jeune auteur, Adrien Yeung, publiant chez des éditeurs indépendants, dont Exemplaire, les éditions cofondées par Lisa Mandel autogérées par les auteurices, quant à la nouvelle rubrique, Ça s’est passé cette semaine, après un évènement historique fondateur pour la Belgique, elle en présente un pour les États Unis d’Amérique.
Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Message par heijingling »
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